Il y a 10 ans, les radios musicales attiraient près de 20 millions d’auditeurs quotidiens.
Les jeunes étaient là, massivement :
ils écoutaient deux fois plus la FM qu’aujourd’hui.
NRJ, Fun Radio, Skyrock…
c’était la bande-son des 13‑24 ans.

Dix ans plus tard les musicales rassemblent 17,5 millions d’auditeurs.
Elles ont perdu 2,5 millions de personnes.
Et surtout :
les jeunes en grande partie ont disparu. Ils ont quitté la FM
comme on quitte une maison d’enfance devenue trop petite.

Selon plusieurs études …
Aujourd’hui, un jeune ne découvre plus la musique à la radio.
Il la découvre sur TikTok :
75 % des 13‑24 ans y trouvent leurs nouveaux artistes,
1 hit sur 3 sur Spotify commence là,
et TikTok influence 63 % des écoutes sur les plateformes.
La radio n’est plus leur porte d’entrée.
Elle n’est plus leur rituel.
Elle est devenue un usage résiduel.
Conséquence sur les audiences en FM …
En 2016, NRJ tournait autour de 5 millions d’auditeurs quotidiens,
elle n’est plus qu’à 3,6 millions et a donc perdu près d’un tiers de son public.

Fun Radio était à 2,6 millions en 2016 et est tombée à 1,6 million soit une chute de 40 %.
Skyrock était autour de 4 millions il y a 10 ans,
elle oscille aujourd’hui entre 3,1 et 3,3 millions
soit 700 000 auditeurs perdus sur dix ans, malgré des pics ponctuels.
Europe 2 (ex Virgin Radio) était à 2,5 millions en 2016,
elle est aujourd’hui à 1,03 million
Plus de la moitié du public s’est envolé
et le retour à la marque initiale ne fait pas de miracle.
Les radios musicales qui se portent le mieux…
sont celles qui parlent aux adultes.
Nostalgie : 5,6 % d’audience,
1h49 de durée d’écoute.
RFM : 1h26 comme RTL2.
Chérie FM : 3,1 % d’audience.
Les 35‑55 ans sont devenus le cœur de la radio musicale.
Ce sont eux qui écoutent encore longtemps, tous les jours, sur la FM.
Alors pour limiter la casse, les musicales qui ciblent les plus jeunes ont créé leurs webradios thématiques :
NRJ Hits, Fun Urban, Skyrock Klassiks …

Ou encore Chérie 80, RFM Pop‑Rock…
Elles sont devenues cruciales.
Parce que la publicité, elle aussi, a déménagé :
–8 % sur la FM, mais +14 % sur le digital audio, +22 % sur le programmatique, +31 % sur les formats ciblés.
Les annonceurs veulent du ciblage, de la data, du retargeting.
La FM ne peut pas le faire. Les webradios, si :
elles sont devenues la nouvelle frontière stratégique ET économique.
Dans ce paysage musical qui se recompose,
il y a quatre stations qui vivent hors des catégories habituelles :
France Musique, Radio Classique, FIP… et Radio Nova.
En FM, France Musique pèse 1,8 % d’audience cumulée,
c’est la première musicale culturelle du pays.
Elle représente environ 1 auditeur sur 50 dans le marché radio.
Son public est âgé : 60 % de 55 ans et plus et 30 % de 45‑54 ans.
Mais ses webradios, elles, racontent une autre histoire : F
rance Musique Jazz, Baroque, Classique+, Contemporaine… réalisent 2 à 3 millions de sessions mensuelles, sur un public de 35‑55 ans.
C’est aussi une écoute longue, souvent 40 minutes et plus.
Sa rivale frontale Radio Classique affiche en FM 1,7 % d’audience cumulée
soit 1 auditeur sur 60 dans le marché radio.
Mais elle détient l’une des plus longues durées d’écoute de France : 1h42.
Son public est encore plus âgé : 70 % de 60 ans et plus, 20 % de 50‑59 ans.
Mais là aussi, le numérique change tout …

Les web radios réalisent 1,5 à 2 millions de sessions mensuelles,
avec un public 40‑55 ans : pour la pub,
c’est une attractivité forte pour les annonceurs des marques premium.
En FM, FIP pèse 1,1 % d’audience cumulée.
C’est l’une des plus petites radios nationales :
elle représente à peine 1 auditeur sur 90 du marché.
Mais en numérique, c’est une autre planète :
12 webradios thématiques — Jazz, Groove, Rock, Monde, Électro, Pop, Reggae…
Elle capte 3 à 4 millions de sessions mensuelles, sur un public 30‑50 ans.
Son offre premium est très recherchée par les annonceurs culturels.
FIP est l’exemple parfait d’une marque plus puissante en numérique qu’en FM.
Et puis il y a Nova.
En FM, elle explose : 3,7 % d’audience cumulée
à la dernière vague publiée par Médiamétrie,
contre 1,6 % un an plus tôt.

Elle représente désormais 1 auditeur sur 27 dans le marché radio,
un bond spectaculaire !
Et son flux numérique suit : 1,2 à 1,5 million de sessions mensuelles, avec un public de 25‑45 ans,
une hybridation réussie entre radio, streaming et culture urbaine.
Nova est la preuve qu’une radio musicale peut encore grandir,
si elle parle à un public très ciblé,
en l’occurrence curieux, urbain, hybride, à cheval entre FM et les plateformes.
Alors, que raconte cette rentrée ?
Que la radio musicale est devenue un média adulte,
que les jeunes sont partis vers TikTok, Spotify, YouTube,
que les webradios sont devenues la nouvelle frontière tant stratégique qu’économique.
Et que la bataille, désormais, se joue entre la FM
avec ses propres webradios et ses réseaux sociaux…
et les plateformes mondiales qui ont capté la jeunesse.
Thierry Mathieu
e-crossmedia
Le aout 2026.
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