Bertrand HADET, rédacteur en chef en charge des opérations spéciales. BFM TV

Bertrand HADET,

rédacteur en chef en charge des opérations spéciales.

BFM TV

 

Au sein du même groupe : BFM avec le renfort de journalistes d’RMC. L’union fait la force !

  • Dans le tumulte continu des infos encore plus présent durant cette crise sanitaire, comment les vérifier et lutter contre les fake news ?

Il se trouve qu’en début d’année, j'ai eu la mission de créer un poste spécifique de surveillance des réseaux sociaux. A la fois pour contrôler ce que nous disions à l’antenne, si nous avions fait une imprécision ou si nous avions manqué quelque chose. Mais aussi et surtout pour rechercher des infos, les vérifier. Je m’appuie beaucoup sur Twitter pour regarder ce qui se fait en région ou même à l’étranger comme aux Etats Unis. Ca donne parfois de bonnes idées. Pour les fake-news nous avons des journalistes spécialisés «santé» qui se renseignent.

Quand un élément d’actualité tourne sur le web et que nous avons un à priori sur la source, ils essaient de le recouper. C’est la condition pour qu’il soit diffusé. De toute façon la base c’est de vérifier. Ce n’est pas nouveau avec la pandémie. Depuis assez longtemps déjà, les infos paraissent souvent d’abord sur les réseaux sociaux, puisque les gens qui en sont témoins postent leurs vidéos sur le web. Mais ils ne sont pas journalistes ...

On  vérifie toujours ce qu'ils publient et on ne le donne à l’antenne que quand leurs "actus"sont recoupées. Les réseaux sociaux nous servent d’alerte.

  • La difficulté c’est aussi d’alimenter le débat depuis des semaines sur une thématique qui reste la même …

D’autant que la chaine diffuse de 4 heures 30 du matin jusqu’à minuit et demi ! C’est la première fois qu’il existe un élément aussi majeur et qui dure aussi longtemps. On fait 100 % Coronavirus depuis des semaines, et tous les jours il faut renouveler les angles. Heureusement les choses avancent, la recherche, le débat politique. Il faut se renouveler sur les masques, les traitements, le confinement, le déconfinement, regarder ce qu’il se passe chez nos voisins.

  • Et tout celà avec des équipes qu’il a fallu protéger de la menace sanitaire …

Beaucoup sont en télétravail. Les reporters parisiens en binôme sont chacun chez-eux, et ils ne sortent que pour des tournages quand nous leur demandons. Et puis au siège, il y a le minimum de personnel possible à la rédaction, seulement ceux qui sont strictement nécessaires à l’antenne.

Pour mon cas personnel, et pour limiter les risques,  je ne suis présent qu’en alternance avec l’autre rédacteur en chef en charge des opérations spéciales, nous ne nous croisons jamais.

  • Le groupe Altice France dont BFM TV est le navire amiral avec RMC a aussi choisi de mutualiser les équipes. Vous avez le renfort des journalistes de la radio ?

Par la force des choses en fait. RMC consacre une très large part de son antenne au sport en particulier l’après-midi. Or il n’y a plus de sport, beaucoup de confrères sont donc venus en renfort  et ont laissé temporairement leur spécialité de coté. Ils réalisent des reportages, sortent même en tournage, ils sont avec nous pour traiter l’info générale. L’union fait la force !

  • Coté audience, elles sont particulièrement fortes, spécialement pour l’ensemble des chaines d’info continue ?

Elles sont très fortes. Les gens se renseignent, ils veulent savoir ce qui se passe. Les discours du premier ministre sont énormément suivis, les interventions du Président de la République ont battu des records …Tout le monde est concerné.

BFM TV qui est toujours très haute en audience en cas de forte actualité l’est de la même façon, voire de manière encore plus forte ces temps-ci. Mais les autres chaînes font aussi de belles performances à leurs niveaux. Nous essayons de bien faire, d’être au plus juste, on vérifie  tout, on essaie de faire le plus attention possible.

C’est un univers concurrentiel, mais qui n’autorise pas tout.

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