A la radio aussi … L’Île de France devient de plus en plus chaque année un îlot singulier dans l’Hexagone.

 

Les sondages radio révèleraient‑ils,

comme d’autres indicateurs,

l’évolution du pays ?

La comparaison entre les résultats en Ile de France

avec la vague nationale publiée la semaine dernière

est intéressante :

2 séries de courbes, 2 dynamiques … 2 France.

 

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Illustration de cette fracture,

deux cas emblématiques :

Europe 1 et Nova,

deux offres opposées… un même phénomène !

 

 

Europe 1, propriété du groupe Bolloré,

revendique aujourd’hui un positionnement assumé à droite,

très identifiée “radio d’opinion”.

Nova, liée à Matthieu Pigasse,

assume un positionnement culturel marqué à gauche,

contre‑culturel, anti‑mainstream.

 

Les 2 performent mieux en régions qu’en Île‑de‑France

car leurs stratégies reposent sur un même ressort sociologique :

Europe 1 se fait le haut-parleur d’une “France périphérique politique”,

en quête de parole directe, de confrontation, d’identification.

 

 

 

Nova séduit une “France périphérique culturelle”,

en quête d’alternatives, de singularité, de respiration.

 

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En Île‑de‑France,

les récits de ces 2 stations, qu’ils soient politiques ou culturels,

sont noyés dans une offre pléthorique.

En région, ils ressortent davantage.

 

Globalement,

les 2 études - nationale et IdF  -

des sondages radio révèlent les unes après les autres

une fracture culturelle durable

entre Paris et le reste du pays.

 

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Coté « Généralistes » en IDF :

France Inter progresse encore : +100 000 auditeurs, 1,41 million de fidèles.

Elle capte la montée du “parlé premium”, la demande de sens, la valeur du temps long.

Franceinfo avec 1,08 million d’auditeurs demeure une puissance intacte,

en particulier en matinale.

RTL recule : 846 000 auditeurs.

Europe 1 tente de se stabiliser : 491 000.

RMC chute : –176 000.

 

Europe 1 et RMC sont plutôt en recul en région parisienne

alors qu’elles sont stables au national…

Parce que leur éditorial parle sans doute davantage à la France périphérique,

aux villes moyennes,

aux territoires qui se sentent éloignés des centres de décision.

 

 

Mais ce qu’elles gagnent dans les régions,

elles le perdent à Paris.

 

Chez les musicales jeunes :

l’Île‑de‑France décroche plus vite !

NRJ :

397 000 auditeurs,

soit près –300 000 en dix ans.

La station dépassait encore les 650 000 auditeurs au milieu des années 2010.

 

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Elle a perdu près de la moitié de son socle jeune.

 

Fun Radio : –57 000 auditeurs sur cette vague.

La station tournait autour de 350 000 auditeurs en IDF il y a dix ans ;

elle se situe désormais entre 230 000 et 250 000. 

 

Skyrock : –99 000 auditeurs.

Historiquement au‑dessus des 500 000 auditeurs en Île‑de‑France,

elle évolue aujourd’hui autour de 300 000 – 320 000.

Soit –200 000 en dix ans, la plus forte baisse structurelle du marché jeune.

 

 

Europe 2 : sous les 100 000 auditeurs.

La marque oscillait entre 180 000 et 220 000 auditeurs en IDF dans les années 2010

sous l'appelation Virgin.

Malgré le reformatage,

elle a perdu plus de la moitié de son socle francilien en 10 ans.

 

Pendant ce temps :

les musicales adultes explosent !

Nostalgie devient la locomotive :

+91 000 auditeurs sur cette vague,

première musicale en Île‑de‑France.

Un renversement historique :

la station, qui évoluait autour de 250 000 – 300 000 auditeurs il y a dix ans,

dépasse désormais les 400 000 – 420 000 selon les vagues.

Plus de 100 000 auditeurs gagnés en une décennie, à rebours du marché jeune.

 

 

Chérie FM et Rire & Chansons suivent la même dynamique :

progression régulière, fidélité forte, stabilisation d’un public adulte :

elles sont désormais les trésors d’NRJ Group, plus que la chaîne prémium éponyme.

 

Le paradoxe FIP,

qui progresse davantage hors de Paris …

Elle perd sur cette vague  52 000 auditeurs en IDF,

mais progresse au national : 4% d’AC soit 776k paires d’oreilles …

Un paradoxe quand on se souvient qu’en 1972,

"France Inter Paris" novatrice à l'époque et qui a su le rester,

était conçue pour accompagner les urbains de la capitale !

 

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Mais désormais en Île‑de‑France, son territoire historique est saturé :

Nova, FG, TSF Jazz, Générations, Tropiques FM, France Musique, Radio Classique…

Il faut compter aussi sur  les autres formes de concurrence :

playlists, podcasts,

bien qu’elle sache palier son faible parc d’émetteurs dans l’hexagone

par le streaming de son offre prémium

et ses 12 webradios thématiques.

 

L’Île‑de‑France devient pourtant aussi le bastion du premium :

France Culture :

468 000 auditeurs en Île‑de‑France, devant NRJ, Skyrock, Fun …

un basculement historique.

Elle gagne donc près de 150 000 auditeurs en une décennie,

soit +45 à +50 %,

et c’est le double qu’au plan national. 

 

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Sa sœur France Musique

avec quelques 200 000 auditeurs progresse même légèrement dans tout le pays.

Sa concurrente privée Radio Classique est aussi très solide,

stable autour de 250 000 – 270 000 auditeurs en IDF

 

La vague nationale publiée la semaine dernière montrait déjà

une France plus, périphérique, plus identitaire, plus émotionnelle dans ses usages radio.

La vague Île‑de‑France publiée hier confirme l’inverse :

plus élitiste, plus premium, plus culturelle.

 

Deux sondages, deux France, deux courbes qui s’éloignent,

et un îlot francilien qui se singularise chaque année davantage : l

es sondages radio révèlent,

mieux qu’on ne le croit,

l’évolution du pays !

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia

Le 18 juillet 2027.

 

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