Les réseaux sociaux …
Des armées d’internautes qui filment,
postent,
commentent…
persuadées d'informer .
Mais filmer ne veut pas forcément dire "informer",
poster n’est pas enquêter
et liker n’a jamais remplacé vérifier !
Comme en parlaient ce lundi plusieurs intervenants sur BFM :
Les lycéens singulièrement ces jours-ci
comme nombre d’internautes
qui ne se réfèrent plus aux médias professionnels
ne voient plus le monde,
mais seulement ce que leur algorithme leur sert.
Ceux que l’on voit se mobiliser ces jours-ci
n’ont pas conscience que cet entre‑soi existe.
Dans leur bulle algorithmique,
ils considèrent s'informer,
entre eux,
par eux,
pour eux.
Ils ignorent toute forme de déontologie propre aux professionnels de l’info,
leurs méthodes,
leurs règles,
leur utilité même.
Ils ne distinguent plus une information vérifiée d’un contenu viral.
Pour eux, l’algorithme est devenu le rédacteur en chef…
Pendant ce temps,
les médias pros
en particulier les radios locales, télés régionales, PQR courent après ces canaux
dans leur couloir.
Ils publient en tentant de trier le bon grain de l'ivraie,
comme le montre cette séquence d'hier lundi,
en Occitanie.
Les médias pros tentent de distinguer,
de contextualiser,
d'équilibrer autant que faire se peut
les attroupements, les tensions, les slogans qui circulent.
Les reporters travaillent avec des règles :

Déontologie, vérification, pluralisme, responsabilité ...
Les internautes, eux, travaillent avec leur téléphone :
émotion brute, parti pris, absence de recul
et surtout entre‑soi algorithmique.
Témoin aussi ,
ce que confie le maire de Bézier
sur LCI
après la manifestation d'hier.
Il souligne que nombre de manifestants n'étaient pas des lycéens.
Les plateformes ne montrent pas le réel,
mais son interpretation,
ce que les internautes veulent voir.
Un monde filtré, homogène, fermé.
Un monde où le pluralisme est intrinsèquement impossible.
Depuis dix ans,
les mobilisations surgissent dans les stories,
les groupes Facebook,
les DM Instagram,
et surtout dans les messageries chiffrées comme WhatsApp, Telegram ou Signal invisibles pour les institutions.
Les forces de l’ordre n’ont plus de leaders à surveiller.
Les politiques n’ont plus de porte-parole à appeler.
Le pouls est devenu clandestin...
Plus rien à voir avec 68
ou même 95,
c’était une autre époque,
un autre monde,
sans internet,
sans algorithmes,
sans boucles fermées...
Si les publics
et pas seulement les lycéens
ne savent plus distinguer
une information professionnelle
d’un contenu algorithmique,
alors ce n’est plus seulement le journalisme qui vacille…
c’est la perception même du réel.
Dans ce combat-là,
les médias bataillent contre la bulle,
le faux pluralisme,
la confusion totale entre information et contenu.
Une bataille où l’enjeu n’est pas l’audience…
mais la lucidité
et la responsabilité,
de tout à chacun,
pas seulement des lycéens...
Thierry Mathieu
e-crossmedia
le 6 octobre 2026.
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