Pour nombre d'observateurs,
suivre cette proposition du rapporteur de la commission sur l'audiovisuel public
ce serait prétendre sauver l’audiovisuel public
en coupant dans ce qui coûte le moins,
et rapporte le plus !

Le plaidoyer de Michel Orier,
directeur de la musique et de la création à Radio France,
sur France Musique.
Jusqu’en 1974 en effet,
l’ORTF n’était pas seulement un opérateur audiovisuel :
c’était aussi le premier réseau musical public de France,
avec un orchestre dans chaque grande implantation régionale.

Depuis,
leurs financements sont assumés par les collectivités locales.
Ce sont donc finalement toujours les contribuables qui payent !

Dans le nord il y avait l’orchestre ORTF Lille,
devenu aujourd’hui l'ONL :
quelques 120 000 spectateurs par an,
avec ses actions de proximité exemplaires dans toute la région,
ses tournées en Europe, en Amérique, ou en Asie.
En 1975, le passage sous la coupe de la région n’avait pas été si simple,
comme en témoigne cette archive de l’INA :
Idem entre autres
à Lyon, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux, Marseille, Rennes
ou encore Nantes avec l’emblématique weekend annuel
de la "folle journée" …
Les quatre formations musicales de Radio France sont
l’Orchestre National de France, le Philharmonique, le Chœur et la Maîtrise.
En tout , quelques 300 musiciens professionnels
et 180 jeunes à la Maîtrise,
c’est à dire moins de 1,5 % du budget de l’audiovisuel public.

1,2 million d’auditeurs suivent chaque année les concerts sur France Musique.
1 million de téléspectateurs pour les captations de concerts
pour France Télévisions et Arte
sans parler des podcasts et des replays qui génèrent plusieurs millions d’écoutes.
Les diffusions via l’UER atteignent des dizaines de millions d’auditeurs
dans plus de 40 pays
et les tournées du National et du Philharmonique touchent
jusu'à 150 000 spectateurs par an dans le monde entier.
Supprimer une formation
ferait économiser moins de 0,5 % du budget global
de l'audiovisuel public,
Un orchestre,
ça ne vend pas de shampoing,
ni du soda.
Mais ca mousse
et ca pétille !!!
Un chœur,
ça ne fait pas d’audience en prime time,
une maîtrise, ça ne génère pas de dividendes...

L'accès à la culture est trop souvent réduit au "divertissement" :
quid de la musique de répertoire,
de la création contemporaines et des commandes publiques,
sans les captations
et les diffusions gratuites pour le public ?
Elle seraient en large partie réservées
à ceux qui peuvent payer des abonnements sur des plateformes privées
ou des centaines d’euros leur place de concert
s’ils habitent à proximité des métropoles
des salles de concert ou des maisons d’opéra.
Et quid du rayonnement des musiciens français
en cas d’évènement planétaire ?
Un orchestre,
un chœur,
une maîtrise,
ce n’est pas une ligne Excel,
c’est un écosystème,
une mémoire,
un savoir-faire,
une mission de service public qui ne se reconstruit pas
une fois détruite.
Il serait évidemment regrettable
de mutualiser 2 chaines TV
pour des raisons économiques …
Mais se séparer de formations musicales, c’est privatiser une part de la culture.

Cela condamnerait aussi nombre d’artistes
au talent mondialement reconnu,
au nom d’une déraisonnable variable d’ajustement,
pour une économie marginale,
un patrimoine majeur serait fragilisé !
Thierry Mathieu
e-crossmedia
le 8 mai 2026.
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