Nicolas BOISSEZ - Fondation HIRONDELE

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La Fondation Hirondelle est une organisation suisse à but non lucratif qui fournit de l’information à des populations confrontées à des crises, pour leur permettre d’agir dans leur vie quotidienne et citoyenne

Les médias professionnels en parallèle des réseaux sociaux ont eu, et continuent à avoir, un rôle essentiel du fait de la Covid-19. Certaines institutions sont référentes en la matière, leur savoir-faire est reconnu dans les contextes de crise. C’est le cas par exemple de la fondation «Hirondelle» basée à Lausanne et qui intervient, souvent en lien avec les Nations Unies et l’Union Européenne, sur des théâtres d’opération ravagés par les conflits ou au moment de leur reconstruction suite à une révolution, mais toujours au bénéfice des populations.

  • La pandémie de la COVID-19 est une crise mondiale et atypique, qui diffère de celles que connaissent habituellement vos équipes où elles interviennent. Mais au fond, la mission accomplie par votre fondation partout où elle est présente n’est-elle pas de même nature ?

C’est l’expérience de la fondation Hirondelle depuis 25 ans. La structure a été crée en 95 au lendemain du génocide au Rwanda. Des journalistes de la Radio Suisse Romande ont créé une radio d’urgence à l’est du Zaïre comme on l’appelait à l’époque. Le but de cette antenne était d’informer les populations de l’autre coté de la frontière, au Rwanda,  dans les camps de réfugiés. 

Il s’agissait de leur fournir de l’information humanitaire, vitale, de proximité, face à l’autre média «Radio 1000 collines» qui faisait des ravages. Le programme s’appelait Radio Agatashya et a rapidement été écoutée par quelques 4 millions d’auditeurs. «Agatashya», signifie Hirondelle dans la langue locale , d’où le nom de notre fondation.

La radio peut être un outil de propagande qui peut propager le pire, mais elle peut aussi et surtout aider à sauver des vies. Nous nous sommes inspiré de cette première expérience. Depuis, nous intervenons dans des contextes de guerre, de crise humanitaire, dans des pays en transition démocratique ou après des révolutions, mais  partout de la même façon : toujours des partenaires locaux. Nous sommes très présents en Afrique subsaharienne puisqu’à l’origine notre champ d’action était la francophonie, mais ce n’est plus seulement le cas aujourd’hui. Maintenant, nous intervenons aussi dans des pays anglophones ou arabophones, comme au Soudan, au Libéria, ou  en Tunisie au lendemain de la révolution du Printemps Arabe. Nous sommes intervenus également en ex-Yougoslavie en créant une radio avec les Nations Unies au moment de la guerre du Kosovo. Depuis nous sommes aussi par exemple au Népal ou encore au Bengladesh, au service des millions de réfugiés. 

  • Comment travaillez-vous sur les différents terrains ?

L’apport est journalistique et l’objectif est avant tout de consolider, de solidifier le journalisme local. Nous nous  appuyons sur les professionnels locaux, en respectant l’usage de leurs langues locales.

Nous nous appuyons sur des bases universelles à commencer par le factuel. Toujours vérifier l’info, éviter de mélanger les opinions et les faits, donner la parole à toutes les composantes de la société de manière équitable … Notre objectif : aider les professionnels locaux à faire correctement leur métier et à mettre en œuvre les règles fondamentales du journalisme, même dans des situations très compliquées voire impossible.

Souvent ils manquent de formation, de matériel, ils sont mal payés et parfois n’ont même pas de contrat. Ils sont sujets à la corruption, même à des menaces … Nous, nous essayons de leur fournir tout d’abord un cadre, une structure afin qu’ils puissent travailler correctement.

  • Mais dans ces contextes si difficiles, votre action ne doit pas toujours être bien accueillie par les pouvoirs en place …

Ce n’est pas simple puisque par définition nous intervenons dans des situations de crise. On n’arrive pas depuis la Suisse  avec des idées préconçues. La clé de la réussite c’est de travailler vraiment en partant du terrain, de l’existant, et avec les partenaires locaux. Il faut savoir construire des partenariats, les Nations Unies nous épaulent parfois auprès des autorités locales …

  • Le contexte particulier de la pandémie du coronavirus implique sans doute des difficultés supplémentaires pour vos équipes …

En Afrique par exemple les populations vivent au quotidien avec les menaces du paludisme, de la typhoïde, du sida et aussi parfois de la malnutrition. S’ajoutent les conditions climatiques qui sont de plus en plus dures comme au Sahel, et les conséquences des conflits qui ébranlent leurs pays. Nos journalistes couvrent au quotidien ces risques, ces crises et ils y sont donc habitués.

Oui et non … Nous intervenons toujours dans des contextes de crise où les gens malheureusement  font face quotidiennement à toutes sortes de difficultés et de risques, en particulier sanitaires.

  • Dans la forme, du fait de la pandémie,  vous avez mis en place des mesures pour les protéger ?

Comme tout le monde : les distances sanitaires, le nettoyage des matériels, et aussi le télétravail. A Madagascar par exemple très récemment les populations ont été reconfinées et nos journalistes travaillent à nouveau depuis chez-eux. 

  • Et dans le fond, la mission de vos équipes a-t elle évoluée ?

Notre priorité est de lutter contre la désinformation ! C’est une déferlante de rumeurs qui inonde les réseaux sociaux,  en Afrique comme ailleurs : elle  fait des ravages ! Nous, on a pour mission de toujours se baser sur le factuel, de vérifier, recouper les infos de manière professionnelle pour  tous nos programmes, à la radio, à la télévision mais aussi sur les réseaux sociaux …

En Afrique comme partout les plateformes comme Facebook ont un rôle considérable, malgré le coût très important de l’abonnement numérique eu égard au pouvoir d’achat.  Finalement peu de gens y ont accès, bien que WhatsApp ait un succès considérable. Mais ceux qui ont les moyens d’utiliser ces outils sont très influents : les journalistes, les décideurs économiques, les politiques, la jeunesse favorisée surtout dans les grandes villes… 

La crise de la COVID-19 nous a poussé à donner un coup d’accélérateur sur le numérique, l’info écrite pour le web. Même si souvent dans ces pays où la communication reste basée sur l’oralité, la radio demeure la reine des médias !

le 08 juillet  2020.

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