Avec Pascal RABILLER, journaliste Sud Ouest à Bordeaux.

Pascal RABILLER,,

journaliste Sud Ouest à Bordeaux.

"Boom sur l’audience de la version numérique du journal, mais forte progression aussi des nouveaux abonnements."

  • La force de la Presse Quotidienne Régionale c’est sa présence sur le terrain et en particulier de ses correspondants. Avec le confinement comment ca se passe ?

La relation, avec notre réseau des correspondants  locaux,  n’a en fait pas changée, nous travaillions déjà avec eux par téléphone ou vidéoconférence.

Ils nourrissent comme toujours les colonnes du journal avec l’actualité d’hyper proximité. C’est essentiel pour l’ADN de notre titre. En revanche concernant les équipes au siège à Bordeaux, nous sommes tous en télétravail ; en 15 jours je ne suis allé qu’une fois au bureau pour récupérer du matériel informatique. Mais fondamentalement ce n’est pas une révolution pour nous.

  • La version numérique du journal doit être bien plus consultée qu’auparavant ?  

On peut même parler d’explosion, c’est même très au-delà des attentes. Ça s’explique puisqu’il est  plus compliqué de se déplacer pour aller acheter son quotidien, et que beaucoup de points de vente sont fermés. En revanche il y a un paradoxe : nous observons une forte vague de nouveaux abonnements. C’est quelque chose qu’on n’avait pas connu depuis très longtemps. Il faut dire que la Poste continue la distribution même si au début le service a été très perturbé. Et puis surtout nous avons notre réseau de porteurs qui permet de recevoir le journal à la maison chaque matin et 7 jours sur 7. C’est une vraie force, et ce sont des gens qu’il faudrait saluer plus souvent : ils sont en première ligne tous les jours au front, très tôt dans les rues, ce qui permet de ne pas croiser grand monde et de ne pas trop s’exposer au risque de contagion.

  • Dans le fond, le contenu du journal a forcément du évoluer ? 

D’abord depuis le premier jour du confinement , nous ne fabriquons plus qu’une seule version, pour toute notre zone de diffusion, au lieu de 14 éditions normalement. Elle regroupe, département par département,  l’essentiel de l’info locale. 

C’est une autre façon de travailler, et coté interne, ça permet de voir en permanence comment les autres agences travaillent. En temps ordinaire ce n’est pas courant, et il est clair que les rédactions locales se sont rapprochées du siège

  • Et comment faites-vous pour les images, les illustrations des articles ?

C’est forcément plus compliqué … Déjà nous avons un fond d’archives colossal, et nos photographes continuent tout de même à se rendre sur le terrain. Moi-même, je suis spécialisé sur les sujets économiques. Beaucoup d’entreprises sont fermées, ou fonctionnent même au ralenti. Elles sont attentives aux contraintes sanitaires et ne laissent pas entrer de personnes étrangères à leurs effectifs en général. Mais pour le moment on arrive à illustrer correctement les papiers. Nos reporters jouent le jeu du respect des règles sanitaires. Et puis il y a surtout une relation de confiance sur le terrain. En région chacun connait son journal de proximité. Ca aide !

  • Et la concurrence du web et des réseaux sociaux en ces temps ou les gens sont confinés chez eux ?

Il se trouve que nous ne sommes déjà plus un média traditionnel. Depuis des années nous sommes également un support numérique influent. Alors bien sur, ces jours-ci,  le trafic sur le site a considérablement augmenté. Ca sera sans doute plus facile pour les commerciaux de le valoriser. Il sera plus simple de revoir les grilles tarifaires. De la même manière qu’il y aura un report du lectorat papier vers le numérique, il y aura un report des budgets pub du papier vers le site web. Les annonceurs veulent que leurs messages touchent le maximum de gens … On a une vraie carte à jouer. Je ne crois pas que cette séquence préfigure le crépuscule de la presse écrite.

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