André BERKOFF, journaliste Sud Radio et LCI , écrivain.

André Berkoff,

journaliste Sud Radio et LCI.

Ce qui a été très intéressant, c’est que nous avons pu nous aussi, journalistes et animateurs, exercer notre métier depuis chez nous, grâce à la technologie. Ça fonctionne pour l’image mais c’est surtout parfait pour la radio. L’expérience a été formidable d’un point de vue professionnel et personnel. En travaillant  depuis son salon, vous pouvez être en pyjama; les gens ne voient que le haut de votre visage s’ils suivent l’émission en streaming. Il y avait un coté décontracté très nouveau et plutôt agréable. J’ai une émission quotidienne de midi à 14 heures qui fait une large place à l’interactivité avec les auditeurs. Je me suis rendu compte que ces circonstances inédites faisaient évoluer  les échanges avec les gens…

  • C’était différent de ce que vous connaissez en situation « normale » depuis votre studio de radio ?

Bah ! J’étais chez moi décontracté, au milieu de mes livres … Et je parlais à des gens qui se trouvaient, pour l’immense majorité dans le même contexte, chez eux. Ce n’était pas « les français parlent aux français », mais «  les confinés parlent aux confinés ». J’ai eu des rapport avec les auditeurs encore plus chaleureux, plus intimes. Différents en tous cas de ce qui se passe en studio où il y a du monde: les techniciens, les confrères …

  • Vous avez-donc pris en direct le pouls de la population, bien ressenti  à travers les témoignages et les questionnements ce que vivait le pays …

Les gaulois réfractaires se sont révélés être des moutons exemplaires ! Ils ont obéi et tout le monde s’est confiné. Ce qui montre bien qu’on est parfaitement capable d’être responsable surtout si l’on nous  dit : «Attention votre vie est en jeu ! ».

Il y a eu aussi les rats des villes et les rats des champs. Les rats des villes, privilégiés,  sont partis aux champs dans leur résidence secondaire. Ceux-là ont pu respirer un peu de nature et profiter de leur jardin. Les rats des villes qui n’ont pas pu s’échapper ont vécu le confinement dans des villes mortes, d’une façon beaucoup moins plaisante,  il faut le dire ! On a fait l’apprentissage, non pas de l’austérité, mais d’un contexte similaire à ce qui se passerait après l’explosion d’une bombe à neutron.

Chacun a fait « contre mauvaise fortune bon cœur ». Même s’il faut toujours rappeler que nous n’avons pas vécu une guerre, bien que le Président l’ait dit., et çà n’a pas été non plus l’occupation. Ce n’était pas le Soudan, ni le Yemen. Il faut raison garder : tout n’a pas été si «hallucinément » dramatique ! Et puis  beaucoup on appris à cuisiner, à faire le ménage …

Ce qui sera très intéressant à voir c’est le nombre de divorces et le nombre de bébés d’ici quelques mois !

  • Les propos tenus à l’antenne ont été particulièrement riches …

Les gens avaient, encore plus que d’habitude, besoin de parler. J’ai été étonné de leur curiosité, de leur culture. J’ai accueilli à l’antenne des routiers, des professeurs, des commerçants… Dans 98% des cas, les propos étaient passionnants. J’ai vécu de très beaux moments d’autant que le public a accordé une part énorme de son temps à consulter les médias et à ce lire ce quil se disait sur le net.

Ils avaient besoin de comprendre, de s’informer.

Mais attention, je ne fais aucune différence entre les médias mainstream et ce qui se dit sur les réseaux sociaux.

Pour moi, il y a des fake news de part et d’autres ! L’idée selon laquelle les réseaux sociaux ne diraient que des conneries, et que la vérité ne se trouve que sur les radios et les télés, est fausse !

Mais je pense aussi, qu’au final, ce ne sont pas les infos qui ont rassuré les gens.

C’est plutôt le ton qui a été employé. Il faut que les gens se sentent en confiance et comprennent que vous ne leur racontez pas des histoires. Nous ne sommes pas là pour vanter la puissance de X, de Y,  de Z, ou de tel ou tel parti ou lobby …

Les auditeurs peuvent ne pas être d’accord avec vous, mais il faut qu’ils sentent de la sincérité.

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Pour les médias, cette période n’a pas été si mal … Elle a permis d’approfondir un certain nombre de choses et surtout de se poser des questions essentielles : quelle forme de journalisme faut-il pratiquer, quelles informations faut-il délivrer et surtout comment les formuler? Toujours s’attacher à des faits, rechercher de la cohérence.

Je crois que c’est Cocteau qui disait : « j’aime les miroirs qui réfléchissent ».

Il faut apprendre à réfléchir encore plus, et à ne pas se tromper...

le 12 juin 2020.

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