"200 francs, ça suffit !"
Voilà la proposition qui sera soumise au vote de nos voisins suisses le 8 mars.
Elle vise à réduire la redevance de l’audiovisuel public,
la SSR,
et à exonérer les entreprises du financement des médias de service public.
Les opposants,
qui jugent la proposition trop radicale,
s'inquiètent pour la cohésion nationale
et la démocratie….

Aujourd’hui,
la contribution annuelle de chaque foyer helvète pour financer l’audiovisuel public
s’élève à 335 francs suisses
c’est-à-dire quelques 364 euros.
Cest nettement plus pour les entreprises et les sociétés qui contribuent selon leur chiffre d’affaires.
L’initiative portée par les parlementaires de droite les plus radicaux
prévoit que ces dernières soient totalement exemptées.

Avec "seulement" 200 francs suisses,
si cette "votation" obtenait la majorité des suffrages,
cela ferait une contribution par foyer de quelques 225 euros,
alors qu’elle s’élève à 138 euros par foyer chez nous !

Mais il faut aussi reconnaître que la confédération ne compte que 8 millions d’habitants,
contre 68 millions en France.
Et que, quelque que soit le nombre d’auditeurs potentiel,
le coût d’une radio généraliste
ou d’info continue,
est bien plus onéreux qu’une offre musicale.
C'est identique d’un côté ou de l’autre du lac Léman !
La SSR produit 17 offres de radio et 7 de TV pour les quatre régions linguistiques,
avec en plus des services sur le web comme Swissinfo
et tvsvizzera.it.
"Notre multilinguisme occasionne quelque 40% de nos coûts",
précise d’ailleurs l’entreprise.
Pour les chaînes francophones
les bureaux régionaux le long de la frontière française
seraient menacés en premier.

Pour les partisans de cette baisse du financement de l’audiovisuel public,
il s’agit de soulager financièrement les ménages…
Cette adaptation de la redevance serait également nécessaire
puisque selon eux "de moins en moins de personnes consomment les programmes de la SSR",
particulièrement les jeunes qui préfèrent Netflix et YouTube.
S’ajoutent aussi des critiques sur les formats d’information
comme sur les divertissements.
Un "oui" dans les urnes
laisserait dans les caisses 850 millions de francs …
Une somme jugée plus que suffisante pour remplir le cœur de sa mission
en matière d’information
et d’appui à la sécurité civile.
Pour les partisans de la réduction drastique du budget,
le paysage médiatique privé est suffisamment vivant et diversifié en Suisse
pour permettre à la population de "se forger son opinion".
"L’initiative de réduction de moitié affaiblit la Suisse",
martèlent les défenseurs du service public
et du maintien de l’actuel financement.
Le service public est garant "d’une information fiable, sûre et digne de confiance
pour la démocratie suisse et la cohésion de ses régions".

Pour le conseiller fédéral en charge des Télécommunications
Albert Rösti,
si l'initiative passait,
les programmes de la SSR seraient clairement réduits
et sa mission d'information dans toutes les régions linguistiques serait dégradée.
"La SSR doit avoir une place claire pour informer correctement le public.
Il doit pouvoir se former une opinion de manière indépendante.
C'est important dans une démocratie directe".
"La SSR est l’unique groupe médiatique couvrant toute la Suisse
et n’a pas à tenir compte du nombre de clics ou des intérêts de ses actionnaires".
En clair,
pour les défenseurs du service public
et le maintien de son financement,
elle est garante d’une information indépendante et de qualité
au service du public.
https://www.uvek.admin.ch/fr/un-service-public-de-qualite-image-de-marque-de-la-suisse
Thierry Mathieu
e-crossmedia
Le 27 janvier 2025.
Pour découvrir nos autres actualités cliquez ici !
Ce site utilise uniquement des cookies nécéssaires a son bon fonctionnement 💪 !