Hyacinthe Sanou, directeur des rédactions de Radio Omega – Burkina Faso.

Hyacinthe SANOU, 

directeur  des rédactions de Radio Omega

BURKINA FASO

Le Burkina Faso, littéralement « Pays des Hommes intègres », est une nation francophone d'Afrique de l'Ouest sans accès à la mer. Elle est au plan économique l'une des 10 les moins développées au monde, et compte 21 millions d’habitants.

  • Au Burkina le confinement a été décrété il y a pile un mois, le 27 mars, dans tout le pays.  La mesure est assortie d’une interdiction de sortir de la ville où l'on habite dès lors qu’un cas de coronavirus a été enregistré. Comment rendez-vous compte de l’évolution de la situation pour vos auditeurs ?

Les seuls membres de mon équipe qui ont été totalement confinés par mesure de précaution, ce sont des reporters qui ont été en contact avec des ministres lors d'interviews. Nous avons appris dans la foulée  que ces membres du gouvernement étaient contaminés. Nos collaborateurs ont donc été protégés, et au final ils n’ont pas été malades. Seuls les présentateurs et animateurs d’émissions viennent à la radio, tous les autres sont en télétravail.

Les difficultés sont surtout d’ordre économique, avec la chute des recettes publicitaires. A part les messages spéciaux du fait de la pandémie, il n’y a presque plus d’annonceurs. Le comptable s’arrache les cheveux actuellement !

Sur l’ensemble de la population burkinabée, selon les derniers chiffres qui datent d’avant-hier, 629 cas ont été recensés pour tout le pays.  Mais ces données ne reflètent sans doute pas la vérité, il faut tenir compte de la réalité de notre système sanitaire. Seulement 48 tests opérés ces derniers jours, c'est très peu ! Celà dit il n’y a pas eu de  nouveaux cas détectés, ce qui peut représenter un motif d’espoir, mais l’échelle est trop minime pour être représentative.

  • Avec le beau temps qui revient en France, il se dit que la chaleur pourrait faire obstacle au virus. Qu’en dites vous en Afrique de l’ouest ?

Pour nous cette théorie ne tient pas. Comme le virus se développe à l’intérieur du corps humain, nos chercheurs considèrent qu’il n’y a sans doute pas d’incidence. Le COVID-19 peut se transmettre simplement en serrant la main de quelqu’un et que ce soit sous les tropiques ou dans n’importe quel milieu ou il fait chaud, ca ne change rien. Voilà ce qu’ils disent pour l’instant.

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  • Le journal le Monde à Paris a publié une tribune d’élus locaux  français :

Lien vers la tribune ( cliquez sur l'icône)

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  • A la lecture de cette tribune, on apprend que ces élus locaux ont lancé un fond de solidarité, alimenté par les collectivités françaises, "destiné à soutenir les collectivités territoriales africaines dans leurs efforts quotidiens pour venir en appui à la population.  Avant, pendant, mais aussi après la crise "…

C’est un double sentiment. Tout d’abord nous sommes bien sûr sensibles à ce type de signe d’affection, de quelque pays qu’il vienne. Les chinois, par exemple, nous ont envoyé déjà du matériel médical : des tenues de protection , des kits de test, et de masques. Et il y a un questionnement.

Que peut-il y avoir de caché derrière cet élan de solidarité, n’est ce pas un calcul intéressé de la part des pays qui chercheraient à s'imposer ensuite ?

Littéralement Burkina Faso signifie «  le pays des hommes intègres » !

Concernant la France, nos liens d’amitiés sont particulièrement forts compte tenu de notre histoire. Mais la population souhaite rester la plus indépendante possible dans la gestion de cette crise pour ne pas retomber dans les schémas du type «France- Afrique» de la période post coloniale.

Chacun ici préférerait que le pays sache gérer de la manière la plus indépendante possible cette pandémie.

En tous cas ...

La meilleure leçon à tirer de cette maladie quand on aura fini de la vaincre, c’est que finalement elle nous met tous sur un même pied d’égalité partout sur la planète. Qu’on soit d’un pays puissant avec tous les moyens, ou d’un pays pauvre, elle peut nous toucher. Et nous n’avons que quelques mesures de précaution qui sont universelles pour l’éviter ou sanitaires pour la soigner.

Il y a des leçons à tirer. Ce petit virus fait des milliers de morts partout sur la planète et les armes nucléaires des pays nantis n’y peuvent rien. Les politiques de tous les états devront y réfléchir pour l’avenir...

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