1 er débat de la présidentielle : LCI a signé un record historique, mais le débat était aussi simultanément diffusé sur YouTube, ce qui change la portée commerciale et juridique des tentatives de diffusion parallèles de BFMTV et CNews.

 

Le Medef avait conclu avec LCI un contrat d’exclusivité

pour la diffusion télévisée du débat.

La captation était assurée par une société de production privée

mandatée par le syndicat patronal

qui fournissait le signal officiel (image + son).

Cette exclusivité a permis à LCI de signer une journée historique :

1,03 à 1,04 million de téléspectateurs,

11 % de PDA,

et même 4,9 % de PDA sur la journée,

faisant de LCI la chaîne la plus regardée de France ce jeudi.

 

Sorry its not set :(

 

Mais cette exclusivité était télévisuelle,

pas numérique.

Le débat était simultanément disponible sur YouTube,

en accès libre.

Autrement dit :

l’exclusivité de LCI était réelle,

mais pas totale.

 

 

 

BFMTV a installé ses propres caméras dans l’enceinte du court Philippe‑Chatrier

au Stade Rolland Garros ou était organisé l'évènement

et a commencé à diffuser des images,

le son,

avec des commentaires en plateau,

sans autorisation,

violant l’exclusivité contractuelle.

Le Medef a alors coupé le son,

laissant BFMTV avec des images muettes.

 

Sorry its not set :(

 

CNews a diffusé des images également,

sans le son,

et sans autorisation...

Ce vendredi, 

elle en tire une leçon  ...

 

 

Sur le plan contractuel :

les deux chaînes ont violé l’exclusivité …

Mais quelle est la valeur commerciale d’une exclusivité télévisuelle

quand le même contenu est accessible gratuitement en ligne ?

Même si le débat était sur YouTube,

l’exclusivité télévisuelle a permis à LCI d’attirer plus d’un million de téléspectateurs,

de dominer la journée,

de renforcer son statut de chaîne politique de référence.

 

Sorry its not set :(

 

Pour BFMTV et CNews :

une tentative de “rattrapage” mais leur diffusion illégitime n’a pas payé :

BFMTV : 217 000 téléspectateurs,

CNews : 181 000.

 

Sur le plan strictement juridique, ces 2 chaines ont violé :

l’exclusivité contractuelle,

le droit d’auteur sur le signal,

le droit voisin du producteur du flux,

et potentiellement le droit à l’image des participants.

Le Medef aurait pu engager une action en contrefaçon,

demander réparation pour préjudice commercial,

voire saisir l’Arcom pour manquement aux règles de diffusion.

 

Sorry its not set :(

 

Mais la diffusion sur YouTube introduit un effet atténuateur ... 

Selon les données communiquées par LCI

et reprises par notre confrère Puremédias,

la retransmission du débat a généré plus de 300 000 “téléspectateurs digitaux” en direct,

ce qui inclut YouTube,

le site de LCI et les autres plateformes numériques. 

Le contenu était donc déjà public, accessible, gratuit, non géobloqué.

Cela ne légalise pas la reprise télévisuelle,

mais cela réduit l’ampleur du préjudice,

la valeur de l’exclusivité,

et la capacité à démontrer un dommage financier direct.

 

 

Il y a déjà eu des précédents

mais jamais dans un contexte où YouTube brouille les frontières

Fillon–Juppé 2016, municipales 2020, Macron–Le Pen 2017,

mais aucun n’avait cette configuration :

exclusivité TV,

violation par deux chaînes,

coupure de son par l’organisateur,

et surtout donc diffusion simultanée sur YouTube !

C’est donc la première fois que la frontière entre exclusivité télévisuelle

et accessibilité numérique

crée un flou juridique.

 

Sorry its not set :(

 

La présidentielle se jouera donc pour les médias

sur le terrain juridique.

Le débat du Medef a révélé une tension nouvelle :

l’exclusivité télévisuelle n’est plus un monopole absolu

dès lors que le signal circule librement sur les plateformes,

le droit audiovisuel se retrouve face à un dilemme inédit :

comment protéger une exclusivité

quand le contenu est simultanément public ?

 

La guerre des audiences ne fait que commencer.

Celle des droits, elle, vient d’ouvrir une nouvelle forme de bataille ….

 

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia

Le 28 aout 2026.

 

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