Avec Stéphane Capron, journaliste à France Inter

Stéphane Capron, journaliste à France Inter.

Ancien directeur adjoint chargé de l’information a la direction du réseau France Bleu, dirigeant en radio locale auparavant à Besançon, Strasbourg, Reims.

  • Ça changera quoi dans l'approche du métier, dans le mode de consommation des médias qui était déjà en grande évolution ?

Le grand changement pour la radio, c’est le retour …. à la radio ! Depuis le confinement, on oublie la vidéo, et on réapprend à travailler la matière sonore. On attache moins d’importance aux directs vidéo des matinales par exemple, qui sont nécessaires dans la recherche de nouveaux publics, mais le son redevient “à la mode”. A France Inter, on a ressorti le bon vieux répondeur, les auditeurs laissent des messages. La radio est plus que jamais le média de la proximité, même quand il est national.

On constate aussi une progression de l’audience des média purement numériques. Des médias instantanés, qui diffusent rapidement l’information. Sceneweb.fr, le site que j’ai lancé il y a 10 ans, et qui devient une référence en matière de diffusion de l’information sur le spectacle vivant connait de très bons scores. Il est situé sur un segment de niche, mais son positionnement lui permet de voir son audience croître (+36% d’audience depuis le début du confinement, le mardi 17 mars), avec des pics (+ 300% le mardi 7 avril;  c’était lié à un article de fond d’Anaïs Heluin sur les inquiétudes des directeurs de festivals). Par ailleurs, le nombre d’abonnés à la newsletter connait lui aussi des bons, au début de la semaine, 50 abonnés par jour (c’est d’ordinaire 1,2 ou 3).

De bon augure pour la reprise à la fin de la pandémie !

  • En quoi ce confinement a bouleversé vos pratiques et vos approches, dans le fond comme dans la forme ?

J’ai l’impression de me retrouver comme en plein été sur la route des festivals pour France Inter, avec mes ordinateurs, sauf que je suis confiné à la maison. Cette pratique du télétravail de reportage m’a permis d’être tout de suite autonome. J’ai même amélioré mes outils techniques ! Je peux désormais utiliser l’ordinateur comme un KB, en enregistrant directement ma voix, mais aussi les interviews. Je n’y avais jamais pensé avant.

Pour le site, il a fallu les premiers jours procéder au remboursement de toutes les campagnes publicitaires. Sceneweb est un pure player gratuit dont les revenus ne dépendent que de la pub.

Frayeur des premiers jours, car n’étant pour ma part que bénévole et non rémunéré en tant qu’éditeur du site, il y a une équipe de 8 pigistes, qui sont précaires. Il a fallu évaluer avec eux, l’état de leurs autres employeurs. Beaucoup ont malheureusement suspendu les piges en cours, je continue donc à privilégier les plus précaires. Une cagnotte a été lancée par les lectrices, les lecteurs et les professionnels, et depuis hier les théâtres qui ont dû s’organiser passent de nouveau commande d’un peu de pub pour faire la promotion de leurs activités de confinement. Mais tout cela est très fragile. Car la saison estivale s’annonce blanche.   

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