
Faute de rafrichir les débats,
l'Arcom vient de publier
une analyse qualitative des attentes du public :
impartialité,
pratiques éditoriales, ...
Un ensemble de recommandations
à l'eau tiède,
bien que les enjeux soient considérables
comme le dit le président Martin Ajdari sur France Culture :
Sur le papier,
le service public devrait être un modèle.
Les cahiers des charges de France Télévisions, Radio France, France Médias Monde
sont précis :
pluralisme strict, honnêteté, exactitude, indépendance, séparation entre faits et commentaires, diversité des points de vue, médiateurs, comités d’éthique…

L’Arcom le rappelle :
le service public est soumis
à une “exigence renforcée d’impartialité”,
plus forte que pour les chaînes privées :
quand on est financé par tout le monde, on doit s'adresser à tout le monde.
La ministre de la culture enfonce le clou face au Sénat,
dans la foulée du rapport sulfureux
issu de la Commission d’enquête parlementaire :
Les études publiées par l’instance de régularisation
montrent une fracture nette …
Si le service public reste pour beaucoup un repère fiable,
d'autres le perçoivent comme étant “la voix de l’État”,
trop parisien, trop bien‑pensant,
comme un haut-parleur des élites déconnectées de la vraie vie.

Ouvrir un journal sur l’insécurité ou sur le climat,
donner deux minutes à un ministre ou à un syndicat,
inviter tel ou tel expert,
ça ne peut pas être neutre !
Mais c’est pourtant ce qu’une partie du public ne comprend pas,
ou plus !
Traiter un sujet parmi tant d’autres c’est déjà un choix,
comme travailler un angle pour bien l'expliquer !
Mais, force est de constater que désormais
c'est là que se crée la suspicion d’orientation, de parti pris ...
L’Arcom le dit explicitement :
l’impartialité n’est pas un état,
mais une méthode
qui repose sur la transparence des choix éditoriaux,
la diversité des intervenants,
la traçabilité des sources,
la clarté entre faits et commentaires,
et la capacité à corriger publiquement les erreurs.

Du côté des médias privés …
TF1, M6, RTL, Europe 1 challengent le service public :
leur moteur existentiel,
c’est l’audience.
Leur biais naturel c’est l’émotion, la spectacularisation …
Personne ne leur demande d’être neutres,
ils doivent d’abord être rentables et pour cela cibler un public !
Comme en témoigne cette pépite archivée par Culture pub :
cette campagne d'RTL
il y a 15 ans :
CNews, comme sa soeur radiophonique Europe 1,
revendique sa ligne singulière
en promettant la liberté de ton,
pas l’impartialité.
Et plus elle l'assume,
plus le service public apparaît par contraste comme
“de l’autre camp”.
Mais dorénavant aussi,
la forme compte autant que le fond.
Les jeunes,
ou les citoyens de la "France Périphérique"
qui se sentent délaissés,
se détournent des contenus et des formats traditionnels :
plus de JT, de matinale radio, de lecture de longs articles !
L’info se consomme en stories, en shorts, en vertical, en 20 secondes sur les plateformes.
La plupart des médias est déjà engagée dans cette évolution numérique
au delà de leurs offres linéaires.

L’impartialité parfaite n’existera jamais, c’est une utopie.
Mais un paysage médiatique
professionnel responsable, pluraliste, transparent, repérable,
et surtout accessible dans les formats que les publics consomment
de plus en plus…
C'est le chemin largement engagé par les acteurs du marché,
surtout sur leurs applis et sites web.
Le "teasing" sur les Réseaux Sociaux pour
reconquérir un public vers le linéaire
est plus complexe à mettre en oeuvre.

Un bol d'air frais,
c'est que les Français en 2026 attendent manifestement,
même s’ils ne le formulent pas comme l’Arcom.
Thierry Mathieu
e-crossmedia
Le 25 mai 2026.
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