Déclarer sa candidature n’est plus seulement un acte politique,
c’est un choix de décor,
de média,
de récit…
Témoin :
Gabriel Attal,
ce midi,
dans un village de l’Aveyron.

Une place centrale,
quelques dizaines d’habitants,
des façades en pierre,
un soleil de midi.
Juste un micro sur pied,
une petite estrade qui se veut improvisée,
et un ancien Premier ministre de 37 ans
qui annonce sa candidature à la présidentielle
comme on annoncerait une fête de village.
Attal veut incarner la proximité, la simplicité, la rupture avec les codes parisiens.
Il veut montrer qu’il n’est pas “le candidat des plateaux”,
mais celui qui parle “au pays réel”,
comprenez
la "France périphérique".
Mais attention ...
Si la séquence se veut dépouillée dans la forme,
elle ne l’est pas dans la diffusion.
Car pendant que les habitants du village l’écoutent,
les 4 chaînes d’info continue “accrochent” le signal,
les caméras cadrent serré,
les réseaux sociaux diffusent en streaming vertical,
les extraits sont découpés en temps réel
et les citations circulent avant même la fin du discours !

Gabriel Attal n’a jamais caché son intérêt pour les nouveaux formats.
Lorsqu’il était porte‑parole du gouvernement,
puis ministre,
puis Premier ministre,
il a multiplié les interventions sur les réseaux sociaux,
les formats courts,
les vidéos explicatives.
Dans Le Monde en 2023,
il explique :
"Les Français ne s’informent plus de la même manière.
Il faut parler partout, et surtout là où ils sont."
Sur France 2, en 2024, il assume :
"On ne peut plus se contenter des formats traditionnels.
Il faut aller sur les réseaux, expliquer, montrer."
Dans Le Parisien :
"Les réseaux sociaux ne sont pas un supplément.
Ils sont une partie du débat public.

Attal a été l’un des premiers responsables politiques français
à utiliser TikTok
de manière régulière
pour expliquer des mesures gouvernementales.
Il a aussi été l’un des premiers
à faire des formats “face caméra” très courts,
inspirés des codes de Brut
ou Konbini.

Jean‑Luc Mélenchon lui aussi choisit le web.
Depuis plusieurs années,
il revendique même une stratégie anti‑médias traditionnels,
assumée,
répétée,
documentée,
il ne cherche pas à être repris.
Il cherche à produire lui‑même ses formats, ses narrations, ses audiences.
Ce matin là,
il organise une conférence de presse,
seulement pour les "nouveaux médias" :
Dans Le Parisien en 2022 :
"Les médias traditionnels ne sont plus le centre de gravité.
Nous parlons directement au peuple."
Sur France Inter :
" Je n’ai pas besoin des chaînes d’info pour faire campagne.
Je fais mes propres émissions."
Dans L’Humanité :
"Notre force, c’est le numérique.
Nous n’avons pas à quémander du temps d’antenne."
Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube
il y a 3 ans :
"Je préfère parler une heure à 300 000 personnes en direct
plutôt que dix minutes sur un plateau où l’on m’interrompt.
Et sur X (ex‑Twitter),
il écrit :
"Les réseaux sociaux sont le nouvel espace public."

Une déclaration n’est plus un discours.
C’est un écosystème médiatique,
un lieu,
un format,
une diffusion,
une stratégie de découpe
et de viralité.
Même si la problématique demeure la même :
faire décoller la campagne !
Pas mieux que l’éternel "fils de pub",
du haut de ses 92 printemps,
pour évoquer la force tranquille
qu’il est essentiel de mettre en œuvre.
Ayant porté à l’Elysée François Mitterrand,
il travaille en 85 pour Citroën
et la Visa GTI
qu’il faut faire s’envoler d’un porte avion pour une pub,
comme il le raconte à Alec Henri sur YouTube …
La morale de l’histoire est sans doute qu’il faut,
au-delà des médias tradis
ou nouveaux,
toujours prévoir,
aussi,
la présence de sous-marins …
Thierry Mathieu
e-crossmedia
Le 22 mai 2026.
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