Cette belle histoire débute
dans une salle d’archives de la Bibliothèque Nationale de France,
un matin de février dernier.
Un archiviste ouvre un carton de manuscrits anonymes,
un geste banal,
presque routinier.

Et soudain,
un choc :
quarante‑quatre pages,
une écriture nerveuse,
des portées serrées…
et un nom qui s’impose,
sans être écrit :
Mozart.

Un cahier entier,
jamais joué,
jamais entendu.
Sept pièces pour flûte et harpe,
douze leçons de composition.
Un Mozart intime,
presque secret,
écrit en 1778,
lors de son séjour à Paris :
il loge rue du Gros‑Chenêt,
fréquente les salons aristocratiques,
compose pour survivre,
et enseigne pour vivre.

C’est là qu’il rencontre
Marie‑Louise‑Philippine de Bonnières de Guînes,
harpiste prodige.

Elle est la fille du duc Adrien-Louis de Bonnières de Souastre,
un flûtiste renommé et commanditaire du fameux Concerto pour flûte et harpe.
Il confie sa fille à Mozart pour qu'il lui enseigne
comment composer de grandes sonates pour leurs deux instruments.
Le cahier retrouvé réunit précisément les leçons qu’il lui a dispensées.

Ce silence de deux siècles et demi s’est brisé,
ce dimanche,
jour de Fête de la musique.
Dans la majestueuse salle Ovale de la BnF Richelieu,
deux musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Radio France
ont enregistré la toute première interprétation de ces pièces :
Mathilde Caldérini, première flûtiste solo,
et Nicolas Tulliez, harpiste.
Et ce lundi,
sur France Musique,
cette création mondiale est diffusée pour la première fois :
dès 8h00, des extraits en avant-première
dans la matinale de France Musique et l'intégralité des sept pièces à 15h
dans l'émission de Lionel Esparza,
"Relax !" à l'occasion d'une édition spéciale "Mozart à Paris".

Cette renaissance s’inscrit dans une tradition où la radio joue un rôle essentiel.
En 1930, à Turin, la RAI révèle les premières mondiales issues du fonds Vivaldi redécouvert.
Dans les années 1990, à Leipzig, un choral inconnu de Bach renaît sur les ondes de la MDR.
En 1999, France Musique dévoile un Salve Regina de Charpentier retrouvé dans un fonds religieux.
En 2005, en Italie, un Gloria de Vivaldi sort de l’ombre grâce à la radio.
En 2012, en Autriche,
un Allegro molto de Mozart,
exhumé d’un grenier, est joué pour la première fois sur ORF.

Et si cette redécouverte résonne autant,
c’est aussi parce qu’elle unit deux institutions
qui veillent sur notre patrimoine musical.
À la BnF,
son président Gilles Pécout rappelle qu’il s’agit de "l’une des découvertes les plus importantes de ces dernières décennies",
Il souligne que la BnF est devenue
le second gisement mozartien au monde après Salzbourg,
et que cette identification ouvre la voie à de nouvelles coopérations internationales.
À Radio France,
la Pédégère Sibyle Veil parle d’un "honneur exceptionnel" :
redonner vie à une œuvre oubliée de Mozart
témoigne de l’excellence de l’Orchestre Philharmonique
et de la mission de service public de la Maison,
qui consiste à faire vivre les grandes œuvres
et à les partager avec le plus grand nombre.

Ainsi,
d’un carton ouvert un matin de février
à un enregistrement dans la salle Ovale,
puis à une diffusion nationale,
ce cahier oublié rappelle que le patrimoine n’est pas un vestige :
c’est une voix qui revient.
Et que la radio,
mieux que tout autre média,
sait encore lui donner souffle ...
https://www.radiofrance.fr/francemusique
Même si au-delà de l’antenne
encore en fm
et bientôt surtout en DAB +
cette belle histoire bénéficie aujourd’hui aussi
de la diffusion sur le web
et est partagée dans le monde entier via les réseaux sociaux.
Thierry Mathieu
e-crossmedia
Le 22 juin 2026
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