Avec Alexandra ELIZÉ,

Directrice Générale du Groupe RCI.

Alexandra Elizé ,

Directrice Générale du Groupe RCI.

Alexandra Elizé est à la tête du groupe RCI qui rassemble 6 stations sur l’île de la Martinique et l’archipel de Guadeloupe, soit 150 personnes : RCI, la radio généraliste leader sur le marché, NRJ Antilles et Bel Radio, un format musical adulte.

  • Le syndicat de l’audiovisuel des Outre-Mer a écrit il y a plus d’un mois déjà aux instances gouvernementales pour les alerter sur la situation d’urgence que connaissent vos entreprises du fait du COVID-19 …

Nous savons qu’un plan pour la prise en compte des difficultés financières que connaissent nos médias est en préparation. Le 25 mai prochain la commission en charge des Outre-Mer à l’assemblée nationale va auditer des représentants des  dirigeants d’entreprises pour évaluer au plus juste les besoins. Je prendrai la parole pour les radios, un confrère s’exprimera pour les télévisions privées, un autre pour les producteurs. Il y aura aussi un intervenant pour représenter le service public.

  • La situation des différents médias est sans doute assez diverse ?

Il faut prendre en compte évidemment la situation financière dans laquelle chacun se trouvait avant cette crise. Au groupe RCI nous allions plutôt bien et les banques nous ont suivis. D’ailleurs avec le dispositif mis en place par l’état, il ne nous a pas été difficile de contracter un PGE, un prêt garanti par l’état. Pour certains confrères c’est moins évident. Mais au final il faudra pour nous tous rembourser ce prêt, d’ici 5 ans.

Il nous faut des solutions pour pouvoir assumer les pertes de recettes publicitaires abyssales enregistrées sur mars, avril et mai. Et ce n’est pas fini : le début de reprise n’est pour l’heure que très doux, très lent. On ne verra pas le bout de ce tunnel avant longtemps. La précédente crise financière que nous avions affrontée c’était en 2009, les entreprises avaient été à peu près à l’arrêt pendant 2 mois. Il nous a fallu 2 ans pour nous en remettre. Même si les causes et tous les effets sont différents, on est sur quelque chose d’à peu près similaire.

Il y a en effet un tout petit début de reprise depuis la sortie du confinement. Mais comme j’ai enregistré -80% de recettes depuis le 17 mars, aujourd’hui je suis à -65:, ça ne compense pas mon niveau de charges.

  • D’après vos contacts avec les instances gouvernementales, pensez-vous être entendue ?

Le tout c’est d’arriver à parler aux bonnes personnes…Il faut qu’ils comprennent que la situation des médias est pire que celle des autres entreprises. La majorité d'entre elles, quel que soit leur secteur, ont cessé toutes leurs activités. Du coup la rémunération de leurs collaborateurs a été prise en charge par l’état, via le dispositif de chômage partiel.

Nous, nous avons choisi de continuer à servir nos publics, et donc de maintenir nos salariés affectés à leurs tâches, même dans des conditions compliquées. Pour beaucoup ils se sont retrouvés en situation de télétravail puisqu’il a évidemment fallu assurer leur sécurité sanitaire. Notre mission a été  d'informer nos auditeurs et internautes , et ça reste primordial. Les journalistes ont travaillé à fond.

Quand il y a eu des fake-news ils ont rétabli la vérité!

Les institutionnels, tout  comme les médecins, ont eu besoin de nos antennes pour sensibiliser, alerter, expliquer, être en relation directe avec les citoyens...

Nous avons diffusé gratuitement des messages pour les gestes barrières...

Chaque coup de fil des auditeurs à la radio a été précieux pour recueillir des précisions, avoir une écoute bienveillante, pour témoigner des souffrances, des interrogations. Nos chargées d'accueil au standard ont littéralement fait du social…

Nous avons aussi permis à la parole de se libérer avec des tranches de programme entières dédiées à l'interactivité. Pour cela nos standardistes ont également été au premier plan et de manière compliquée puisqu’elles étaient chez elles.

Nos programmes «Bel Radio» ont été mis à la disposition de l’éducation nationale pour la continuité de l’école à la maison, et nous avons d'ailleurs eu le label «nation apprenante».

Nous avons assumé une mission équivalente à celle du service public. D’autant plus que nous sommes les plus écoutés !

Le paradoxe c’est que si j’avais pris la décision de fermer ces antennes, l’état aurait pris en charge les salaires : ça aurait fait  en gros 1,8 millions d'euros sur les 3 mois.  

Nous n'avons pour l'heure reçu aucune aide, et pourtant on a fait le job !

  • Vous avez confiance ?

Je n’ai pas Emmanuel Macron en direct quand je décroche mon téléphone ! Mais nous avons des échanges avec des techniciens des ministères qui écoutent, parce que ce que nous expliquons est logique. Je n’imagine pas qu'on ne soit pas compris et entendu, et qu’on ne puisse pas être aidé.

Le Syndicat des professionnels de l’audiovisuel des départements d’Outre-Mer (SPADOM) et l’Association des télévisions d’Outre-Mer (ATOM) , c’est près d’1 million et demi de téléspectateurs et d’auditeurs quotidiens. Les entreprises comptent quelques 800 salariés directs et emploient environ 1000 intermittents.

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