
C'était pas mieux avant !!!
France Musique,
c’est une radio à part…
Une chaîne dont les fidèles ne se contentent pas d’écouter …
Ils apprécient la respiration d’un soliste, la profondeur d’un chœur, la couleur d’un orchestre.
Pour eux, la qualité sonore n’est pas un détail, c’est une promesse.
Et c’est précisément ce que le DAB+ vient renforcer :
un signal stable, sans souffle, sans distorsion, avec des métadonnées enrichies.
Sur le papier, tout est là pour séduire ce public exigeant.
France Musique perd ce mercredi environ 300 émetteurs,
notamment dans les zones rurales et périurbaines,
au profit pour beaucoup de France Info.

Face à cette mutation,
sa rivale Radio Classique,
fait un choix très différent.

En plus évidemment aussi du streaming, la station privée conserve 100 émetteurs FM couvrant près de 85 à 90 % du territoire, et son réseau DAB +.
Elle n’abandonne aucune fréquence.
Elle reste accessible partout où la FM demeure le mode d’écoute dominant.
Elle continue à jouer sur tous les instruments de diffusion comme le montre cette pub de 2017 :
Dans les zones où France Musique disparaît,
elle devient mécaniquement la seule radio classique disponible partout en FM.
D'autres offres sur ce segment tentent leur chance...

Depuis Paris, en streaming et DAB + en Ile de France,
"La grande musique ".

Et depuis Strasbourg Accent 4 :
elle fait rayonner la musique classique
"Vue d'Alsace",
en valorisant ses artistes régionaux.
Disponible en streaming,
en FM, et aussi jusqu'à maintenant en DAB .
Mais elle va devoir stopper la diffusion en numérique,
pour des raisons budgétaires ...
Selon la dernière étude Médiamétrie
la radio rassemble chaque jour
37,6 millions d’auditeurs en France métropolitaine.

Dans cet ensemble massif,
France Musique
et Radio Classique
représentent une niche très spécifique :
France Musique : environ 1 million d’auditeurs quotidiens,
Radio Classique : entre 900 000 et 1,1 million selon les vagues.
Total cumulé : environ 1,9 à 2,1 millions d’auditeurs par jour,
soit à peine 5 % du total des auditeurs radio en France.
Médiamétrie montre
une sur‑représentation des CSP+
parmi les auditeurs de France Musique et de Radio Classique :
Un public plus diplômé,
plus équipé,
plus sensible à la qualité sonore.
Ce sont des auditeurs qui possèdent déjà des chaînes hi‑fi,
des autoradios récents,
des enceintes connectées,
des systèmes "audio" haut de gamme...
un public plus enclin que la moyenne à acheter un récepteur DAB+ si cela améliore leur exigeante expérience d’écoute.

À l’inverse, la plupart des autres radios françaises,
musicales ou généralistes,
s’appuient sur un public qui écoute désormais surtout
via smartphone,
et qui ne perçoit pas l’intérêt d’investir dans un nouvel appareil …
Comme le montre cet échange sur YouTube
entre un audiophile et une jeune consommatrice de musique
surtout via les RS :
Pour elle, le streaming suffit.
Pour les afficionados de France Musique,
l'excellence du son est un véritable levier éditorial.
Toutefois ... En Suisse
la radio publique SRG SSR a perdu 17 % de son audience quotidienne après extinction FM,
avant stabilisation, et réouverture de certaines fréquences en modulation de fréquence dès cet automne pour limiter la casse.
La communication pour inciter les auditeurs à s’équiper en récepteur numérique
a pourtant été forte depuis des années,
comme le montre ce reportage de la RTS :
En Norvège : baisse plus forte lors de l’arrêt FM national en 2017, puis remontée progressive.
En Belgique, le DAB+ couvre 95 % du pays, mais la FM reste présente pour éviter les pertes.
En Allemagne : coexistence FM/DAB+, mais près de la moitié des usagers reste fidèle à l’hertzien. Plus de 28 millions de récepteurs numériques ont déjà été vendus.
Au Royaume‑Uni : FM/AM représente toujours 24% de l’écoute bien que plus de 55 millions de récepteurs DAB aient été vendus.
La France, elle, a avancé plus lentement.
Jusqu’à 2015 NRJ, RTL, Europe 1, RMC ont considérées que le DAB+ ne leur apportait pas de nouveaux auditeurs, coûtait cher,
risquait de fragmenter l’audience et ouvrait la porte à de nouveaux concurrents.
Ils ont donc refusé d’investir, ce qui a bloqué le marché.
Radio France disait :
"Le DAB+ est intéressant, mais la FM fonctionne très bien chez moi,
je pourrais y aller… mais pas seul".
La couverture DAB+ dépasse désormais 60 % de la population,
mais le parc de récepteurs reste limité, hors automobile neuve.
Et surtout,
aucune donnée d’audience publique ne distingue encore clairement
l’écoute FM, DAB+ ou IP !

Partout en Europe le service public a un rôle moteur dans le passage au DAB+.
Le secteur privé, plus préoccupé par le court terme, reste plus conservateur.
Radio France fait donc preuve de courage : vu son modèle économique elle peut le faire.
Mais la véritable question est ailleurs :
la majorité du public
privilégie désormais la simplicité du streaming mobile,
quitte à accepter une bien moindre qualité sonore
entre les oreilles ...
Thierry Mathieu
e-crossmedia
le 21 juillet 2026.
Pour découvrir nos autres actualités cliquez ici !
Ce site utilise uniquement des cookies nécéssaires a son bon fonctionnement 💪 !