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Les médias des villes dédaignent les champs : à la télé la France dite "Périphérique" est encore et toujours snobée : c’est ce que dénonce l’ARCOM (l’instance de régulation qui succède au CSA)

 

Sorry its not set :(

 

Amusez-vous en regardant les journaux des 2 principales chaines de tv nationales !

Localisez le lieu de tournage de la plupart des micro-trottoirs sur des sujets de conso, divers et variés …

S’ils n’ont pas été réalisés sur des marchés, avec majoritairement le témoignage de personnes du troisième âge,

il y a fort à parier que la caméra vous conduira toujours au même endroit.

A Paris, XVème arrondissement …

 

Sorry its not set :(

Il faut dire que cette artère commerçante et le grand centre qui y trône depuis quelques années possèdent une qualité :

la proximité d’avec les sièges de TF1 ou de France Télévisions, les équipes de reportage n’ont donc pas loin à aller.

Résultat : les propos recueillis sont globalement toujours du même tonneau :

c’est le ressenti d’une population urbaine plutôt « middle class », pour ne pas dire vraiment favorisée, qui se retrouve multi-diffusé.

 

Très rare sont les propos recueillis dans les grandes surfaces en périphérie des grandes villes, ou dans ce qu’il est convenu d’appeler la France Périphérique : les villes moyennes, excentrées.

Un constat théorisé il y a 8 ans maintenant par le géographe Guilluy.

 

Sorry its not set :(

 

C’est ce que relève, entre autres, l’Arcom -l’organe de régulation qui succède au CSA- dans sont rapport annuel sur "la représentation de la société française dans les médias audiovisuels".

https://www.arcom.fr/nos-ressources/etudes-et-donnees/mediatheque/rapport-sur-la-representation-de-la-societe-francaise-dans-les-medias-audiovisuels-exercice-2021-et-actions-2022

 

La télévision donne à voir une image très urbaine de la société avec toutefois des déséquilibres au sein de cet ensemble :

les habitants des centres-villes historiques y sont très largement représentés (65 %) contrairement à ceux des banlieues (4 %).

Les habitants des villages représentent 13 % des personnes à l’écran (avec une diminution de trois points par rapport à l’année 2020)

Sorry its not set :(

Autre constat, qui en découle :

Les catégories socioprofessionnelles représentées à l’écran ne sont toujours pas le reflet de la réalité :

Les catégories socioprofessionnelles supérieures (CSP+) sont surreprésentées (75 %) au détriment des catégories inférieures (CSP-), représentées à hauteur de 10 %, et des inactifs (15 %).

Les résultats du baromètre montrent que la situation de confinement connue en avril 2021 n’a pas eu d’impact significatif, tant quantitatif que qualitatif, sur l’état des représentations sociales à la télévision.

La hausse des personnes en situation de précarité (1,1 % soit 0,3 point supplémentaire par rapport à la période hors-confinement – 0,8 %) reste toutefois bien en deçà des réalités sociétales.

 

Autre donnée : l’origine :

Les personnes perçues comme « non-blanches » ont été moins représentées en 2021 à la télévision (14% contre 16% en 2020).

Leur présence est particulièrement faible sur les chaînes d’information en continu puisqu’elles ne représentent que 10% des personnes indexées.

En revanche la présence des femmes à la télévision est stable (39 %). Leur proportion est plus importante sur les chaînes historiques (44 %).

 

Toutes ces données pourraient être, pourtant, facilement regardées en face !

 

Sorry its not set :(

 

Il est en effet amusant de remarquer que face au fameux centre Beaugrenelle à Paris où sont tournés la plupart des microtorttoirs,

se trouvent, rue Linois sur 3 étages, les centres de formation des entreprises de l’audiovisuel public où défilent cadres et journalistes.

Matière à réflexion ... à portée de main

 

 

 

e-crossmedia le 28 juillet 2022

 

 

 

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