Trump osera-t-il autoriser la diffusion en direct sur le web de l'exécution d'un condamné à mort ? La réalité la plus sordide dépasserait la fiction ...

 

Le Pentagone envisage de retransmettre l’exécution de Nidal Malik Hasan,

l’auteur de la fusillade de Fort Hood.

Une première mondiale

qui ne serait pas seulement un événement judiciaire

mais aussi un retour en arrière historique,

un retour au cérémonial,

un retour à la foule …

Mais avec cette fois

avec une audience numérique potentiellement mondiale.

 

 

 

Les exécutions publiques ont évidemment existé pendant des millénaires,

attiré des foules immenses,

mises en scène comme des spectacles, des cérémonies, des divertissements.

Les Romains remplissaient des amphithéâtres pour voir des condamnés livrés aux bêtes devant des dizaines de milliers de spectateurs.

Au Moyen Âge les pendaisons, les décapitations, les supplices étaient publics.

On venait en famille, vendait à boire, à manger.

La justice était un événement social.

Pendant la Révolution française, la guillotine, place de la Révolution, était un rituel quotidien.

On venait “voir la charrette”, commentait les condamnés applaudissait parfois.

 

 

En France, cela a cessé en 1939 avec la dernière guillotine publique :

Eugène Weidmann, criminel allemand condamné pour 6 meurtres et exécuté à Versailles.

 

 

Hors système "démocratique" en revanche …

En Iran des exécutions publiques parfois filmées par des témoins mais les médias d’État diffusent après coup, jamais en direct. En Arabie Saoudite des images de décapitations circulent via les smartphones, mais aucune retransmission officielle. Idem avec les Talibans en Afghanistan exécutions filmées et diffusées sur les réseaux sociaux mais pas de livestream institutionnel.

 

 

En Chine jusque dans les années 1990,

certaines condamnations ont été filmées et montrées à la télévision,

mais jamais non plus en direct,

comme en Corée du Nord,

Le direct, c’est l’étape qu’aucun régime n’a encore franchie.

 

Alors la fiction sera-t-elle dépassée par la réalité ?

En 1983, en France,

Yves Boisset sort Le Prix du Danger.

Michel Piccoli y joue le maître de cérémonie d’un jeu télévisé

où un candidat est traqué jusqu’à la mort.

Tout est filmé, tout est diffusé, tout est spectacle.

France 3 Rhone Alpes recevait le réalisateur en janvier 1983 comme s’en souvient l’INA :

 

 

La même année, 1983, David Cronenberg sort Videodrome.

En 1987, Hollywood enfonce le clou avec The Running Man.

En 2000, le Japon choque avec Battle Royale.

En 2008, Death Race transforme des prisonniers en gladiateurs filmés.

En 2012–2015, The Hunger Games installe la mort comme rituel national filmé.

Et en 2013, Black Mirror diffuse White Bear, où la punition devient spectacle public.

 

 

Mais dans un film, on coupe, on cadre, on scénarise.

Dans un livestream, on montre.

Même sous contrôle militaire,

dans un cadre restreint,

ce serait un moment de bascule ..

Le jour où une démocratie emprunterait les codes d’une dystopie,

et où la frontière entre justice et spectacle serait dissoute … en HD.

Les associations de défense des droits humains parlent de “torture psychologique”.

L’ONU évoque une dérive “médiévale”. Les religieux dénoncent une “mise en scène punitive”

Des élus républicains ont exprimé publiquement, en des termes très forts, leur opposition à cette annonce du secrétaire d’état,

Donald Trump assure que quoi qu’il en soit, diffusée en direct ou pas, cette exécution aurait bel et bien lieu.

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia

Le 11 octobre 2026.

 

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