Il y a des annonces qui ressemblent à des canulars !
Et puis il y a celles du Gorafi.
Le site satirique, né sur Internet, s’apprête à sortir…
en version papier.

Oui,
du vrai papier !
Celui qu’on plie,
qu’on froisse,
qu’on oublie dans le train.
Et là, on se dit :
"Très drôle, les gars et les filles, c’est quoi la chute ?"
Mais cette fois, la chute…
c’est un business plan.
Parce que le Gorafi,
avant d’être une blague nationale,
c’est une success story
très sérieuse.
Créé en 2012, au moment où la campagne présidentielle virait déjà à la caricature,
le site s’inspire ouvertement du Onion américain créé en 1988.

Deux journalistes,
Sébastien Liebus et Pablo Mira,
bricolent un faux site d’info pour se moquer des vrais.
Le duo popularise alors le site grâce à leurs chroniques au Grand Journal
sur Canal +.
Et ça marche !
Très vite,
les titres deviennent viraux,
les captures d’écran circulent,
certains se font piéger,
parfois même des élus !
Le Gorafi devient un miroir déformant de l’actualité…
et parfois, un miroir tout court.

Le Gorafi
c’est le nom détourné du Figaro,
le quotidien conservateur fondé en 1826.

Ses créateurs cherchent un nom qui sonne comme un vrai journal,
mais qui soit suffisamment tordu pour signaler la parodie.
Ils jouent avec les lettres,
tombent sur “Gorafi”,
et là…
illumination !
C’est crédible, absurde, presque élégant.
Et surtout : c’est un clin d’œil transparent pour qui veut le voir.
Le Gorafi, c’est donc Le Figaro passé au shaker,
un hommage moqueur à la presse traditionnelle,
et une manière de dire dès le titre :
"On va vous parler comme un journal…
mais on va tout déformer."

Mais derrière l’humour,
il y a un modèle.
Le site attire une audience jeune,
connectée,
difficile à toucher par la presse traditionnelle.
Il se décline en livres, en chroniques télé, en produits dérivés.
Bref : le Gorafi, c’est de la satire…
mais c’est aussi une marque.

Alors pourquoi le papier ?
Parce que, paradoxalement, dans un marché où tout s’effondre,
la satire, elle, tient debout.
La presse française a perdu 40 % de sa diffusion papier en dix ans.
Les recettes pub ont chuté de plus de 60 % depuis les années 2000.
Et chaque année, 200 à 300 kiosques disparaissent.
Le papier, aujourd’hui,
c’est un champ de ruines.

Sauf pour la satire.
Le Canard enchaîné né en 1915 vend encore plus de 300 000 exemplaires par semaine.
Charlie Hebdo tourne autour de 50 000 à 60 000.

Siné Mensuel survit grâce à un lectorat fidèle,
prêt à payer pour un ton introuvable ailleurs.

Parce que la satire,
c’est l’un des rares segments où le lecteur paie pour la plume,
pas pour l’info brute.
Et c’est là que le Gorafi a flairé l’opportunité.
Sur le web, l’humour est gratuit,
copié, remixé, pillé.
En print, il devient un objet culturel.
Un truc qu’on achète,
qu’on garde,
qu’on offre.
Un truc qui a une valeur symbolique,
mais aussi économique.
Le Gorafi en papier,
ce n’est donc pas un caprice nostalgique.

C’est un positionnement.
Un moyen de sortir du flux numérique,
de créer un produit premium,
de monétiser autrement
qu’avec des clics.
Et surtout,
de rejoindre la grande tradition française de la presse satirique,
celle qui a toujours préféré le trait d’esprit au fil d’actualité.
Alors oui,
c’est paradoxal !
Un média né du numérique qui se met au papier,
c’est comme si Uber lançait une calèche.
Mais dans un pays où l’actualité ressemble de plus en plus à une parodie…
il fallait bien que la parodie finisse par devenir un journal.
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Thierry Mathieu
e-crossmedia
le 26 mars 2026.
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