Fin de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public : la tragi-comédie politico-médiatique aura-t-elle quelque conséquence ?

 

Trois mois d’auditions,

souvent heurtées,

parfois utiles,

qui ont mis en lumière un paysage institutionnel sous tension !

 

Sorry its not set :(

 

Tout commence avec une vidéo volée :

deux journalistes de Radio France et France Télévisions

qui discutent dans un café parisien

avec des députés du PS…

Le parti Ciottiste crie au complot médiatique.

 

Sorry its not set :(

 

Résultat :

une commission censée examiner la neutralité du service public.

Sur le papier dans le fond,

c’est sérieux.

Dans les faits et la forme,

cela devient un ring.

Dès les premières auditions,

le ton est donné.

Et au fil des semaines,

le rapporteur Charles Alloncle député UDR de l'Hérault

multilplie à chaque séance les questions à charge.

 

 

Même si elle n'a pas de pouvoir sur la commission,

par principe indépendante,

la présidente de l’Assemblée doit le rappeler à l’ordre,

comme elle l’explique

sur France Inter.

 

 

Le président de la commission suspend même les travaux

durant un mois

pour “retrouver un cadre digne”,

sans réel résultat positif

jusqu’à ce jour.

Il ne cache pas la différence de méthode

qu’il regrette entre lui

et le rapporteur,

comme sur RTL.

 

 

Ces mois de foire d’empoigne

ont fourni des moments "culte".

Pour Xavier Niel, excédé, la commission ressemble à un “cirque”.

 

 

Delphine Ernotte parle d’un “prisme de l’anecdote”

et d’un travail “biaisé”.

"Je n'ai jamais subi de pression politique", affirme-t-elle par exemple

devant les députés de la commission d'enquête.

 

 

Patrick Cohen lui,

dénonce des “méthodes de barbouzes”

et une opération de propagande.

Comme il le dit sur RMC :

 

 

67 auditions,

234 personnes entendues,

et une impression persistante

que chacun joue dans un film différent.

Les uns cherchent des preuves de partialité,

les autres tentent d’expliquer comment fonctionne réellement une rédaction.

Résultat :

un dialogue de sourds,

retransmis en direct sur les réseaux,

où chaque clash ou prise de parole d’une personnalité

devient un clip.

 

 

Europe 1 qui se dit désormais média "d'Opinion" 

apporte son soutien implicite au rapporteur,

et à Sarah Knafo proche d'Eric Zemmour

qui souhaite privatiser le service de l'audiovisuel public :

 

 

Alors, qu’a‑t‑on appris au fond ?

Oui, il existe des zones grises :

les cumuls d’activité de certaines figures,

les contrats de production à clarifier,

la gouvernance des entreprises.

le mode de nomination des dirigeants,

la place de l’exécutif,

le rôle des conseils d’administration,

la capacité stratégique des entreprises publiques…

Il est indispensable de définir clairement ce que la Nation attend de son audiovisuel public :

information, culture, cohésion, innovation numérique.

Ces priorités doivent être explicites, assumées et accompagnées de moyens adaptés.

 

Sorry its not set :(

 

L’État doit fixer le cap,

pas tenir la barre.

Il est légitime qu’il définisse les missions

comme par exemple les rapprochements de Radio France et de France Télévisions

sur l’info continue et l’action régionale,

qu'il garantisse l’indépendance et contrôle l’usage des fonds.

Mais sans devenir opérateur.

Dans ce cas, il fragilise la confiance,

nourrit le soupçon

et brouille la frontière entre information et pouvoir.

 

Sorry its not set :(

 

Le démantèlement de l’ORTF

il y a 50 ans

visait précisément à séparer l’État opérateur

de l’État garant.

Le 3 juillet 1974,

Jacques Chirac alors Premier ministre,

annonçait la suppression de l'office ( Archive INA ).

 

 

Reste une question institutionnelle majeure :

que se passerait‑il si le rapport final ne paraissait pas ?

Cela signifierait que les membres de la commission

jugent le rapport trop déséquilibré pour être publié.

en attendant ...

Pépite sortie du placard aux archives de Canal +,

ce sketch des Guignols de l’info qui, il y a 30 ans déjà,

se posaient de questions sur l’audiovisuel public …

 

 

La commission s’achève

ce 8 avril 2026.

Le débat, lui, commence à peine.

L’enjeu n’est plus de commenter les tensions,

mais de construire une trajectoire claire

pour un audiovisuel public moderne,

indépendant

et pleinement aligné avec les attentes démocratiques du pays.

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia

le 8 avril 2026

 

 

Logo d'e-crossmedia Pour découvrir nos autres actualités cliquez ici !