6,8 millions ... Un tiers des téléspectateurs français sur TF1 avec Marine Le Pen hier soir : Nième épisode d'une histoire des médias qui a tant évolué à propos des partis "extrêmes" !

 

La séquence Marine Le Pen d’hier

n’est pas un simple épisode judiciaire :

c’est le dernier chapitre d’une transformation profonde

du traitement médiatique des extrêmes,

passés du statut de perturbateurs

à celui d’acteurs institutionnels.

Les radios et TV ne les traitent plus comme des anomalies,

mais comme des pièces maîtresses du récit politique national.

 

Sorry its not set :(

 

1er juin 1994 :

France 2, sur le plateau du 20 heures.

Paul Amar, pose deux paires de gants de boxe sur la table.

Tapie explose, Le Pen sourit.

Et soudain, la télévision comprend qu’elle n’est plus seulement un miroir : elle est un ring.

Le présentateur se souvient de cet épisode sur BFM le soir du décès de Jean Marie Le Pen :

 

 

À gauche,

LO et le NPA restent hors‑champ.

L’extrême gauche n’est pas encore un personnage du récit médiatique.

 

Le "cordon sanitaire" se fissure ...

malgré les propos dès 1987 au Grand Jury d’RTL

du leader du Front National sur les chambres à gaz :

"un détail de l’histoire" .

 

1995 :

Emission marquante sur FR3.

Jean-Marie Cavada invite Jean Marie Le Pen à La Marche du Siècle dans le cadre de la campagne pour l'élection présidentielle :

4,2 millions de téléspectateurs …

Où l’on comprend 30 ans plus tard

que la doctrine prônée par le père

reste d’actualité pour sa fille :

 

 

Pendant ce temps,

le PCF décline, LO et NPA sont traités comme des silhouettes militantes.

L’opinion évolue :

le FN pèse 10–12 %.

Les médias commencent à suivre la courbe.

 

2002 : Le séisme et la double surprise !

21 avril : Le Pen au second tour…

TF1 ouvre son JT : "Un séisme politique."

France 2 multiplie les éditions spéciales.

Sur RTL, on parle de “sidération”.

Le traditionnel débat d’entre deux tours n’a pas lieu !

Archive de l'INA :

 

 

Mais un autre chiffre passe sous les radars :

Besancenot + Laguiller =

plus de 10 %.

L’extrême gauche progresse…

mais reste traitée comme un folklore sympathique.

Besancenot devient “le facteur”

comme sur France 2 .

 

 

Deux extrêmes avancent,

un seul inquiète…

 

2010–2015 :

La dédiabolisation et le tribun.

Marine Le Pen adoucit son image sur le plateau de l'émission

"Des Paroles et des Actes" de France 2 en 2011

Elle affirme : "Je ne suis pas d’extrême droite.".

3 ans plsu tard sur RTL / LCI

au Grand Jury,elle enfonce le clou

"Le FN est un parti républicain. "

Le FN est à 25 % en 2014.

 

Sorry its not set :(

 

Pendant ce temps,

Jean Luc Mélenchon devient un personnage.

Sur France 2 à "Mots Croisés"

il affirme presque à l’unisson avec François Hollande :

"Le pire ennemi de l’entreprise c’est la finance".

L’extrême gauche devient spectaculaire,

mais toujours pas "inquiétante".

 

2015–2026 : L’ère Bolloré

ou la dramaturgie permanente...

iTélé devient CNews.

Eric Zemmour qui est encore journaliste martèle :

"L’immigration est une catastrophe"

comme içi en plateau face à Bernard Henri Levy

 

 

Les thèmes du RN deviennent la bande-son du débat public.

Et LFI entre dans l’arène.

Mélenchon n’est plus un tribun romantique :

il devient un perturbateur médiatique.

Sur BFM TV  les clashs avec la journaliste Apolline de Malherbe se multiplient.

Tous les médias diffusent la célèbre séquence sur la perquisition de ses bureaux en 2018.

Et "Quotidien" du groupe TF1

montre la différence de discours

entre les médias traditionnels et ses réseaux sociaux !

 

 

LFI devient l’extrême gauche conflictuelle.

 

2022–2024 :

La centralité des extrêmes …

RN à 41 % au second tour 2022,

RN premier parti aux européennes 2024.

 

LFI progresse… mais reste traitée comme un danger.

Ses députés sont omniprésents dans les polémiques

et les médias traditionnels quasiment bannis

comme le raconte en 2 minute sur Instagram "Léon le média".

 

 

En trente ans ...

Le FN-RN est passé du spectacle contrôlé (Amar),

à la normalisation assumée (CNews),

puis à la centralité totale (2024),

jusqu’à inspirer des propositions de privatisation du service public.

Et LFI, elle, est passée du folklore militant, au tribun romantique,

puis au perturbateur médiatique,

enfin à l’ennemi intérieur désigné.

 

Les médias pros se doivent évidemment de traiter l’actualité en épousant l’époque, l’opinion, les sondages, mais aussi en contextualisant.

Un "avant / après" de ce type à propos de la séquence d’hier soir,

en dit plus long que des papiers d’analyse ou des débats  sans fin…

 

 

Les journalistes informent.

Quant aux Réseaux Sociaux 

à l'Intelligence  ...

souvent Artificielle ...

 

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia

le 8 juillet 2026.

 

Logo d'e-crossmedia Pour découvrir nos autres actualités cliquez ici !