Version audio :
Depuis dix jours,
l’actualité française tourne autour d’un seul axe, un seul mot,
un seul horizon :
l’Iran.
La guerre, les frappes, les réactions diplomatiques,
les cartes, les experts…
Et cette impression, familière désormais, que tout le reste disparaît !

Mais il semble que déjà, une question se pose,
pour ne pas dire s’impose :
sommes‑nous déjà en train de basculer dans une nouvelle fatigue informationnelle ?

Les premiers jours,
l’audience a explosé.
Les chaînes info ont bondi, les JT ont repris des couleurs,
les sites d’actualité ont saturé.
C’est le réflexe classique :
quand le monde tremble, on se tourne vers les médias.
On veut comprendre, vérifier,
se rassurer.
Mais très vite, un autre mouvement apparaît.
Un mouvement plus silencieux, plus diffus : la lassitude.
C’est dû à la répétition des mêmes images,
aux bandeaux “URGENT”
qui ne le sont plus vraiment
aux notifications qui font vibrer à chaque instant nos smartphones,
jusqu’à ne plus devenir du bruit.
Avec ce sentiment, partagé par beaucoup, qui s’installe :
on tourne en rond,
on regarde la même boucle,
on attend les dernières inepties d’un Président de superpuissance
qui encore et encore alterne entre le blanc et le noir
d’une demi-heure à une autre .

C’est ça, la fatigue informationnelle :
ce n’est pas de l’indifférence,
pas non plus du désintérêt,
mais de l’épuisement.
Alors que pendant ce temps,
un autre sujet tente d’exister,
une actualité qui, en temps normal, occuperait les matinales, les débats, les JT :
les municipales dont le 1er tour aura lieu dimanche prochain.

Aujourd’hui, elles sont globalement invisibles,
effacées pour ne pas dire écrasées.
Des interviews sont annulées,
des débats repoussés,
les candidats sont relégués aux pages intérieures,
ou bien à la fin des journaux de radio et de télévision,
quand c’est possible.
La campagne se joue dans les marges :
l’audiovisuel -surtout public-
et la presse quotidienne régionale,
bataillent pour honorer leur promesse
et rivaliser contre les réseaux sociaux, avec leur lot d’intox partisane
et de fake news.

Ce contexte particulier n’est pas qu’une difficulté pour les médias,
c’est un problème démocratique :
moins de visibilité,
c’est moins de débat.
Moins de débat,
c’est moins de mobilisation.
Et moins de mobilisation,
c’est une élection qui se joue dans l’indifférence.

Les rédactions sont face à un dilemme :
continuer à couvrir la crise internationale majeure, évidemment…
mais sans sacrifier tout le reste, et renoncer à l’équilibre.
Sans oublier que la vie démocratique continue, même quand le monde s’embrase.
L’enjeu, maintenant, c’est de réintroduire de la respiration,
de la hiérarchie,
du pluralisme …
de sortir de la boucle !

Redonner de la place
aux enjeux locaux,
aux débats de fond,
aux questions qui touchent le quotidien,
parce qu’une démocratie ne peut pas vivre au rythme d’une seule actualité
même quand elle est brûlante
et qu’elle semble tout absorber.
La guerre en Iran écrase tout,
mais elle ne doit pas nous écraser,
nous
et nos médias !
Thierry Mathieu
e-crossmedia
le 11 mars 2026.
Pour découvrir nos autres actualités cliquez ici !
Ce site utilise uniquement des cookies nécéssaires a son bon fonctionnement 💪 !