"Défaut de maîtrise de l’antenne
et propos discriminatoires laissés filer dans une émission interactive".

Voilà la nouvelle sanction
qui s’ajoute à une mise en garde en janvier 2026,
une demande d’observations en juillet,
une réponse jugée insuffisante en août.
Christine Kelly,
pourtant ancienne membre du CSA de 2009 à 2015,
a tenu l'antenne fin janvier dernier
des propos sur les migrants de nature à inciter à la haine :
Quelques secondes d’antenne,
et une fin de non-recevoir de la part de la station

Pas plus tard qu’avant-hier soir,
les manifestants contre le racisme après le drame raciste de Trappes,
criaient leur haine à l’encontre d'Europe 1
et de sa soeur télévisuelle CNews :
Mais sur le web également
de nombreux internautes s’insurgent contre la décision de l’Arcom.

En même temps …
Même si l’Arcom a désormais la charge de surveiller le numérique,
tout internaute sans la moindre déontologie s’improviser pourvoyeur d’info,
et diffuser les contenus les plus contestables,
et n’être que très rarement rappelé à l’ordre …
Les exemples ne manquent pas ces derniers jours
et avec des audiences qui parfois dépassent désormais largement
celles des médias traditionnels !
Et même du côté des nouveaux médias,
avec des créateurs de contenus maintenant reconnus comme des pros de l’info,
l’arbitrage de l’organe régulateur demeure bien plus difficile à opérer que pour les médias traditionnels.
Brut, HugoDécrypte, Thinkerview, Blast, Livre Noir
peuvent interviewer un candidat sans contrepoint,
diffuser des opinions sans équilibre,
et laisser passer des propos radicaux sans sanction.
Ils n’ont pas de fréquence, donc pas réellement de régulation.
Martin Ajdari,
Président de l’Arcom
a évoqué cette évolution nécessaire
à Toulouse la semaine dernière
dans ICI Matin Occitanie
co-diffusée par Radio France et France Télévisions
La régulation audiovisuelle française repose
sur la loi du 30 septembre 1986,
qui impose :
pluralisme, honnêteté, rigueur, maîtrise de l’antenne.
Un cadre admirable,
mais pensé pour un monde où l’audiovisuel était le centre de la vie démocratique.

Aujourd’hui,
les plateformes diffusent des contenus politiques
sans aucune obligation de pluralisme
ou de contradiction.
Les vidéastes peuvent mener des interviews politiques de trois heures sans contrepoint.
Les lives Twitch peuvent laisser passer des propos radicaux sans modération.
Mais aussi diffuser en ligne des podcast de qualité …
Pour le meilleur et contre le pire,
l’Arcom applique la loi avec rigueur,
c’est celle que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre …
D’un monde où l’audiovisuel était le cœur de la vie démocratique.
Aujourd’hui, ce cœur bat ailleurs :
sur les plateformes,
dans les formats vidéo,
dans les lives,
dans les contenus sont pour l’heure
de facto
impossibles à réguler.

La question n’est plus de savoir si l’Arcom fait bien son travail.
La question est de savoir si la loi
qui fonde ce travail
est encore en phase avec notre époque.
Et c’est peut-être là que se joue,
silencieusement,
l’avenir du paysage médiatique français.
Thierry Mathieu
e-crossmedia
le 28 octobre 2026.
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