83 % des Français écoutent de l’audio chaque jour.
Voilà l'état des lieux dressé ce mercredi par Médiamétrie.
Quarante-trois millions de personnes :
une marée humaine, fidèle, quotidienne.
53 % du temps audio est consacré à la radio
et le streaming musical,
pourtant omniprésent,
reste derrière.
Et puis …
11,9 millions d’auditeurs sont fidèles à 8h du matin,
dont 7 millions autour d’une matinale d’actualité.

La radio,
dans cette photo,
c’est le phare, le repère,
le média du quotidien ...
Mais dans l’ombre du cliché,
une autre histoire se joue !
Parce que si l’on zoome un peu,
si l’on regarde les jeunes,
les fameux 15–24 ans,
on découvre un autre décor.
68 % d’entre eux écoutent encore de l’audio chaque jour.
C’est beaucoup… mais ce n’est pas 83 %.
Et surtout : ce n’est plus la même audio !
Flashback …
2005 :
la radio règne.
Les 15–24 ans l’écoutent, encore à 82 % chaque jour.
Le web est encore textuel,
YouTube vient de naître,
Facebook aussi.
La FM est leur bande-son.
2010 :
Le smartphone arrive.
Spotify débarque.
Les jeunes commencent à glisser ailleurs.
L’écoute radio tombe à 72 %.
2015 :
YouTube écrase tout.
Le streaming devient leur réflexe.
La radio chute à 61 %.
2020 :
TikTok entre dans la danse.
Les jeunes n’écoutent plus :
ils scrollent.
La radio passe sous les 60 %.
Aujourd’hui …
Les jeunes écoutent de l’audio,
oui — 68 % —
mais la radio n’est plus leur média de masse.
Elle représente moins de 30 % de leur temps audio.
Le streaming, lui,
dépasse les 55 %.
Le podcast grimpe à 62 % d’écoute mensuelle.
TikTok devient leur première source d’info.
La voiture, ce temple de la radio, n’est plus leur auditorium :
12 % seulement de leur écoute.
Le film est clair :
les jeunes ont en large majorité quitté la bande FM.

Comme l'analyse le site universitaire "The coversation" ...
"Les jeunes perdent le réflexe de la radio d’actualité au réveil,
soit qu’ils écoutent des radios plutôt musicales,
soit qu’ils se jettent avec gourmandise sur leur smartphone pour accéder à leurs comptes de réseaux socionumériques.
Soit qu’ils ouvrent la télévision du côté d’une chaîne d’information continue.
Alors oui,
Médiamétrie nous montre une radio puissante,
qui reste le média du quotidien
et qui parvient encore à rassembler comme aucun autre.
Mais cette photographie est celle du pays…
mais pas celle de sa jeunesse.
Malgré la complémentarité de toutes les stations
avec les Réseaux sociaux qui sous la même marque
deviennent des canaux
parallèles …
Les jeunes sont surtout ailleurs :
dans les podcasts natifs, dans les capsules sociales,
dans les formats incarnés, dans les narrations longues,
dans les plateformes de streaming, dans les vidéos audio sur YouTube,
dans les scrolls TikTok qui remplacent les zappings FM.
Ils se fidélisent moins à des stars du micro
comme ici Max vers 1995 sur Fun Radio

Et que dire des boomers qui ont vécu la libération de la bande FM ou la création des 1ères radios locales,
comme ici à Melun,
l'une des 3 premières créées par Radio France . ...

La radio reste un pilier,
mais les jeunes ont déplacé le centre de gravité.
La publication de Médiamétrie est précieuse.
Elle dit ce que nous sommes aujourd’hui
et montre un média solide, utile, central.
Mais elle ne dit pas ce que nous serons demain.
Parce que demain, ce sont les jeunes qui l’écrivent.
Et eux, depuis vingt ans, ont déjà changé de scène.
La photographie est belle,
le film, lui, avance plus vite.
Thierry Mathieu
e-crossmedia
Le 7 octobre 2026.
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