Le paradoxe français :
dénoncer les réseaux sociaux tout en abandonnant les jeunes !
Depuis 2025,
Emmanuel Macron répète que les réseaux sociaux abîment nos démocraties.
Il a même proposé d’en interdire l’accès aux moins de 15 ans,
avant que le Conseil constitutionnel ne censure la mesure en août 2026.
Le Chef de l’état l’a réaffirmé ce lundi à Marseille :
La France s’inquiète donc de l’emprise numérique sur les adolescents…
mais elle a simultanément abandonné les médias publics destinés à les informer.
Radio 7 a disparu, pourtant pionnière avant même la libération de la bande FM.
Le Mouv’ qui lui a succédé vient d’être fermé
au sens contenu éditorial
pour n’être plus qu’une sorte de plateforme musicale uniquement en numérique.
Ce lundi en effet
Mon Petit France Inter, destinée aux enfants
a pris sa place sur le Dab +!

.
Pendant ce temps,
les 12–25 ans s’informent via TikTok, Instagram, YouTube,
où les contenus les plus vus ne sont pas produits par des rédactions,
mais par des "créateur"s.
90 % des 12–17 ans en France ont un smartphone
comme en Espagne, en Italie en Belgique, ou en Allemagne. L
es réseaux sociaux sont devenus la première source d’information des 15–24 ans dans la plupart des pays européens.

42 % des jeunes Européens utilisent les réseaux sociaux comme premier média pour s'informer,
devant la télévision (39 %). Instagram arrive en tête (utilisé par 47 % des jeunes pour l'info), suivi de TikTok, YouTube, et X (21 %).
D'après Eurostat, 98 % des jeunes de 16 à 29 ans dans l'UE utilisent Internet tous les jours,
avec une participation aux réseaux sociaux atteignant 89 % en moyenne.

Ailleurs en Europe, les médias publics jeunes existent encore !
Contrairement à la France,
plusieurs pays européens ont conservé ou modernisé leurs services publics destinés aux jeunes,
comme en Belgique.
Une étude publiée dans Frontiers in Communication de l'an dernier
montre que la RTBF a intégré les valeurs journalistiques dans ses programmes jeunes,
tout en adoptant les codes numériques.
Résultat : une offre jeune crédible, stable, qui ne sacrifie ni l’information ni l’exigence
C'est Tarmac.

Il existe même le projet Kids Radio Europe :
un réseau européen de radios jeunes,
financé par l’Union européenne depuis 2 ans.
Le projet associe la France
avec les Francas et évidemment pas Radio France,
l’Allemagne et la Grèce.
Il a donné naissance à YouthRadio.eu,
une plateforme où les jeunes produisent reportages, podcasts, débats.

L’Europe croit encore à la radio jeune… au moment où la France ferme la sienne.
En radio,
les acteurs privés n’ont jamais investi le champ de l’information.
NRJ, Skyrock, Fun Radio, Virgin Radio, ou encore Voltage
ont bâti leur modèle sur la musique, l’humour, le divertissement,
jamais sur le reportage ou la pédagogie civique.
Le service public a échoué sur la radio jeune,
mais heureusement pas sur la vidéo.
FranceTélévisions
a structuré une offre jeune solide comme Slash : séries, docs, formats courts Gen Z.

franceinfo:
reste aussi un repère d’information.
Aujourd’hui ce sont surtout les marques numériques privées
qui dominent ce marché :
Konbini :
média pop-culture, lifestyle, entertainment :
Brut :
média vidéo social, engagé, orienté formats courts.

HugoDécrypte :
créateur devenu journaliste par la force de l’audience.
Ils ont inventé une information adaptée aux codes des plateformes : incarnée, courte, émotionnelle, pédagogique.
L’Europe continue de croire à l’information publique pour les jeunes.
La France, elle, a renoncé,
Et la France s’étonne aujourd’hui que TikTok soit devenu un acteur politique.
En Europe, la jeunesse est un public, en France,
elle est devenue un angle mort.
Thierry Mathieu
e-crossmedia
le 27 novembre 2026
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