Missions immergées
sous l'iceberg glaçant du Rapport Alloncle :
2 dossiers essentiels de l'audiovisuel public
dont l'évolution est pourtant attendue par la tutelle
depuis des années
mais n'a été qu'assez peu prise en compte par RF et FTV.

Version audio :
Si les entreprises publiques
avaient réellement priorisé l’information continue
et l’action régionale,
le rapport Alloncle serait aujourd’hui
un document en large partie affaibli.
Depuis des années pourtant,
la tutelle attend 2 évolutions très précises :
rapprocher franceinfo TV et franceinfo radio,
et rapprocher France 3 et le réseau ICI pour l’action régionale.
Mais les entreprises
Radio France
comme France Téléfvision
ont temporisé,
contourné,
attendu “le bon moment”,
évité les conflits
et pendant ce temps, ces dossiers stratégiques ont vivoté.

Si le rapprochement
franceinfo TV / franceinfo radio
avait été mené
avec une rédaction unifiée,
une ligne éditoriale commune cohérente,
des moyens mutualisés,
une marque puissante en radio mais balbutiante en télévision consolidée.

Cela aurait insitiué un modèle de service public
sur l’info continue
conquérant face à la bataille entre CNews, BFM et Lci .

A propos de l’action régionale…
Si France 3 et le réseau ICI
avaient été rapprochés en s’appuyant sur leur maillage territorial unique,
leur force éditoriale incomparable,
leur exposition nationale
du local …
Le rôle pilier en matière de proximité et démocratie,
qu’aucun acteur du privé ne peut économiquement challenger,
aurait été consolidé.

Mais il s’est agi avant tout
de ne pas bousculer les mammouths.
De ne pas ouvrir de fronts sociaux, déclencher de grèves,
continuer à acheter la paix sociale
face à des organisations syndicales souvent conservatrices,
très structurées,
et très efficaces
pour bloquer ce qu’elles considèrent comme des risques.

Un secteur a évolué :
le digital
C’est l’ironie de l’histoire.
Là où les structures traditionnelles ont résisté,
le numérique, lui, a avancé.
Parce qu’il a été confié à de nouveaux métiers,
à de nouveaux profils,
à de jeunes collaborateurs qui savent épouser l’air du temps.

Des équipes qui travaillent en mode agile,
testent, innovent,
et n’ont pas peur de casser les codes.
À la différence,
et je le dis avec respect,
de nombreux professionnels issus des anciens métiers de la radio et de la télévision,
pour qui chaque évolution ressemble parfois à une menace
plus qu’à une opportunité.
Le digital, lui, a avancé
parce qu’il n’avait pas à négocier avec l’histoire,
à composer avec des structures lourdes.
Il n’avait pas à gérer des équilibres internes vieux de trente ans.
Et c’est ce qui explique son succès.

L’info continue coûte trop cher,
comme l’action régionale.
C’est précisément pour cela
que la tutelle demandait ces rapprochements
et que leur absence affaiblit aujourd’hui le service public.
C’est là,
en partie,
que le rapport Alloncle trouve sa force.
Alors que si la révolution en interne avait été opérée,
il ne serait qu’un document technique,
un rapport de plus,
sans prise politique.
Mais ce n’est pas le cas,
et à l’approche de la présidentielle,
cela change tout. Pendant dix ans,
les priorités stratégiques n’ont pas été gérées comme telles,
et les attentes de la tutelle n’ont pas été honorées.

Le rapport Alloncle n’est pas fort par lui-même.
Il est fort parce que les entreprises ont laissé un vide.
Et la politique,
comme la nature,
n’aime pas le vide.

Par ailleurs ...
Charles Alloncle,
le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public
serait visé par une plainte pour "prise illégale d’intérêts".

Thierry Mathieu
e-crossmedia
le 04 mai 2026.
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