Fermeture des 9 locales de BFM ! Une fois encore la proximité est la variable d'ajustement budgétaire : un mal français, privé comme public !

 

La nouvelle du jour tombe comme un symbole,

presque comme une caricature :

CMA CGM ferme ou met en vente les neuf locales de BFM !

 

Sorry its not set :(

 

Neuf antennes.

Neuf rédactions.

Neuf territoires.

Neuf promesses de proximité…

balayées d’un trait de plume comptable.

C’est une démonstration par l’absurde,

une preuve éclatante de ce paradoxe français :

les citoyens réclament plus de proximité,

mais les décisions économiques, publiques comme privées, s’acharnent à l’affaiblir.

 

 

Privé ou public :

même logique, même réflexe, même absurdité …

Les entreprises privées parlent de “territoires”,

les institutions publiques parlent de “maillage”,

mais dès qu’il faut serrer les boulons,

on coupe dans "le local".

 

 

Sorry its not set :(

 

Lagardère a fermé des locales d’Europe 2,

et RFM comme on ferme des agences bancaires.

NRJ, Chérie, Nostalgie, Fun Radio, RTL2

ont aussi largement réduit leurs voilures en région.

 

 

M6 a liquidé ses décrochages locaux dès les années 2000.

Cap 24, IDF1, Téléssonne, TLM, ViàGrandParis, TV Sud, ViàOccitanie

ont été décimées…

Et aujourd’hui,

BFM Régions se replie après avoir promis la lune aux territoires.

 

Dans le public, la logique est identique.

Elle est simplement enveloppée

dans un vocabulaire plus poli.

On maintient les réseaux locaux,

mais au mieux à moyens constants,

c’est‑à‑dire à moyens en réalité décroissants.

On exige plus de missions,

plus de numérique,

plus de présence avec des équipes qui fondent et des budgets qui stagnent.

 

Sorry its not set :(

 

A Radio France

ICI affiche de nouvelles ambitions et un recentrage éditorial sur son ADN,

mais le réseau a été fragilisé.

En plus de certains choix stratégiques qui ont couté cher,

des années de coupes budgétaires ont laissé des cicatrices :

effectifs réduits, mutualisations multipliées, tranches locales rabotées.

Résultat :

même si le numérique est un beau succès,

l'érosion d’audience sur l'offre purement radiophonique n’a rien d’un mystère.

On a désarmé la proximité…

Et on s’étonne qu’elle ait perdu du terrain !

 

Sorry its not set :(

 

France 3 Régions :

un réseau maintenu,

mais sous perfusion.

La chaîne tient encore debout et se maintient au sondage,

mais les rédactions disent qu’elles sont à l’os.

Pour les partenaires sociaux,

les budgets sont trop serrés.

Alors que les effectifs semblent généreux :

n'y aurait-il pas une question d'actualisation des pratiques,

voire de management ?

 

 

En septembre

France Télévisions va cesser sa contribution à la co‑diffusion sur la 3 des matinales ICI.

Une offre déjà fragile en audience…

 

Sorry its not set :(

 

Autre facteur ...

On coupe dans les équipes locales

mais on leur demande

en plus des productions pour leurs antennes originelles :

plus de vidéos verticales, plus de formats courts,

parfois plus de TikTok, Instagram, YouTube, Facebook, X,

plus de contenus web,

plus de présence numérique,

plus de réactivité.

Le tout avec moins d’effectifs,

moins de temps, plus de concurrence  aussi algorithmique.

 

Sorry its not set :(

 

Quand son existence même n’est pas remise en cause,

comme les 9 antennes de BFM sacrifiées en région,

le local doit donc faire ce que le national fait…

mais avec beaucoup moins de ressources.

Et avec la même injonction :

retenir des publics qui ont déjà migré ailleurs.

 

Pourquoi un pays où les citoyens réclament plus de proximité

organise‑t‑il méthodiquement son affaiblissement ?

Trois raisons,

vues depuis les régions :

Parce que la France reste un pays de centre de décision,

pas de centres de vie.

Les arbitrages se font à Paris,

dans les ministères,

les sièges sociaux,

pas dans les territoires.

 

Sorry its not set :(

 

Parce que la proximité n’a pas de “ROI”, c’est-à-dire de "Return On Investment" immédiat.

Elle rapporte en confiance, en cohésion, en stabilité,

mais pas en marge opérationnelle trimestrielle.

Parce que malgré les belles intentions de "décentralisation"

la France n’a jamais pensé son organisation territoriale comme un investissement.

Elle la pense comme un coût,

et un coût, ça se coupe.

 

Sorry its not set :(

 

En sacrifiant la proximité,

la France se prive de ce qui lui permet de comprendre ses propres crises,

de ce qui fait tenir un pays :

le terrain, le lien, le réel.

Et pendant que les plateformes mondialisées prospèrent,

pendant que les audiences se fragmentent,

pendant que les territoires se sentent oubliés,

Paris continue de couper

là où il devrait investir.

 

Sorry its not set :(

 

La proximité n’est pas un luxe.

C’est une infrastructure démocratique.

Et depuis les régions, on voit très bien qu’elle s’effrite...

 

Les 9 stations locales de BFM appelées à disparaitres sont : 

BFM Lyon, BFM Marseille Provence, BFM Toulon Var, BFM Nice Côte d’Azur, BFM Grand Lille, BFM Grand Littoral, BFM Alsace, BFM Normandie, BFM Dici Alpes‑du‑Sud et Haute‑Provence.

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia

Le 24 juin 2026.

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