Numérique, streaming, nouveaux usages ... Même des institutions historiques ne parviennent plus à rester viables : aux USA l'emblématique CBS Radio News va fermer.

 

C’est décidément la fin d’une époque aux États-Unis 

avec l’annonce de la fermeture du service d’info du réseau CBS radio !

 

Sorry its not set :(

 

Cette rédaction,

qui fournissait des contenus à environ 700 stations locales,

cessera définitivement de produire le 22 mai 2026.

 

Sorry its not set :(

 

Vu de France,

on pourrait croire que la crise de CBS News n’est qu’une péripétie médiatique de plus.

Une ligne dans la rubrique “économie des médias”.

Mais non.

Ce qui se joue là‑bas, c’est un symptôme.

Un symptôme brutal, presque obscène,

de ce que devient l’information dans la première démocratie du monde.

 

Sorry its not set :(

 

CBS News,

c’est un monument.

C’était la voix qui annonçait la mort de Kennedy,

la guerre du Vietnam, le Watergate.

Aujourd’hui, ce monument tremble.

Pas à cause d’un scandale du à une fake news qui aurait été diffusée

pas à cause d’un excès … 

A cause de l’indifférence d’un public qui a déserté,

d’annonceurs qui ont fui,

et peut-être aussi d’un pays qui ne sait plus en qui croire,

y compris ses médias.

 

Sorry its not set :(

 

CBS n’a pas été victime d’un complot,

mais du marché.

Aux États‑Unis,

comme de plus en plus ailleurs y compris chez nous,

l’information n’est pas un service public,

c’est un produit.

Et quand le produit ne se vend plus,

on le retire du rayon.

Parce qu'en plus à la différence de notre vieux continent,

le journalisme n’y est pas protégé :

ou il est rentable ou il disparaît.

 

Sorry its not set :(

 

Le groupe Paramount, sa maison‑mère, est étranglé par la dette.

Et dans la liste des “coûts non essentiels”,

figure désormais… l’information.

Celle qui coûte cher,

qui demande du temps,

des bureaux à l’étranger,

des correspondants,

des enquêtes.

Tout ce que TikTok ou YouTube n'ont pas !

Mais tout ce que le marché ne veut plus payer !

 

 

Et puis il y a aussi le contexte politique.

Aux États‑Unis,

l’information est devenue un sport de combat.

Fox News d’un côté,

ABC ou MSNBC de l’autre,

chacun son camp, chacun sa vérité.

CBS, elle, a tenté dit-on de rester au centre :

mauvaise pioche !  

Le centre aux Etats Unis c’est un no man’s land

où personne ne clique et où personne ne paie.

Ce n’est pas seulement un média qui s’effondre :

c’est un repère, une sorte de boussole.

Un symbole d’un pays qui, autrefois, croyait encore à la vérité,

à la vérification,

à la nuance

et qui aujourd’hui préfère le clash, le commentaire, l’émotion instantanée.

 

Sorry its not set :(

 

C’est ce que souligne  le journaliste Rob Pratt depuis KDKA à Pittsburgh,

l’une des 700 stations abonnées au service info de CBS Radio.

Il incarne la tradition des grandes voix

qui font encore vivre l’esprit des stations historiques américaines.

 

 

Vu de France,

cette histoire devrait nous inquiéter.

Parce que quand un pays laisse mourir ses grands médias généralistes,

ou imagine fragiliser son audiovisuel public,

il laisse mourir quelque chose de plus profond :

sa conversation commune.

Sa capacité à se parler,

à se comprendre,

à débattre sur des faits partagés,

mais de façon maîtrisée, modérée,

à la différence de la jungle des réseaux sociaux …

 

Sorry its not set :(

 

L’Amérique n’a pas seulement perdu confiance en ses médias.
Elle a manifestement perdu l’idée même qu’un média puisse être un bien commun,

essentiel en démocratie.

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia

le 24 mars 2026.

 

 

 

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