Avec Walles Kotra, directeur Régional de Nouvelle Calédonie la 1ère.

Walles KOTRA,

directeur régional de Nouvelle Calédonie  la 1ère

« C’est parce que nous nommes redevenus  des iles,  que nous avons coupé toute relation avec l’extérieur, que nous sortons les premiers du confinement.  »

Entre Australie et Nouvelle Zélande, la Nouvelle-Calédonie est une collectivité française composée d'un ensemble d'îles et d'archipels d'Océanie, situés en mer de Corail et dans l'océan Pacifique Sud. A 17 000 kilomètres de la métropole.

  • Vous êtes le 1er territoire français a quitter le confinement !

Ça va être très progressif. A partir de demain lundi, il y a une levée du confinement, mais pas totale.  Il y aura une liberté de circulation, mais seulement partielle. Les rassemblements de plus de 50 personnes restent interdits, il y a des restrictions pour les cinémas ou les compétitions sportives. Nos antennes radios, télé et web s’efforceront de continuer à renforcer la cohésion du pays. On s’est donné 2 semaines de transition. Aujourd’hui 40 % des effectifs de Nouvelle Calédonie la 1ère sont en télétravail, nous allons rapatrier petit à petit  les collaborateurs à la radio, rue du Maréchal Leclerc à Nouméa.

Surtout on va tenter de mobiliser nos moyens pour accompagner les populations dans cette nouvelle phase: le secteur économique est gravement fragilisé. 

Et puis il y a le 2ème référendum sur l’indépendance qui est programmé pour le 6 septembre prochain. Il y a des questionnements comme après l’organisation du 1 er tour des municipales, ce sera au gouvernement local de trancher, on verra !

  • Il n’y a eu que 18 personnes contaminées sur l’archipel …

Parce qu’en réalité, on est redevenus une ile !

La Nouvelle Calédonie s’est fermée à l’extérieur. Les liaisons aériennes ont été interrompues, sauf pour le rapatriement de certaines personnes. Il n’y avait que le fret qui arrivait. Et ça va durer : l’ouverture du ciel n’est pas prévue. Y compris entre les iles par exemple entre Nouméa et les Loyauté.

  • Les habitudes d’écoutes ont-elles évolué déjà depuis un mois,  et comment avez-vous adapté vos offres pour encore mieux répondre aux attentes des publics ?

Ce qui est à souligner c’est le retour en force de la radio. Elle permet l’expression de la diversité du pays. Notre territoire compte 3 provinces, il y a 27 langues régionales. En cette période d’angoisse les prises de paroles sont essentielles, pour tous les Calédoniens dans leurs diversités. Et puis coté télévision, nous avons totalement bouleversé le programme. Nous diffusons de 7 heures à midi une partie des émissions scolaires que propose France 4 : les cours LUMNI. C’est l’école à la maison. Ça permet de rendre service au public, aux  enfants qui sont dans des zones éloignées,  parfois encore mal desservies par internet. C’est très nouveau, on redécouvre qu’au-delà de l’info et du divertissement la TV peut assumer d’autres missions. Ça a été très bien perçu par nos populations, d’abord bien sûr par les parents.

Et puis il y a le besoin de se raconter. Le confinement a été un moment de redécouverte du pays, entre nous. Nous avons rediffusé des images d’archives et on a réalisé que nous avions perdu une part de notre culture insulaire du fait des relations internationales, de la mondialisation. On a redécouvert nos iles avec leurs charmes et leurs inconvénients, la période de confinement a été propice pour ça.

  • Il en restera sans doute des conséquences, des prises de conscience ?

La Calédonie est un territoire fragile, qui s’interroge sur son avenir. De mon point de vue, je trouve que le pays s’est serré les coudes durant cette période compliquée, et ça ne peut pas ne pas avoir de conséquence. Le virus qui nous a menacés nous a peut-être un peu renforcés aussi. On se sent un peu plus fort pour affronter l’avenir, même si il sera compliqué.

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