Avec Robert MOY, Président de Alizés TV ( Guadeloupe).

Robert Moy ,

président de Alizés TV.

Ex dirigeant à RFO – La 1ère, il a été directeur régional en Guadeloupe et à la Réunion, et Directeur des radios au siège de l'entreprise à Malakoff.

Après avoir quitté France Télévisions il a créé en janvier 2016 Alizés TV en Guadeloupe.

  • Hier s’est tenue une vidéoconférence entre la Délégation aux Outre-Mer de l’Assemblée nationale et des représentants de la filière audiovisuelle de ces territoires. Ces médias sont durement frappés, parfois plus qu’en métropole, par la chute des revenus publicitaires du fait du COVID. Vous y représentiez la FTLPOM, la Fédération des télés locales privées d’outre-mer …

Nous avons collectivement demandé une démarche en 2 temps :

Pour traiter l’urgence :

  • la suppression des taxes et l’abandon des dettes sociales fiscales.

  • un coup de pouce de 350 000 euros pour renflouer les trésoreries qui sont exsangues.

A très moyen terme, d’ici la fin de l'année :

  • que la publicité ne soit plus autorisée pour le service public. Par nature les territoires n’offrent pas, compte tenu du nombre limité d’habitants, de marchés publicitaires suffisants. La 1ère, perçoit déjà la redevance et pour des raisons historiques sa position dominante fait qu’elle préempte le marché !

  • Nous souhaitons aussi que la filiale de France Télévisions, en charge la diffusion de la TNT, en supporte le coût pour les télévisions privées.

  • Pourquoi ne demandez-vous pas également l’aide  des collectivités locales ?

Impossible de compter dessus. Comme ce sont de petits territoires, à chaque changement de majorité, on se retrouve catalogué comme soutien de l’équipe précédente !  Et lorsque je me retrouve en concurrence avec la 1 ère, son équipe de 150 personnes, son car de retransmission vidéo, ses liaisons satellites, avec mes 10 collaborateurs je ne fais pas le poids.

C’est à l’état de prendre ses responsabilités.

Il doit réfléchir de manière générale à ce qu’il veut faire des médias dans ces petits territoires. Si on veut qu’il y ait une vraie démocratie, du pluralisme, et une presse libre et indépendante il faut changer le modèle économique. Sinon ce sera le retour au monopole. Nous demandons la création d’un fond national de soutien aux télévisions locales privées

  • Votre ambition était précisément de proposer une offre populaire alternative au service public ?

J’ai créé Alizés TV en janvier 2016 avec le projet de montrer une Guadeloupe positive, belle, qui bouge et qui entreprend. Je voulais construire une offre crédible, ambitieuse… 

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Je ne voulais pas d’une télévision avec des moyens trop modestes, limités, qui aurait donné une mauvaise image de notre culture de notre patrimoine  naturel et culturel. Mon projet ressemblait à ce que propose Antenne Réunion dans l’océan indien, ou ATV à la Martinique : une généraliste de qualité avec du contenu qui attire l’audience.

Et je souhaitais surtout préempter toute la zone Caraïbe, dont tout le monde parle, pour véritablement donner un coup de projecteur sur cette grande région du monde. Et cela en soignant l’esthétique pour montrer à quel point cette destination est belle.

  • La survie de votre propre média, Alizés TV ne tient qu’à un fil ?

Comme tous les médias privés ultramarins ! Ici en Guadeloupe une énorme machine comme la radio généraliste RCI est elle-même fragilisée, sa directrice générale a d’ailleurs participé à la réunion d’hier soir. Vous imaginez … RCI affronte une grave crise, or la télévision, çà coute 5 fois plus cher à produire !  

Sur la zone Antilles-Guyane l’industrie de la télévision privée représente quelques 300 emplois en comptant les effectifs des chaines et les prestataires comme les sociétés de production qu’elles font vivre. Et ces territoires connaissaient, avant même la crise, un taux de chômage à 30 % !

  • Votre entreprise était déjà fragilisée avant le COVID-19. Craignez-vous qu’il donne le coup de grâce ?

Il faut prendre au mot le ministre de l’économie Bruno Lemaire quand il a déclaré récemment qu’il s’attend avec la fin du chômage partiel à une catastrophe, beaucoup de licenciements et de liquidations judiciaires. Aujourd’hui toutes les entreprises n’ont pas pu reprendre leur activité, comme les lieux culturels d’ailleurs. Je ne vais donc pas aller leur proposer d’acheter des campagnes publicitaires pour faire vivre ma télévision !

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Il faut vraiment le comprendre, notre situation est pire que celle de la métropole. Nos territoires sont beaucoup plus fragiles, nous payons très cher l’insularité.

Si l’état ne se mobilise pas d’ici 2 ou 3 mois au maximum, ca sera réglé. Les médias privés auront disparu, leurs emplois et le pluralisme avec…

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FTLPOM regroupe Alizés TV et Canal 10 en Guadeloupe, Canal Local et KMT en Martinique, Télé Kréol à la Réunion, et KTV en Guyane.

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 26 mai 2020

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