Quand le feuilletonnage fait des ravages ... Comment informer et lutter contre les fake sur les RS quand le Président de la 1ere puissance mondiale passe du noir au blanc du matin au soir ?

 

Depuis des semaines,

c’est la même scène :

chaque soir, chaque matin, chaque édition spéciale…

Les rédactions se retrouvent face à un casse‑tête

qui tourne à l’absurde !

 

Sorry its not set :(

 

Hier soir encore,

lundi 1er juin,

des journalistes et des consultants militaires désarmés

ont du deviser durant des heures

à propos du navire attaqué dans le détroit d’Ormuz !

Avant d' y voir plus clair ce matin...

 

 

Des images à interpréter,  

des versions contradictoires,

des sources américaines qui se contredisent.

Et, au-dessus de tout cela,

un président des États‑Unis qui change de ligne

plus vite que les bandeaux défilants.

 

 

Le matin : menace militaire,

à midi : désescalade,

le soir : fermeté retrouvée.

Et parfois,

tout cela en moins de six heures !

Ce n’est pas un accident,

c’est un système,

et cela dure en particulier

depuis le déclenchement de la guerre en Iran par les États‑Unis.

Donald Trump souffle le chaud,

le froid,

le tiède,

puis le brûlant.

 

Sorry its not set :(

 

Il annonce, dément, nuance, contredit...

Il tweet, rétropédale, menace, rassure.

Et les médias professionnels doivent suivre, recouper, vérifier, expliquer…

en temps réel.

Mais aujourd’hui, les médias ne se battent plus seulement

contre l’incertitude politique,

ils se battent sur deux fronts.

 

Sorry its not set :(

 

D’abord, le brouillard stratégique.

Ce n’est pas nouveau.

Johnson au Vietnam,

Nixon au Cambodge,

Bush en Irak :

l’histoire est pleine de dirigeants qui ont brouillé les cartes.

 

Sorry its not set :(

 

Mais à l’époque,

les rédactions avaient au moins

le temps de respirer

entre deux déclarations.

Aujourd’hui,

tout se joue en direct,

en notifications,

en “breaking news”.

 

Sorry its not set :(

 

 

Deuxième front :

le chaos numérique…

Et c’est là que l’époque change tout.

Pendant que les rédactions vérifient,

les réseaux sociaux,

eux,

diffusent :

des vidéos sorties de leur contexte,

des rumeurs emballées comme des scoops,

des montages trafiqués,

des messages de propagande,

des théories complotistes prêtes à l’emploi.

Comme les médias professionnels en large majorité le dénoncent :

Ici sur France Télévisions : 

 

 

Et malgré le travail des pros

les fake circulent plus vite que les démentis,

que les analyses,

que les faits.

Le public, lui, est devenu aussi internaute.

Il écoute la radio,

il regarde la télé…

mais il scrolle aussi sur son téléphone.

Il voit passer des informations contradictoires,

des théories,

des images choc.

Y compris du principal intéressé : 

 

 

Il ne sait plus qui croire.

Il ne sait plus ce qui est vrai,

ce qui est faux,

ce qui est confirmé,

ce qui est inventé.

 

Sorry its not set :(

 

Mais dans ce brouillard,

les médias professionnels doivent tenir l’audience,

parce que c’est leur mission,

leur modèle…

Ils doivent nourrir l’antenne avec leur seule matière première :

l’actualité.

Une actualité instable, contradictoire, imprévisible.

Une actualité qui change plus vite que les conducteurs.

Une actualité qui,

parfois,

n’a même pas eu le temps d’exister avant d’être démentie.

Alors oui, il y a un risque de feuilletonnage.

Quand un dirigeant change de cap trois fois par jour,

chaque revirement devient un épisode.

Chaque silence devient un mystère.

Chaque tweet devient un rebondissement.

Mais ce feuilletonnage fatigue,

il use et finit par banaliser la gravité des enjeux.

 

Sorry its not set :(

 

C’est là que se joue le vrai danger,

la fatigue informationnelle.

Le moment où le public n’en peut plus.

Le moment où l’auditeur décroche.

Le moment où le téléspectateur se dit :

“De toute façon,

ils ne savent rien.”

 

Sorry its not set :(

 

Le moment où la confusion politique

se transforme en perte de confiance

dans les médias traditionnels.

Non pas parce qu’ils travaillent mal.

Mais parce qu’ils sont contraints de feuilletonner

pour ne pas perdre leur public.

Parce qu’ils doivent remplir l’antenne avec une actualité qui se dérobe.

Parce qu’ils doivent lutter

contre des réseaux sociaux qui,

eux,

n’ont aucune contrainte.

 

Sorry its not set :(

 

Informer dans le brouillard,

ce n’est pas nouveau.

Mais aujourd’hui,

le challenge est de le maitriser

en résistant au bruit,

en luttant contre la désinformation,

et en tenant l’audience malgré tout.

 

Sorry its not set :(

 

Un générique bien d'actu

pourrait être proposé aux médias ces temps-ci : 

 

 

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia

le 2 juin2023.

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