Les crises internationales majeures
provoquent traditionnellement en France
un effet d’audience massif et immédiat
sur les radios et les télévisions,
avec une hausse marquée des médias d’info continue.
Côté TV :
le 28 février, les chaînes info ont atteint 14,7 % de part d’audience cumulée,
un niveau exceptionnel,
avec …

BFMTV : 4,7 % de PdA,
soit plus de 13 millions de téléspectateurs cumulés
et un pic à 836 000 personnes.
LCI : 4,4 %, avec 601 000 téléspectateurs entre 18h et 20h.
CNews : 3,7 %.
Temporairement, la chaîne du groupe Bolloré
ne peut plus revendiquer sa place de leader des chaînes d’info.
Et franceinfo : 1,9 %
bat ses records d’audience depuis sa création
il y a bientôt 10 ans.
Le 1er mars,
la dynamique s’est même renforcée :
le bloc info a atteint 15,1 % de PdA,
avec BFMTV à 5 %
et LCI à 4,7 %,
soit des niveaux deux fois supérieurs à leurs moyennes habituelles.
BFMTV et LCI deviennent les chaînes-refuges,
avec un avantage structurel pour BFMTV en volume et pour LCI sur certaines tranches d’analyse.

Mais …
TF1 reste la chaîne la plus puissante en volume absolu
lors des événements politiques.
Son JT gagne entre 2 et 3 points de part d’audience
depuis le 28 fevrier.

France 2 bénéficie manifestement d’un effet crédibilité / information
renforcé avec une très forte dynamique sur les CSP+ et les 25‑49 ans.
Lors de l’allocution
du Président de la République,
la chaîne a capté presque autant de téléspectateurs que TF1,
confirmant sa montée en puissance sur l’actualité chaude.
M6 subit davantage la concurrence lors des événements graves,
son JT est le plus affecté par les perturbations de grille.
Selon les analystes,
la chaîne reste performante sur ses cibles commerciales
mais ne profite pas du regain d’intérêt pour l’actualité internationale.
Pour mémoire …
Les attentats de 2015 avaient fait bondir les chaînes d’info
de +150 à +300 % en quelques heures.
La guerre en Ukraine en février 2022 avait entraîné une hausse
de +30 à +50 %
de l’audience des JT
et chaînes d’info sur une semaine !
Côté radios,
pas de sondage quotidien,
il faudra attendre la prochaine vague publiée par Médiamétrie
pour connaître les incidences de cette crise sur les audiences.
Toutefois traditionnellement
dans ce type de contexte,
France Inter, France info, RTL, RMC,
et à nouveau Europe 1,
qui restent parmi les plus écoutées en France,
se renforcent.
En situation de crise,
ces stations enregistrent généralement une hausse
de +10 à +25 % de leur audience quotidienne,
une durée d’écoute plus longue (jusqu’à +20 %),
et un basculement vers les tranches d’information
(matinale, journaux, éditions spéciales).
Jusqu’alors,
et malgré l’évolution du mode de consommation des médias,
les Français conservent le réflexe de se tourner vers les médias
perçus comme fiables
et "explicatifs" :
radio et TV offrent des éditions spéciales en continu
et ces crises renforcent donc la confiance dans les institutions médiatiques traditionnelles.
Mais dorénavant,
la force de frappe du digital compte aussi,
à tel point que les sites et applis d’info voient +30 à +80 % de visites supplémentaires !

Contrairement aux idées reçues,
même en cas de crise internationale,
les antennes locales ne sont pas délaissées !
Leurs auditeurs fidèles leur font confiance
pour connaître les conséquences et les implications régionales.
Souvent aussi,
elles reprennent des flashs nationaux,
ce qui augmente leur crédibilité.
Leur maintien,
voire parfois leur gain d’audience,
dépend de leur capacité à contextualiser localement
l’événement international.

Les stations qui investissent
dans la déclinaison de l’évènement planétaire
et son décryptage
gagnent en notoriété durable.
Les radios locales ne captent donc pas l’effet de choc massif des chaînes d’info,
mais elles bénéficient naturellement de leur valeur ajoutée :
dès qu’un événement international a une résonance locale,
leur audience progresse comme celles des généralistes nationales.

A une condition :
que ces stations de radio et de télévision soient capables de produire du contenu local
lié à l’actualité mondiale
brulante …
Plus que "complémentaires"
elles affirment y compris dans les contextes de crise internationale
leur statut de média "essentiel".

Les musicales en revanche,
dont la valeur repose sur l’évasion, la détente et la routine,
souffrent davantage de ces ruptures d’attention.
Ce phénomène s’inscrit dans une tendance structurelle :
les jeunes, cœur des musicales, se tournent davantage vers le streaming,
qui représente désormais 26 % du volume d’écoute audio quotidien en France.
En période de crise,
ce public ne revient pas vers la radio mais choisit les plateformes ou les réseaux sociaux
pour s’informer autrement.
Impossible pour ces stations dont le fond de commerce
est le "feel good"
d’épouser la douloureuse époque,
même quand il s’agit de promouvoir un chanteur
qui s’est engagé dans l'armée britannique
où il a atteint le grade de capitaine.
James Blunt a même participé au combat en ex Yougoslavie ...
Les crises internationales amplifient donc une fragilité déjà existante :
concurrence du streaming,
perte de différenciation éditoriale,
difficulté à capter l’attention dans un environnement anxiogène.
Elles renforcent en parallèle la centralité
des radios et télévisions d’information,
qui cumulent records d’audience,
de durée d’écoute
et dorénavant en plus,
de consommation numérique.
Thierry Mathieu
e-crossmedia
Le 4 mars 2026.
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