
Mardi dernier à Paris,
lors des manifestations de lycéens, une équipe de franceinfo: TV assiste à l’attaque de Black Blocs :
Dès novembre 2018
au moment des 1ères manifs des Gilets jaunes …
Reporters Sans frontières recense en 6 mois,
54 journalistes blessés,
et plus de 120 incidents impliquant les forces de l’ordre :
tirs de LBD, grenades de désencerclement, coups de matraque, destructions de matériel.

Les cas graves s’enchaînent.
24 novembre 2018, Paris : un photographe de Libération est touché au visage par un tir de LBD.
1er décembre 2018, Paris : un journaliste du Parisien blessé par une grenade.
8 décembre 2018, Bordeaux : un JRI de France 3 atteint à la jambe par un projectile.
12 janvier 2019, Rouen : deux journalistes de LCI agressés par des manifestants ; leur vigile est roué de coups et hospitalisé.
9 février 2019, Paris : un photographe de l’AFP blessé par un tir de LBD.
15 juin 2020, Dijon : une équipe de France 3 attaquée dans le quartier des Grésilles, véhicule caillassé, JRI blessé.
Et 27 février 2021, Reims : le photographe Christian Lantenois, du journal L’Union est secouru de justesse.
Comme le raconte M6 :
En 2023, le journaliste d’une équipe de CNews,
sécurisée par 2 agents de sécurité lors d'une manifestation,
raconte chez Cyril Hanouna leur agression par des Black Blocs ...
Pourquoi les Black Blocs
apparus massivement au printemps 2016
lors du mouvement de contestation de la loi Travail,
attaquent aussi les reporters ?
Selon plusieurs études
la caméra n’est pas pour eux un témoin :
c’est une menace.
Leur tactique repose sur l’anonymat total :
silhouettes uniformes, masques, absence de signes distinctifs :
toute captation d’image devient un risque d’identification.
Une équipe de BFM a réussi à s’infiltrer parmi les Black Blocs
il y a 3 ans :
Les journalistes sont perçus comme des auxiliaires involontaires de la police,
des capteurs qui peuvent documenter un visage,
un geste,
un déplacement.
Neutraliser un journaliste,
c’est neutraliser un danger.
Parce que la confusion est une arme :
un reporter équipé, casque, gilet, caméra, peut être assimilé à un policier en civil,
un agent de renseignement,
un intrus.
Et parce que les agressions de 2018–2021
ont créé un précédent :
la violence contre les journalistes s’est banalisée.
Jusqu'à ses derniers jours comme le montre RSF:
Les rédactions françaises,
à commencer par celles des télévisions,
ont décidé d’institutionnaliser la protection privée des reporters,
une première dans une démocratie occidentale.
BFMTV diffuse une procédure interne de protection dès 2019 ,
LCI renforce ses consignes,
Franceinfo TV adopte un protocole similaire.
En 2019, l’ensemble de France Télévisions formalise un document interne de sécurité :
casque obligatoire, lunettes, masques, et accompagnement par agent de sécurité sur les actes violents.
Un protocole est signé, intégré dans les formations internes.
Lors des émeutes urbaines de 2023,
les groupes TF1 et M6 imposent à leur tour : binômes journaliste/JRI,
gilets haute visibilité,
et vigiles obligatoires pour les tournages de nuit ou en zones sensibles.
Ces derniers jours lors des manifestations licéennes,
des journalistes d'LCI ont tout de même été pris pour cible
comme le dénonce à l'antenne Ruth Elkrief :
La presse écrite a évidement pris aussi des mesures :
Le Parisien, Libération, L’Union, Sud Ouest adoptent des chartes internes après les agressions de leurs reporters:
casques, lunettes, consignes de retrait, et recours possible à la sécurité privée.
Du côté des radios …
Les reporters de France Inter, France Info, RTL, Europe 1, France Bleu devenue depuis ICI, RMC travaillent désormais avec des consignes écrites :
casque souple, lunettes, masques, et vigiles pour les directs en cortège infiltré.

Les directions de l’information ont validé ces protocoles,
parfois avec les syndicats SNJ, CFDT, FO
qui intègrent le droit au retrait
et l’obligation de fournir les équipements de protection.
Tout cela s’appuie sur une obligation légale :
le Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé et la sécurité des salariés.
Depuis 2018, les médias ont dû formaliser cette obligation dans des documents internes.
Certains jeunes gens
sur les réseaux sociaux
publient leur indignation à propos de ces agressions
dont sont victimes les pros de l'info,
comme ici l’interview de Laurence Ferrari ,
figure de CNews-Europe1 :
En huit ans,
la rue française est parfois devenue un terrain
où les journalistes ne couvrent plus seulement la violence…
ils doivent aussi s’en protéger,
pour pouvoir la raconter.
Thierry Mathieu
e-crossmedia
16 octobre 2026.
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