Quand une partie de l’hexagone brûle,
le monde s’efface…
et le web s’enflamme.
Pour la 5ème journée consécutive
sur les écrans et dans les haut-parleurs de la majorité des généralistes
un bandeau rouge clignote :
"Édition spéciale
Incendies en Gironde".
Avec, c'est vrai, de magnifiques offres
comme ce lundi soir l’édition spéciale de France Télévisions
sur la 2 :
La France entre dans un récit unique :
le feu avance.
Priorité aux images de pins en flammes,
de Canadair qui rasent les cimes,
de familles évacuées en urgence.
Les auditeurs et téléspectateurs
en Gironde et dans les Landes
estent suspendus à la radio
ou au streaming desTV d’info continue sur leurs smartphones,
comme à une ligne de vie, le pays respire au rythme des braises.
Mais pendant ce temps,
le monde continue de bouger,
mais hors antenne.
Parce que loin des flammes,
l’actualité mondiale ne s’arrête pas,
implacable,
comme si elle ignorait
que les antennes françaises ont fermé les volets.
En Ukraine, des drones explosifs frappent une centrale électrique.
Dans le Donbass, des soldats avancent de quelques centaines de mètres.
Zelensky réclame une nouvelle aide aérienne.

Mais sur les ondes nationales,
plus grand-chose ...
Le conflit se déroule dans le silence,
comme s’il avait été mis en pause.
Dans le détroit d’Ormuz, un navire marchand est intercepté par les forces iraniennes.
Un destroyer américain se rapproche pour sécuriser la zone.
Les tensions montent, les diplomates s’agitent.
Et Donald Trump parade sur son réseau social :
Il annonce une décision qui secoue les marchés,
une réunion stratégique se tient à l’OTAN,
des sanctions sont prises contre Téhéran.
Mais dans les journaux français,
le président américain n’a plus de place.
Dans les rédactions nationales règne la mécanique du choix éditorial,
qui aboutit au silence :
L’international :
on verra plus tard …
Pourtant 2 dossiers, au moins, ont mobilisé les antennes depuis des mois :
Ukraine / USA-Iran !
Il faut saluer en revanche une exception :
les médias de proximité qui honorent leur raison d’être et tiennent leur rôle.
Ils ne disparaissent pas dans le trou noir.
Ils ne s’excusent pas de parler du feu :
c’est leur ADN.
ICI Gironde vit au rythme des sirènes.,
les journalistes et les animateurs connaissent les villages, les routes, les habitants.
Ils racontent ce que les autres ne voient pas :
les bénévoles qui apportent des bouteilles d’eau,
les agriculteurs qui aident les soldats du feu
les élus qui dorment sur un matelas dans la salle des fêtes.
et la solidarité s'organise :
France 3 Aquitaine est ce lundi
pour son journal de la soirée
en direct du terrain :
Une question :
pourquoi,
comment,
à l’occasion de ce fait exceptionnel,
les médias locaux de service public désormais sous la marque commune ICI,
ne réussissent-ils pas à mettre en place une co-diffusion entre la radio,
ICI Gironde,
et la chaîne TNT dédiée à l’Aquitaine Noa ???

Ces 2 médias de service public,
chacun en plus en situation délicate en termes d’audience,
ont la possibilité de faire l’union pour augmenter leur force,
dans la lignée de ce que souhaite d’ailleurs la tutelle depuis des années :
le regroupement des équipes locales de service public …

Sud Ouest,
en print comme sur son site web
et aussi Alouette avec d’autres radios associatives,
informent également sur les routes fermées, les consignes préfectorales.

Ils font du radio guidage,
proposent de contribuer à l’organisation des élans de solidarité.
les médias locaux ne couvrent pas le feu :
ils couvrent leur monde !
Mais pendant que les médias natios traditionnels
se concentrent sur la Gironde,
le web, lui, ne dort jamais.
Il ne connaît ni édition spéciale, ni conducteur, ni hiérarchie.
Il diffuse tout, partout,
tout le temps.
Sur X, les experts militaires commentent les frappes en Ukraine,
les diplomates publient des réactions en temps réel.,
les journalistes étrangers couvrent Ormuz minute par minute.
Sur YouTube,
des chaînes indépendantes décryptent la situation internationale
que les médias français ont mise en pause.
Via les smartphones,
chaque Français a désormais dans sa poche un média globalisé,
un accès direct à l’ensemble des informations du monde,
sans filtre, sans hiérarchie, sans attente.
Le feu occupe les antennes françaises.
Mais le monde continue de vibrer
et le feu apparaît comme révélateur d’un nouvel écosystème.
Le méga‑feu ne révèle pas seulement la fragilité de nos forêts.
Il révèle la fragilité de notre hiérarchie de l’information,
le positionnement des médias,
leur raison d’être,
leur ADN.
Sur les antennes nationales,
la forêt brûle, "spectaculairement".
Dans les médias locaux,
la vie s’organise.
Sur les smartphones,
le monde continue de tourner.

Et dans ce paysage globalisé,
le feu avance,
mais le mode de consommation de l’information aussi…
Thierry Mathieu
e-crossmedia
Le 28 juillet 2026.
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