L’empire State Building salue à Big Apple cette nuit
la victoire des Bleus.
Remake en vue des 2 précédentes étoiles ?
Quelles leçons sonnantes et trébuchantes
à retenir de l'histoire de l'équipe de France de football
vue des médias …
Le 12 juillet 1998,
la France se regarde dans le miroir du Stade de France
et se trouve belle, diverse, unie,
presque républicaine au sens classique du terme.
Les joueurs parlent encore comme des citoyens :
Zidane murmure :
"C’est magnifique…
je ne réalise pas. "
Une phrase d’homme,
pas de marque.
A l'époque, la FFF tient dans un couloir,
les droits TV plafonnent à 600 millions d’euros,
et la parole publique,
celle des joueurs comme celle des responsables politiques,
n’est pas encore passée par la machine à lisser du XXIᵉ siècle.
1998–2006 :
la parole libre,
ou l’illusion d’une République apaisée …
Les champions du monde deviennent des voix sur les grands médias,
elles incarnent une France qui croit encore à la parole spontanée.
Et continuer à les idolâtrer,
désormais en tant que commentateurs
Mais ils représentent déjà un investissement pour les organes de presse …
Bixente Lizarazu :
RTL & TF1 350 000 à 450 000 €/an,
Christophe Dugarry :
RMC 300 000 à 400 000 €/an,
Frank Lebœuf :
RMC, ESPN, L’Équipe
200 000 à 300 000 €/an,
Youri Djorkaeff :
TF1 5 000 à 8 000 € par intervention,
2006–2014 :
Knysna, ou la naissance du soupçon …
La grève de l’équipe de France en 2010 en Afrique du Sud
n’est pas seulement une crise sportive,
c’est une crise politique,
un moment où la France découvre que ses héros peuvent se taire,
se retrancher, se barricader .
La FFF publie un rapport
de 62 pages,
les clubs embauchent, la LFP recense 78 communicants en 2014
et les droits TV explosent :
1,05 milliard € de revenus commerciaux pour l'Euro 2016 par exemple …
Plus l’argent afflue,
plus la parole se raréfie.
Comme en politique,
la communication devient un bouclier, un filtre, un écran.

2018 :
la deuxième étoile et l’avènement des joueurs‑entreprises.
La FIFA annonce 7,5 milliards d’interactions sociales autour du Mondial 2018.
Le football devient un marché global. Les joueurs deviennent des marques.
La parole devient un actif.
Kylian Mbappé,
c’est 110 millions d’abonnés,
250 000 à 500 000 € le post sponsorisé,
une influence supérieure à celle de nombreux responsables publics …
La Fédération Française de Football suit :
1 000 vidéos produites en 2022,
25 personnes dédiées au digital !
Le football parle désormais comme une multinationale.

2020–2026 :
la communication algorithmique :
football et démocratie sous tension
La Ligue de Football Professionnelle publie en 2023 :
92 % des joueurs professionnels ont un compte Instagram actif.
La FIFA ajoute :
38 % de la visibilité mondiale des compétitions provient des joueurs. Les clubs emploient 3 à 7 communicants,
des équipes vidéo internes,
des social- media managers dédiés aux joueurs.
Le football devient un laboratoire de la démocratie numérique :
une parole hyper‑visible, hyper‑contrôlée, hyper‑fragile.
Et tout le public suit, au-delà des médias traditionnels,
à l’image de l’ami Fabrice Piguet,
chef cuisinier en Franche Comté,
docteur es cancoillotte …
Les ex-joueurs, eux, reviennent vers la radio et la télévision,
parce que les réseaux sociaux donnent la visibilité,
mais pas la légitimité.
La parole numérique est un cri,
et la parole radiophonique ou télévisuelle, une construction.
Emmanuel Petit :
RMC 350 000–450 000 €/an,
Bixente Lizarazu :
RTL & TF1
450 000–600 000 €/an,
Rio Mavuba :
Canal+ 200 000–300 000 €/an,
Bacary Sagna :
L’Équipe 150 000–250 000 €/an,
Olivier Giroud :
TF1, M6, Canal+ (courtisé)
400 000–700 000 €/an,
Hugo Lloris : soirées internationales
300 000–500 000 €/an !

Sur le terrain ...
Salaire moyen Ligue 1 en 1998 :
40 000 €/mois
et en 2024 : 120 000 €/mois.
Salaire d’un titulaire des Bleus
en 2026 :
800 000 à 2 M€/mois.
Revenus FIFA 2022 :
7,6 milliards $.
Revenus UEFA 2022–2023 :
3,6 milliards.
Revenus FFF 2023 : 274 M€,
dont 60 M€ liés aux Bleus.

En 1998,
les Bleus parlaient comme des citoyens.
En 2026, ils parlent aussi comme des départements marketing,
à l’image d’Mbappé,
auteur ce mardi soir d’un doublé
dès l’entrée de l’équipe en compétition.
Pour le sélectionneur,
ce jeune homme vaut de l'or !
Désormais recordman des buts,
le jeune homme originaire de Bondy explose les compteurs,
tous les compteurs !
Comme il le raconte au Parisien :
Quand un joueur se lâche,
quand il oublie son conseiller digital,
quand il parle avec son cœur
et pas avec son contrat,
il n’y a qu’un endroit où cela résonne encore,
les médias tradis :
la presse écrite, la radio ou la télévision.
Là où,
à la différence des RS,
la parole n’est pas un produit,
mais demeure un acte "politique"
et souvent de citoyenneté.
Thierry Mathieu
e-crossmedia
le 17 juin 2026.
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