Kenza BRAIGA, journaliste Radio. Webradios Editions.

Kenza BRAIGA,

journaliste Radio. Webradios Editions.

 

Confinée pour la 3ème fois : adolescente à Bagdad, pendant la guerre en Irak ; pour le 1er Loft Story sur M6, et maintenant chez elle contre le Covid-19.

  • De ces 3 expériences, laquelle est la plus marquante ?

Ça n’a rien à voir. La vraie vie, la vraie douleur, c’est l’expérience de la guerre; celle que j’ai vécu sous les bombes à Bagdad, confinée dans des abris antiatomiques. C’est incomparable avec ce que j’ai vécu dans le jeu sur M6 il y a 18 ans et ce confinement  à la maison  depuis le 17 mars… Même si cette pandémie  est à prendre extrêmement au sérieux et qu’il s’agit d’une catastrophe mondiale, c'est incomparable avec la terreur d'un conflit armé.

Le fait d’être confiné en 1991 à Bagdad, avec des gens dans des espaces réduits, dans des abris sans hygiène et avec très peu de nourriture,  ça reste l’expérience la plus traumatisante de ma vie.  Jeune fille orientale, en Irak,  je n’avais que 14 ans et ça m’a rendu adulte de manière violente et précipitée… On est marqué à vie !

  • Vous n'imaginiez  pas qu'ensuite en France  vous alliez vivre un 2 eme confinement, mais volontaire et  pour jouer cette fois …

En arrivant ici avec ma Maman, j’étais assoiffée de liberté, de nouveaux codes aussi. Je quittais une culture orientale très fermée. Je me suis ouverte à la vie, j'ai fait plein de petits boulots,  comme n'importe quelle jeune femme; j'ai découvert le flirt, les garçons. J’écoutais Doc et Difool ou Supernana, et puis les radios libres…  J’ai fait mes premières émissions sur Beur FM et Radio Enghein. J’étais fascinée par ce monde de la radio.

 Un jour je suis tombée sur une annonce dans un journal qui n’existe plus, Casting Magazine : «Vous avez entre 18 et 40 ans, vous voulez participer à une émission inédite...» Personne ne le savait, mais c’était Andemol qui importait le concept du «Loft » en France.

J’ai passé toutes les épreuves de sélections et je me suis retrouvée en mai 2001 à la télé face à Benjamin Castaldi chaque soir à 18 heures. J'étais avec mes colocataires, confinée à nouveau, mais dans un appartement tout confort qui était un immense studio de télé,  avec des caméras partout. Rien à voir avec la terreur vécue à Bagdad.

Mais cette nouvelle expérience allait à nouveau changer ma vie, totalement !

  • Il y avait des éliminations, mais cette fois ce n’était pas la guerre que vous aviez connu, c’était un jeu …

C’était être confiné avec d’autres candidats, dans une maison , avec des règles du jeu très strictes, et des étapes éliminatoires. Vos collègues, vos copains vous faisaient sortir, les uns après les autres : c’était ludique. Je me suis prise au jeu, mais en même temps je me suis très vite sentie étouffée. Les gens à l’extérieur pensaient qu’on était tout le temps occupé d’après les images qui étaient diffusées en début de soirée.

En fait on s’ennuyait, on tournait en rond et on trouvait les journées très longues. Rien à voir avec le condensé qui était diffusé à la télé ! Je n’y suis resté que 3 semaines.

  • Les journées longues, l’ennui … C’est ce qui rend les gens malheureux du fait du confinement pour lutter contre la pandémie ?

Sauf que là depuis le 17 mars, c’est la conséquence d’une catastrophe mondiale. Le confinement, c’est la seule façon qu’on a trouvé pour lutter contre le COVID-19 ! Aujourd’hui, être enfermé, c’est sauver des vies.

A l’époque, au Loft, ça ne sauvait la vie de personne. Ça faisait peut-être rire plein de gens et ça leur mettait du baume au cœur à 18 heures. Là on ne joue pas ! L’enfermement est obligatoire, nécessaire. Mon avis personnel, c’est qu’il faudrait d'ailleurs poursuivre après le 11 mai.

Nous sommes cloîtrés à la maison c’est vrai, mais dans des conditions correctes (enfin pour ceux qui ont la chance d’être assez confortables.)  On nous demande simplement de rester chez nous, de dormir, de regarder des séries, et de faire passer le temps … Comparé à la vraie guerre, c’est du pipi de chat.

Je suis au chômage technique complet depuis 2 mois, mais mon salaire est garanti par l’état. Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne mais globalement, il faut se rendre compte de la chance qu’on a dans ce pays. Je suis bien placée pour le savoir, ayant vécu en Irak et connaissant les pays du Moyen Orient et d’autres , où la situation est très instable. On a vraiment de la chance d’être en France !

Cela dit, vivement que la situation se stabilise et que je retrouve mon micro. C’est ma passion, c’est ma vie !

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