EN DIRECT de l’Afrique de l’ouest ...

Avec  Denis VINCENTI à Ouagadougou - Fondation Hirondelle.

Denis Vincenti est dans le monde des médias depuis 1983, à TF1 puis Europe 1  dirigeant d’une société de production avant de travailler comme producteur à la Radio télévision Suisse Romande et enfin depuis 2015 a rejoint la Fondation Hirondelle. Un premier mandat de 2 ans en appui du groupe audiovisuel public, puis depuis 2018 gère le projet Studio Yafa, un programme de 3 ans qui a pour objet de rétablir le dialogue entre la jeunesse et la gouvernance à travers des productions d’émissions d’informations factuelles 
  • Quelle évolution dans la forme observée depuis le confinement et le travail à distance mis en place pour beaucoup de collaborateurs ?  

Nous avons dans un 1er temps mis en place un plan de contingence avec différents scénarios, nous sommes au scénario 3, arrêts des reportages en dehors de Ouagadougou, couvre-feu de 19h à 5h. Avec prêt de 400 cas de Covid 19, 90% dans la capitale, le Burkina Faso est le deuxième pays après l’Afrique du Sud le plus touché du continent.
Notre jeune équipe de journalistes (8 au total moyenne d’âge 27 ans) doit se plier à des règles pas toujours simple à respecter, dont la principale est le maintien de la distance de 1 à 2 mètres entre les staffs, quasi impossible en Afrique. Pour le reste quand les journalistes sortent ils sont équipés de masques et de perches micros (Cf Photo du reportage radio et vidéo d’un chanteur). Depuis quelques jours nous avons scindé en deux la rédaction, une partie au Studio Yafa, l’autre à domicile en télétravail numérique.
  • Quelle incidence sur le fond dans le traitement de l'actu ?

Le projet Studio Yafa a pour objet de rétablir le dialogue entre la jeunesse et la gouvernance à travers des reportages radios diffusés par 37 radios partenaires, des productions vidéos postées sur la page Facebook et le site internet https://www.studioyafa.org/

Depuis le début Mars ces productions ont été directement impactées par le Covid. Les thématiques des reportages ont été orientées sur les jeunes et le Covid 19,  nous avons par ailleurs rajouté des bulletins d’informations dédiés.

Les jeunes journalistes se sont rapidement adaptés à cette nouvelle thématique et ils ont été très rapidement sensibilisés aux Fake news qui déferlent en Afrique, entre les Pasteurs

évangéliques, les pseudo scientifiques et les complotistes nous sommes autant servis par les fake que l’Europe, comme nous sommes dans l’un des épicentres du Paludisme et que la chloroquine est le débat en Europe son écho est ici d’autant plus fort.

  • Quid de " l'après " : cette période de confinement accèlerera-t-elle l'évolution du mode de consommation des médias ?

Le travail sera bien entendu différent entre l’avant et l’après Covid, bien que l’impact sera sans doute plus faible en Afrique pour des raisons purement logistiques, les journalistes auront acquis l’expérience du travailler à distance, faire une interview par WhatsApp n’était pas dans leur habitude, comme travailler de chez soi. Ces nouveaux modes de travail vont certainement permettre une meilleure couverture de nos pays Sahéliens. En effet auparavant le journaliste voulait se déplacer pour réaliser ses interviewes aujourd’hui avec ces nouvelles habitudes WhatsApp ou le téléphone permettront d’aller plus vite et plus en profondeur dans nos pays.
39856426-icône-flèche-de-retour-signe.gi
BOUTON-copie-ORANGE.gif
QUI.jpg