Alors que les rédactions du monde entier
sont mobilisées
sur le Moyen Orient
depuis 7 h 30 ,
les influenceurs considérés comme de nouveaux
"leaders d'opinion"
entendent eux aussi
"jouer un rôle".
Ils ciblent leur clientèle habituelle,
les jeunes gens qui les considèrent souvent
comme des sources d’information ...

Exemple concret:
À 07h42 heure du Golfe,
plusieurs habitants entendent un bruit sourd.
Aucun communiqué officiel n’est encore publié.
Le vide informationnel dure environ 10 minutes.
L’influenceur publie sur ses réseaux...
Il a 24 ans, basé à Dubaï, revendique 1,2 million d’abonnés sur Snapchat et Instagram.
Ses contenus habituels :
la mode, les voitures, les sorties nocturnes.
07h49 : il filme depuis son balcon une lumière dans le ciel.
La vidéo est floue, tremblante.
07 h 52 : il ajoute à sa publi un habillage de l’image,
pseudo‑professionnel :
Un bandeau rouge “BREAKING NEWS”,
un logo inventé :
“Gulf Crisis Media”.
It affirme en voix off :
“Interception confirmée au-dessus de Dubaï.
Selon mes sources, un missile iranien a été neutralisé.”

Bien avant cette captation authentifiée,
la sienne,
qui colporte une "fakenews"
atteint 300 000 vues
en 20 minutes !
Et pourtant à 08h21,
les autorités publient un communiqué :
aucune interception, aucune menace, aucun missile dans la zone,
le bruit provenait d’un avion militaire en exercice !

Ce type d’influenceur revendique souvent leurs publis
comme des "Captations immédiates",
à savoir des vidéos du ciel de Dubaï, de Doha ou de Manama,
avec du bruit sourd au loin,
des zooms sur des lumières !
Se prenant pour des journalistes,
alors qu’ils ne sont que de lointains témoins
armés d’aucune forme de déontologie,
ils n’hésitent pas à publier :
“On vient d’entendre une explosion”,
“Les systèmes anti‑missiles sont activés”,
“Restez chez vous”.

Chacun entend être le premier à “annoncer” quelque chose,
“Dernière minute”, “confirmé”, “selon mes informations”,
voilà les éléments de langages qui pullulent sur leurs comptes.

Pour les observateurs des médias,
3 "catégories" de ces influenceurs peuvent être distinguées :
Les “news‑hunters”, qui imitent les journalistes,
les « patriotiques », qui relaient la ligne officielle à laquelle ils entendent adhérer,
et les « lifestyle », qui documentent leur peur plus que l’événement.

Dans les pays du Golfe,
les influenceurs ont un statut quasi‑médiatique,
parfois même encouragé par les autorités.
Les médias traditionnels sont souvent perçus comme prudents
ou à la solde des pouvoirs
mais surtout lents,
alors que les plateformes comme Snapchat, Instagram, ou TikTok
sont massivement utilisées pour l’info en temps réel.
Sans aucune forme de déontologie,
la surenchère émotionnelle est devenue la règle !

D'autres exemples
depuis ce matin ?
Un influenceur qatari très suivi a publié une carte de trajectoire de missiles
en prétendant avoir
“des sources militaires”,
alors que la carte venait d’un compte Telegram anonyme.
À Dubaï,
plusieurs comptes lifestyle ont filmé des sirènes d’alerte
et parlé de “frappes imminentes”,
alors que les autorités appelaient au calme.
Un influenceur saoudien pro‑gouvernemental
a relayé un communiqué militaire
avant même qu’il soit repris par les médias locaux,
donnant l’impression d’être un canal officiel.
Sur Snapchat,
des influenceurs koweïtiens ont diffusé des vidéos non vérifiées de prétendues interceptions,
qui se sont révélées être des images d’archives.

Panique,
patriotisme,
opportunisme médiatique,
voire commercial ?
Et dire que sur place comme chez nous,
ces influenceurs sont dorénavant considérés par une part importante des publics,
comme des sources d’information …
Thierry Mathieu,
e-crossmedia
Le 28 février 2026.
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