Jacques PRADEL : Eric DUPOND- MORETTI , ça va faire du rififi ...

Jacques PRADEL,

 journaliste à TF1, France Inter, Europe 1, RTL .  Auteur.

Eric Dupond-Moretti ,

ministre de la justice,

garde des sceaux

Gérald Darmanin ,

ministre de l’Intérieur

La sécurité, le rapport aux forces de l’ordre, les manifestations de policiers, les lenteurs de la justice, le secret d’instruction dévoyé, la considération des victimes, etc. Ce sont des sujets qui mobilisent beaucoup l’opinion. !

Coup de fil au témoin numéro 1 de ces thématiques à la télévision et à la radio depuis 30 ans, Jacques Pradel.

Il y a 3 jours seulement, il a quitté RTL...

Jacques Pradel, ce lundi 6 juillet , 19 h 10  :

« Eric à la justice,  ça va faire du rififi ! »

Je viens de lui envoyer un texto : « Beau direct du droit  !» c’est le titre de son dernier livre.

Il va falloir que ça bouge en tous cas !

Il sera exigeant et il aura sans doute de beaux petit-déjeuner de travail avec Gérald Darmanin …

On dit toujours que ce n’est pas forcément bien d’avoir un médecin à la santé ou un juge à la justice, mais je crois qu’en l’occurrence, ça fait 15 ans que je le vois agir : c’est formidable !Toujours est-il que moi-même, je suis content de ne pas faire de politique, parce qu’il s’agit souvent de gérer des problèmes qui s’empilent comme des poupées russes. 

Avant tout, il faut une réelle connaissance du terrain, de l’écoute  et au final du bon sens. Redonnons aux gens les moyens de travailler !

Quand les flics sont sur un braquage ou un événement lourd, ils peuvent avoir des montées d’adrénaline difficilement contrôlables … Mais c’est vrai, quand il y a des bavures il faut qu’elles soient sanctionnées.  Je ne peux défendre la chapelle des policiers et des gendarmes que s’ils se conduisent correctement.  Evidemment, il peut y avoir des ripoux, des salauds, comme dans toutes les couches de la société.  Je crois que le délit de facies existe : quand on est noir ou arabe, on est plus contrôlé que les autres. Dans cette société qui est devenue multiculturelle, c’est un fait qu’on trouve en prison beaucoup de laissés pour compte de la société, et souvent de gens issus des communautés. 

Chacun est plus ou moins dirigé par sa propre idéologie, ou ses choix légitimes de citoyen, mais le plus sûr moyen pour les forces de sécurité de retrouver l’adhésion du public c’est d’être absolument rigoureux.

Certaines affaires enflamment les passions, comme c’est le cas en effet ces derniers temps, mais elles ont toujours existé.

  • D’où l’intérêt des émissions comme celles que vous avez présenté qui font appel à la mémoire, qui permettent de plonger dans les archives, et donc de prendre du recul …

D’abord c’est du décryptage, mais ça tient aussi à la qualité des intervenants, des invités légitimes, très proches du dossier. Je n’accueille pas de beaux parleurs qui viennent au micro pour porter leur idéologie ou faire parler d’eux. Je leur préfère des avocats, des magistrats, des enquêteurs et des proches des victimes. J’ai toujours fais en sorte qu’elles soient au centre du débat, qu'elles aient droit à l’écoute et au respect. Trop souvent elles ont l’impression de ne pas être entendues car il y a des magistrats qui font leur travail par-dessus la jambe, ou qui ne s’impliquent plus sur des dossiers qu’ils ont sur leur bureau depuis des années : ils prononcent des non-lieux alors que tout n’a pas été fait !

Nous avons fait énormément de bien dans «Témoin Numéro 1 »  sur TF1 ou ensuite avec «Café crime» sur Europe 1 puis « l’Heure du crime » sur RTL : ranimer des affaires non résolues à la télé ou à la radio a permis de re-muscler un peu tout le monde, quand les affaires étaient en panne. Très régulièrement quand la justice entend dire qu’on s’apprête à reparler d’une histoire, elle s’y intéresse à nouveau. C’est le branle bas de combat !

  • Notre société doit retrouver  de la considération pour ces institutions ?

La justice et les forces de police et de gendarmerie en ont autant besoin que les personnels soignant, besoin d’être respectés, et surtout que les coupes sombres dans leurs budgets cessent !

Des moyens conséquents ont été alloués par exemple à la police scientifique, c’est comme dans tous les domaines il y a des phénomènes de mode !  Ces nouvelles techniques ont permis des avancées dans le traitement de certaines affaires, c’est indéniable. Mais ces techniques de pointe doivent rester  des outils, elles ne remplacent pas l’investigation au quotidien, la présence nécessaire et en nombre suffisant sur le terrain.  Si c’est au détriment par exemple du budget nécessaire pour mettre du carburant dans les voitures de police, le système ne fonctionne plus ! Du point de vue des effectifs, c’est la même chose : dans une patrouille ils étaient 10 fonctionnaires, et maintenant ils ne sont plus que 5 sur le terrain : on leur dit «débrouillez-vous comme avant » ! Il faut réécouter ces fonctionnaires, eux savent ce dont ils ont besoin !

C’est la même chose pour la justice qui est si engorgée… L’administration est une sorte d’épouvantail… Les décideurs devraient toujours avoir en tête cette idée : l’écoute est gratuite, elle ne coûte rien. C’est toujours bien d’entendre les gens, et surtout de savoir les écouter !

99 % d’entre eux sont conscients de leur rôle : ils ont des choses importantes et fondées à exprimer …

  • Il s’agit aussi de s’adapter à l’époque,  de coller aux nouveaux modes de vie. Les émissions «Perdu de vue»  ou « Témoin Numéro 1» que vous avez animées et qui ont été de véritables phénomènes de société trouveraient difficilement leur place aujourd’hui  …

Avec Etienne Mougeotte et Patrick Lelay nous avons été précurseurs. Ce concept répondait à un besoin. Les gens faisaient appel à nous par exemple quand leurs enfants avaient fugué, et très souvent nous les retrouvions grâce au sérieux travail d’enquête de notre équipe et aux témoignages des téléspectateurs que nous recueillions en direct par téléphone pendant l’émission.

Ce qui est curieux, c’est que depuis toujours on nous a accusé de faire du sensationnel, et de faire du fric, parce que c’était diffusé sur TF1. Si «Perdu de vue» avait été diffusée sur le service public, nous n’aurions pas eu droit à ce procès ! Aujourd’hui dans tous les cas ce type de programme n’aurait plus sa place.  A l’époque par exemple il n’y avait pas le dispositif de l’alerte enlèvement qui a largement fait ses preuves,  qui est déclenché par les forces de l’ordre et  qui est multi-diffusé par tous les médias audiovisuels. 

Et puis les réseaux sociaux jouent leur rôle, les enquêteurs eux-mêmes les utilisent …  C’est l’un des aspects positifs des Facebook et autres Twitter, mais je garde personnellement beaucoup de distance avec ces plateformes. Elles permettent à n’importe qui de propager tout et n’importe quoi, de se prétendre journaliste, voire enquêteur : c’est l’une des graves difficultés de notre époque, même si il y a évidemment des aspects positifs.

  • Vous quittez RTL  avec quels projets en tête ?

Je ne suis revenu que quelques semaines dans les studios parisiens pour mon émission du lundi au jeudi. Il se trouve que ma compagne était candidate à l’élection municipale en Corse où nous habitons, et que nous y étions pour le 1er tour. Le confinement est intervenu dans la foulée et je suis resté sur l’île durant toutes ces semaines. J’ai présenté mon émission depuis la maison grâce à un matériel technique très simple d‘utilisation que m’a fait parvenir la station. Sur RTL ce rendez-vous quasi quotidien était devenu très lourd. Je continue à un autre rythme, sur la même thématique, mais  sur d’autres médias.

Je collabore à une émission à la télévision sur TFX qui s’appelle  «Chronique criminelle », qui a d’ailleurs eu dans une version audio un énorme succès durant le confinement en podcast. Je fais la voix off de ces émissions, et dans une version purement audio, sans image, cette offre connaît un grand succès. Je lance aussi en octobre une collection de livres «Jacques Pradel » chez JPO. 

Je donnerai la parole à des gens  qui se sont retrouvés malgré eux acteurs dans le cadre d’affaires criminelles : ils nous raconteront les coulisses. Le journaliste radio Alain Hamon nous décrira par exemple ses années de reportage dans le domaine du fait divers et ses rapports avec les policiers qui ont tant évolué au fil des années : comment il glanait les infos, ou comment se jouait la concurrence féroce entre les reporters sur le terrain.  Et enfin, puisque je vis en Corse, je suis en discussion avec France Bleu RCFM, la radio locale de service public, pour une émission hebdomadaire. Mais ce n’est pour l’heure qu’un projet !

Le 06 juillet 2020.

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