Les internautes consomment les extraits,
les capsules,
les formats courts,
les moments forts que les radios et les télévisions publient sur le web…
Mais ils ne reviennent pas pour autant
en masse
pour écouter ou regarder les antennes traditionnelles.
Le web leur donne assez ...
Assez d’info,
assez de divertissement, d’émotion, de musique, de repères.
Le teaser devient le produit,
le fragment devient la destination,
et l’antenne n’est plus perçue comme la suite naturelle.

Et si la radio et la télévision
n’étaient décidément pas
des vestiges d’un autre temps ?
Et si,
ces médias s’organisaient vraiment
pour affirmer qu’ils conservent un rôle décisif,
irremplaçable,
dans un paysage saturé de contenus instantanés ?
Et si, surtout, les teasing numériques devenaient
leur arme la plus efficace pour ramener les publics vers eux ?

Parce qu’à observer l’évolution du mode de consommation des médias,
les formats courts deviennent des concurrents.
Alors qu’ils devraient surtout devenir des éclaireurs,
des avant-postes,
des signaux lumineux dans l’océan algorithmique...

Le réseau ICI,
alliance entre France Bleu et France 3 Régions,
propose sous nos yeux de téléspectateurs, auditeurs,
et désormais internautes une belle expérimentation :
des vidéos locales, humaines, incarnées,
qui inondent les réseaux
devraient être plus pensées pour que les internautes reviennent vers le 19/20,
ou vers les matinales locales co-diffusées en région…
Parce que le web peut attirer,
et ensuite la radio et la télévision rassembler.
Les radios culturelles sont dans la même dynamique :
France Culture,
France Musique,
Radio Classique :
des capsules verticales circulent sur le web, intriguent …
Dans un monde saturé de bruits,
ces stations offrent du sens.
Il s’agit que le public revienne chercher ce que les plateformes ne savent pas produire :
de la nuance, de la transmission, de l’intimité.
Arte transforme chaque capsule en invitation au documentaire long.
France 5 et France 2 utilisent les réseaux
comme tremplin vers le direct,
vers l’enquête,
vers le débat :
le web peut ne plus être un siphon,
mais devenir un pont.
Les radios musicales jeunes
comme NRJ, Skyrock ou Fun Radio
ont elles aussi compris la mécanique
en publiant des captations en vidéo de séquences d’antenne
calibrés pour TikTok, des moments drôles, des défis, des interactions.
Mais c’est le direct, le morning, la bande, la voix, qui fidélisent :
le web capte l’attention,
mais c’est la radio qui crée toujours l’appartenance.
Même si le défi est difficile,
particulièrement auprès du jeune public ...
Il vit dans un flux permanent,
consomme des contenus
mais pas des rendez-vous,
s’attache aux créateurs plus qu’aux marques.
Il ne revient pas spontanément vers les médias traditionnels.

C’est pour cela les acteurs de ces médias
doivent être militants et proactifs
pour leurs médias prémiums :
la radio et la télévision.
Ces médias ne sont pas que des offres de contenu :
ils sont une relation, une voix, un territoire, une communauté, une responsabilité…
Le web se doit d’être leur vitrine mais la radio et la télévision restent la maison.
Elle se doit de rester ouverte, vivante, accueillante, indispensable.
Dans ce monde saturé de flux,
les chaînes de radio et de télévision "tradis"
doivent se donner les moyens de demeurer des repères,
des phares,
des lieux où l’on revient,
où l’on comprend,
où l’on respire.

Alors,
comment gagner cette bataille face au web ?
En cessant de la mener contre lui.
En la menant avec lui, en transformant chaque capsule en promesse.
Chaque extrait en invitation.
Chaque moment court en passerelle vers un moment long.

Le web doit être une vitrine,
les publications des radios et télévisions doivent rester avant tout des teasers,
pas devenir des médias parallèles.
Leur rôle est de créer l’envie,
de susciter la curiosité,
d’ouvrir une porte vers le direct et les programmes longs.
Pour les jeunes publics,
ces formats courts doivent fonctionner comme des appâts éditoriaux,
conçus pour ramener vers l’antenne et ce que les plateformes ne peuvent offrir :
la voix, le lien, le rendez‑vous.

Le web n’est pas une fin en soi,
mais doit être un tremplin
vers
à nouveau,
les médias traditionnels.
Thierry Mathieu
e-crossmedia
le 21 avril 2026.
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