Quel regard porter sur les médias depuis le début de la guerre d'Iran ? 1 er entretien avec Jérôme Godefroy : il a couvert pour Europe 1 et RTL plusieurs conflits.

 

Bientôt 70 jours de guerre en Iran,

et de directs sur les radios et télés.

Quel constat ?

Les médias peuvent-ils relater les faits en 2026,

mieux que durant les derniers conflits ?

Alors que l'information,

tributaire du marché  devenu toujours plus concurrentiel

lutte par ailleurs contre la suprématie du  web ?

 

Sorry its not set :(

 

Coup de fil à Jérôme Godefroy, 

Journaliste,

il a notamment travaillé,

de 1978 à 1986 à Europe 1

et de 1986 à 2010 à RTL.

"On tourne en rond !

On a conscience qu'on ne sait pas grand-chose

de ce qui se passe sur ce théâtre d'opération très vaste :

la région du Golfe Persique, Ormuz, les Émirats, l’Iran …

Et en ce qui concerne 

les États-Unis,

c'est encore pire que d'habitude puisqu’ autrefois,

les Américains faisaient des briefings

au département de la défense,

au département d'État,

à la Maison Blanche."

 

Sorry its not set :(

 

"Maintenant il n’y a plus rien de tout cela.

Tout repose sur des tweets que Trump pond de temps en temps,

des déclarations à droite

ou à gauche

qui sont totalement contradictoires,

et hop, dans les médias français comme partout,

puisque j’écoute et regarde aussi les américains notamment,

on ne fait en permanence que réagir sur la dernière déclaration,

la dernière publication :

ça tourne dans le vide.

Même si on a des connaissances,

une expertise militaire,

diplomatique,

commenter une actualité qui va dans tous les sens en permanence,

ça ne produit rien de bon !"

 

Sorry its not set :(

 

Comment comparer ce que nous avons entre les oreilles et sous les yeux

avec les conflits que vous avez connus à l’antenne ?

"J’ai couvert pour Europe 1 la guerre des Malouines en 1982…"

 

Sorry its not set :(

 

"Comme je le raconte sur mes réseaux sociaux,

les points de presse

et les communiqués des autorités militaires de Sa Majesté

étaient des prodiges de manipulation.

Jamais de mensonge,

mais une information minimum

ne confirmant jamais le détail des opérations en cours.

À Buenos Aires,

la dictature militaire argentine

propageait évidemment

un bla-bla inepte."

 

Sorry its not set :(

 

"Pendant la première guerre du Golfe en 90 et 91,

les journalistes étaient embarqués avec les unités combattantes.

Leur expression était sous contrôle des autorités militaires.

J’aime citer le cas du néo-zélandais Peter Arnett de CNN."

 

Sorry its not set :(

 

"Il racontait au téléphone

ce qu’il voyait depuis la fenêtre de son hôtel à Bagdad.

Mais il était le seul journaliste occidental

intervenant quotidiennement

du sol irakien…"

 

Sorry its not set :(

 

Si on compare ces expériences

à ce à quoi nous assistons

depuis le début de cette guerre en Iran ? 

"Aujourd’hui,

les équipes de radios et de télévisions françaises

qui sont aux Émirats arabes unis ou à Dubaï,

sont sur la plage et nous disent :

"voilà le détroit !",

sans plus d’élément en réalité à nous livrer,

sans pouvoir raconter de manière documentée ce qu’il s’y déroule."

 

Sorry its not set :(

 

C’est donc toujours compliqué en situation de guerre

de documenter ce qu’il se passe sur le terrain …

"La difficulté actuelle c’est aussi la nécessaire immédiateté,

du fait du flux continu des chaînes d’info 24 heures sur 24

qu’il faut bien nourrir,

et aussi des publications sur internet.

Si on se souvient de la seconde guerre mondiale,

il y a eu des témoignages et des images sur les combats,

sur la libération des camps,

sur la Shoa…"

 

Sorry its not set :(

 

"Idem pour le Vietnam..."

 

Sorry its not set :(

 

"Les documents n’ont pas été diffusés tout de suite,

souvent après les conflits.

La contrainte de l’immédiat n’existait pas.

Du coup aujourd’hui pour assurer les heures d’antenne en continu,

c'est forcément répétitif.

Dans ces conditions,

les médias audiovisuels du monde entier

sont obligés de meubler d’interminables heures d’antenne

avec des commentaires reposant sur très peu de faits avérés". 

 

Sorry its not set :(

 

"On a sorti de leur retraite d’anciens généraux

appelés à analyser une situation mouvante et floue

dont ils ignorent presque tout.

On mobilise des experts en tous genres

qui assènent leurs connaissances théoriques

faute de pouvoir les appliquer à la réalité.

Il n’y a plus de recul possible,

les intervenants font ce qu’ils peuvent

en fonction de ce que sont devenus les médias.

Tout cela a commencé

le 28 février de cette année.

Ça peut encore durer ..

longtemps !"

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia,

Le 5 mai 2026.

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