Une semaine d'éditions spéciales
avec des ex militaires en plateau
comme les médecins pendant la COVID...
Est-ce vraiment un "plus" pour l'actu ?
Coup de fil à Michel Polacco,
ex-dirigeant à Radio France
et aujourd’hui consultant
pour plusieurs radios et télévisions.

Trinquand, Pellistrandi, Desportes, Gomart, Paloméros, Chauvancy, Clermont, Goya, Servent, Vouilloux ou Bavinchove :
Ils sont les stars des chaines d’info continue
depuis samedi dernier.
Leur collègue Norlain, lui aussi à l'écran, les a comptés :
en 3 heures,
il en a vu 11 à la télé !
"Ces anciens militaires sont des experts parce qu’ils ont des connaissances,
des compétences,
souvent de l’expérience.
Ils peuvent donc apporter beaucoup d’informations,
beaucoup d’explications".

"Mais sur les chaines d’info continue,
les présentateurs ont trop tendance à mettre autour de la table un géopoliticien, un militaire, un journaliste spécialisé en défense, un autre en politique,
un reporter qui est n’est jamais allé en dehors de son quartier …
Ils mélangent tout et à la fin,
effectivement,
on ne sait plus très bien ce qu’il faut comprendre et retenir".
"En 1991, LCI la 1ere chaine TV d'info continue créée en France n'existait pas encore!
Pour couvrir la guerre du Golfe,
j’ai personnellement recruté à Radio France le général Capillon.
Il a travaillé à l’époque pour France Info
qui n'émettait que depuis 4 ans,
France Inter, France Culture et même les radios locales qui ne s’appelaient pas encore
France Bleu
et encore moins "ICI", comme depui un an".

"Très honnêtement,
il a été d’un grand secours.
J’avais beau avoir couvert dans ma vie de reporter pas mal de conflits,
il y avait des quantités de choses que je ne savais pas.
On se partageait le boulot :
je communiquais des informations
et lui il les explicitait…
Il a décidé que ses 2 mois de salaire seraient versés
à une œuvre caritative
de l’armée de l’air".

Quel est le profil de tous ces consultants,
qui sont surexposés
depuis 8 jours ?
"Ils sont ce qu’on appelle des militaires en 2e section…
Quand on veut rigoler,
on les nomme aussi
des "Quart de place".
Parce qu’étant à la retraite,
ils ont toujours droit à une ristourne sur les billets de train,
de métro, d’avion,
et à tout un tas de petits avantages.
Mais ils peuvent les perdre s’ils ne sont pas polis et bien disciplinés.
C’est ce qu’a fait Emmanuel Macron il y a 4 ou 5 ans,
suite une tribune publiée par quelques généraux et militaires en retraite contre sa politique de Défense.
Une trentaine d’ex-officiers ont alors perdu leurs avantages !"

Ceux qui défilent sur les plateaux et sur les ondes depuis une semaine sont-ils payés ?
"Ceux qu’on voit ou qu’on écoute régulièrement
et pendant des temps longs à l'antenne
sont rémunérés.
Ceux qui sont appelés au coup par coup ne le sont pas
ce qui est mon cas.
On m’a même proposé des contrats que j’ai refusé
car ils impliquaient une exclusivité".

"Si vous passez sur BFM
ou sur LCI par exemple,
vous n’avez pas le droit d’aller sur les autres chaînes de télé,
ni même sur les radios.
Et moi, je tiens à ma liberté !,
Je souhaite pouvoir continuer à aller à France Info, France Inter, France Culture
ou à France Info TV.
Et aujourd'hui tout en passant sur LCI,
je peux aussi aller sur BFM.
CNews, elle, ne fait appel à jamais appel à moi ...
Ce vendredi,
je suis intervenu sur RTL,
à propos du vol d’Air France."

"J'étais à l'antenne également hier pour la radiotélévision Suisse…
Je participe aussi souvent à des émissions pour les Belges ou pour les Canadiens,
et très régulièrement sur LCI".
"A contrario,
il y a des gens qui préfèrent profiter de l’occasion pour se faire rémunérer.
Ça existe chez les géopoliticiens,
chez les militaires,
chez des gens qui travaillent pour des instituts …
Et puis il y a ceux qui en profitent
pour faire la promo de leur dernier bouquin ! "

Quel état des lieux dressez vous,
une semaine après le déclenchement de la guerre ?
"La profession se laisse dériver
parce qu’on donne la parole à beaucoup de gens qui sont très militants
sans préciser qui il sont vraiment,
parce que souvent on ne sait pas comment les classifier.
On en trouve aussi bien chez des civils que des militaires,
voire même des journalistes."

"Mais surtout,
je trouve que la compétence de la plupart des militaires que l’on entend
est en régression par rapport au passé.
D’ex-officiers de l’armée de terre, de l’artillerie, de l’infanterie
sont amenés à nous parler d’aviation, de missiles,
de missiles balistiques,
d’armes nucléaires
alors qu’ils n’y connaissent rien !"

"De temps en temps,
j’entends des énormités assez étonnantes.
Je me permets gentiment de les remettre à leur place quand je me trouve avec eux à l'antenne…
Ça c’est aussi le boulot d’un journaliste,
et c'est ce que devraient faire les présentateurs des émissions !"
Thierry Mathieu
e-crossmedia
le 7 mars 2026.
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