Demain soir, les Bleus remettent ça.
France–Irak,
deuxième match de ce Mondial,
coup d’envoi à 23 heures,
depuis le Lincoln Financial Field de Philadelphie.
Un horaire tardif,
un stade mythique,
et une question :
la France sera‑t‑elle encore au rendez‑vous ?
Si l’on se fie à ce qui s’est passé mardi,
la réponse est oui.
M6 qui l’an prochain fêtera ses 40 ans
vient de prouver que son tout premier slogan
“la petite chaîne qui monte”
n’a jamais été aussi actuel !
Pour France–Sénégal,
M6 a rassemblé 13,99 millions de téléspectateurs,
soit 61,4 % de part d’audience,
selon Médiamétrie.
Un score gigantesque,
qui replace la chaîne au centre du jeu, qu’on n’avait plus vu depuis… 2014.
TF1 avait fait près de 16 millions pour France–Honduras.
Donc non pour l’instant,
2026 ne bat pas 2014
alors débutait seulement l'avénement du web.
Mais il fait mieux que 2018,
mieux que 2022,
et surtout ...
il ramène la télévision française à un niveau qu’on croyait révolu.
Comme si, le temps d’un match,
la France avait retrouvé le réflexe du “tous ensemble devant un écran”.
Pour M6, c’est un triomphe :
meilleure audience de l’année et meilleure audience sportive de son histoire.
Et un symbole :
la chaîne prouve qu’elle peut rivaliser avec TF1 sur les grands événements, qu’elle peut encore fédérer, qu’elle peut encore surprendre.
Mais ce que ces 14 millions ne disent pas,
c’est tout ce qui s’est passé en dehors du téléviseur.
Parce que désormais,
il y a le web,
le vrai deuxième stade où se joue le match des audiences !
Les groupes audiovisuels ne donnent pas encore les chiffres précis pour France–Sénégal,
mais les tendances sont claires :
le streaming légal progresse chaque année,
les jeunes surtout regardent autant sur smartphone que sur télé,
les extraits sur les réseaux sociaux explosent.
D’ailleurs dans les rapports annuels,
on ne parle plus d’audience,
mais de “consommation totale”.
Le match n’est plus un programme :
c’est un flux, un extrait, un replay, un commentaire, un live‑tweet.
Il y a aussi ce que personne ne mesure …
Parce que mardi soir,
une partie du public n’était ni sur M6,
ni sur beIN,
ni sur les applis officielles.
Beaucoup vont aussi sur les chaînes étrangères :
la RTS suisse, la ZDF allemande, la BBC, la RAI
en se géolocalisant ailleurs grâce à un VPN.
Ces usages ne sont pas comptés dans les audiences françaises.
Le match est vu, mais hors radar.
Enfin il faudrait aussi compter avec le streaming illégal,
les sites “fantômes”,
les flux pirates,
les liens qui circulent sur Telegram.
Les études sur le piratage sportif le disent :
le foot est le contenu le plus piraté au monde.
Impossible de savoir combien étaient là mardi soir,
mais ils existent,
et ils pèsent.
Alors,
qu’est‑ce que tout ça raconte du futur de la télé française ?
Elle reste imbattable sur les grands événements,
Les Bleus, les JO, les grandes soirées politiques ...
Elle devient une industrie du rendez‑vous,
pas du quotidien.
Le futur,
ce n’est pas “TV contre web”,
c’est “TV avec web”.
Le match doit vivre partout :
en linéaire, en streaming, puis en extraits, en podcasts, et en analyses.
Les acteurs du PAF gagnants seront ceux qui savent orchestrer tout ça.
Dire “14 millions devant la télé” ne suffit plus.
Il faut mesurer :
le temps de contact,
tous écrans confondus,
et la valeur de ce contact.
C’est le chantier de Médiamétrie pour les années qui viennent.
Demain lundi
place à France–Irak à 23 heures,
en direct de Philadelphie.
Un horaire tardif,
un adversaire moins connu…
Mais une question simple :
la France sera‑t‑elle encore au rendez‑vous,
quel que soit l’écran ?
Thierry Mathieu
e-crossmedia
Le 21 juin 2026.
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