LE BILLET D'ETAPE d'e-crossmedia.

COVID-19: LA QUARANTAINE, C'EST FAIT !

Ce samedi 25 avril 2020 demeurera dans l’histoire, symboliquement, comme une étape …

Pourtant personne ou presque n’en parle,

personne sans doute ne le réalise tout simplement.

17 mars / 24 avril : cela fait quarante jours que la France vit en confinement. C’est donc fait : nous avons collectivement vécu notre «quarantaine». Historiquement, et dans l'imagerie collective, ce n'est pas un vain mot.

Le monde des médias n’y a pas échappé.

Cela consiste, nous précise le Robert, à isoler des personnes en cas de suspicion de maladies contagieuses, pour empêcher leur propagation. 

Pour le secteur des médias comme pour tant d'autres, c'est l’impérieuse nécessité de continuité du service à rendre au public qui a présidé aux décisions de réorganisation. 

Chaque jour ici même sur e-crossmedia.com, les professionnels témoignent de cette expérience inédite. Que les entreprises soient publiques ou privées, elles ont tout fait pour s’adapter aux difficultés du moment.

 

Mais il y aura des victimes, et elles seront économiques.

Des organes de presse seront terrassés par la chute vertigineuse de leurs recettes publicitaires. Les aides demandées au pouvoir public seront-elles versées pour sauver ce secteur là aussi, suffiront-elles ?

Les plus précaires seront les premiers frappés, les  CDD, cachetiers et autres pigistes, au même titre que les intermittents du spectacle. 

Certains acteurs sauteront peut-être sur l'occasion pour mener à bien leurs projets à peine cachés de rationalisation, de rapprochement de structures "sœurs" du PAF. Ils précipiteront les fusions pensées à des fins budgétaires par des administrateurs énarques bien loin du métier. Comme dans toute guerre, les victimes collatérales seront à n'en pas douter légion : des emplois seront sacrifiés sur l'autel de la rentabilité au moment de la nécessaire reconstruction.

Et pourtant ce secteur comme bien d'autres aura su montrer sa souplesse ...

Le télétravail s’est largement imposé : qui eut cru voir tant d’émissions télé passer en mode «Skype» , tant d’animateurs et de journalistes porter leurs émissions de radio en direct de chez eux… Comment la presse écrite, singulièrement la PQR avec ses si précieux correspondants locaux, a-t-elle réussi la prouesse de paraître chaque matin ? Comment des chaines de TV ou de radios ont-elles réussi de manière simplement citoyenne à casser leur format et mettre leurs ondes à disposition de l'éducation nationale pour devenir des salles de classe virtuelles, estampillées " Nation apprenante " ?

Ces professions, comme tant d’autre, ont su s’adapter, et à contre cœur parfois ! Certains médias ont du temporairement mettre entre parenthèse une part de leur ADN. En télévision, en radio,  en presse écrite sont apparues des productions régionalisées, la traditionnelle proximité géographique en a pris un coup. Mais la proximité affective a globalement su la palier.

Les premiers jours, nombre de reporters qui sont montés au front se sont exposés au même titre que les professionnels de santé, les secouristes et tant d’autres. Ils sont nombreux à avoir été contaminés. Les rédactions ont du faire face, imaginer des roulements quand c’était possible. Il a fallu cette mobilisation comme en temps de guerre pour continuer à informer,  pour que la réalité du terrain ne puisse être travestie.

Car il y a aussi une guerre dans la guerre : la bataille de chaque instant contre les fake news.

Le public, captif à la maison, n’a jamais été autant happé par les réseaux sociaux, même si les publications d’ordre complotistes n’ont finalement pas tant que ça pollué la séquence.

Parce qu’il s’est trouvé des professionnels en ordre de marche qui ont simplement exercé leur savoir-faire : informer. Et plus que jamais les circonstances démontrent qu'informer c'est un métier ! C'est un aussi noble travail que celui du boulanger, du garagiste, de l’ambulancier, du médecin …  

Et le public a su s’y référer, la mission est apparue nécessaire, vitale pour comprendre et s'armer, apprendre à respecter les mesures barrières, écouter les thèses et les antithèses des mandarins de tous poils ... Et des politiques !

Même le plus jeune public est revenu nous dit-on devant les récepteurs traditionnels de Papa et Maman!

Jamais les rendez-vous d’information n’ont connu de telles audiences, jamais les sites internet des médias n’ont été tant consultés, des journaux voient leurs demandes de nouveaux abonnements exploser ...

La tonalité des antennes a évolué : les femmes et hommes de médias nous accueillent dans leur intimité, et se mettent à parler comme nous... Et bah oui,  ils sont eux aussi à la maison, les postures «sur-faites» de plateau ou de studio s’estompent …

Certaines programmations musicales se font à la main, pour coller à l'air du temps : finis les algorithmes.

L'interactivité s'impose comme une incontournable nécessité.

Et puis,ce qui était amorcé avance à Très Grand Vitesse : le cross-média.

La complémentarité Radio/Web-Réseaux Sociaux / et de plus en plus la TV,  n'a jamais évolué aussi vite.

Reste une bonne quinzaine de jours avant la date annoncée du début du déconfinement et dors et déjà chacun a compris que le mode de fonctionnement actuel perdurera après ce fameux 11 mai.

L’agilité de toutes les équipes sera encore de mise, le télétravail continuera très largement à être la règle, l’inventivité et l’adaptation des professionnels sera encore et toujours requise pour informer, divertir, accompagner. Il faudra chaque matin continuer à s'inventer, se renouveler en prenant toujours plus en compte les bruits du web, et rendre le quotidien acceptable et compréhensible , autant que faire se peut.

Certaines réouvertures de tranches d'antenne, de rubriques, seront tentées dans les limites de ce qui est raisonnable au plan sanitaire. Mais dors et déjà ces professions des médias, comme tant d’autres, comprennent qu’il y aura un après. La technologie a permis de relever cette première partie du défi, avec surtout l’attachement et la passion des professionnel(le)s  : même dans l’adversité face au  COVID-19, toujours aller de l’avant. !

 

Partout sur la planète, le monde des médias n’échappe pas à la réalité qui nous est commune.

e-crossmedia.com l’a montré depuis 40 jours : de Ouagadougou à Orléans, du Chili à Mamoudzou, de Nice à Liège en passant par Lausanne ou Nouméa … Les pros des médias sont au front, partout. Les pouvoirs publics sauront-ils aider ce secteur, lui allouer les moyens pour poursuivre le nécessaire travail au service de la démocratie

  

Dans la forme comme dans le fond, un nouveau monde professionnel est en train d’éclore… Mai 2020 sera une révolution.

Sans pavé, mais aussi sans plage ...  

 

Thierry MATHIEU

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