Ukraine : 4 ans de guerre ce 24 février. Le sujet revient à la Une, mais quid de l'évolution de la couverture du conflit au fil des années ?

 

Radios, télés et journaux

couvrent dans un état de stupéfaction

l’invasion qui débute ce jeudi matin 2022.

Et dès le soir même,

les "codes traditionnels"

des journalistes

sont battus en brèche …

 

Sorry its not set :(

 

Le Président ukrainien

s’affiche en chef résistant

en diffusant sur le web,

et non pas via les médias traditionnels

la première image fondatrice de cette dramaturgie.

Homme de télévision,

certains disent à la manière d’un héros de série,

il affiche en mode selfie,

la planète entière,

sa détermination …

 

 

Mais au fil des mois,

les médias découvrent que les guerres ne respectent pas

les codes des scénaristes de Netflix.

Pas de saison finale envisagée,

pas de twist,

peu de héros charismatiques pour la promo.

Malgré quelques émissions d’anthologie

comme avec le sulfureux ambassadeur de Russie en France

6 mois après le début de l’Opération spéciale russe …

 

 

Sur le terrain les équipes

de presse écrite, photographes, reporters de radio

et de télévision

avec leurs cameramen

rendent compte de l’évolution du conflit.

A l’exception par exemple de CNews

qui rapatrie vite ses quelques JRI,

puisqu’il est moins onéreux de faire déblatérer des politiques

en plateau

que de financer la présence de journalistes sur le terrain.  

 

Sorry its not set :(

 

La National Union of Journalists of Ukraine (NUJU)

recense 21 journalistes tués dans l’exercice de leurs fonctions,

au sein d’un total plus large

de 143 travailleurs des médias,

militaires et civils

morts dans le contexte de la guerre.

Parmi eux

dès le 30 mai 2022

Frédéric Leclerc‑Imhoff, 32 ans, qui travaillait pour BFMTV.

 

 

Ou aussi le photographe et grand reporter,

collaborateur de nombreux médias,

Antoni Lallican

en octobre dernier.

 

D’éditions spéciales durant des journées entières les premiers temps,

l’Ukraine n’a souvent plus le droit aujourd’hui

qu’à une brève :

priorités éditoriales obligent.

Même s’il s’agit d’information,

une matière en principe on ne peut plus "noble",

c’est le lot de toute entreprise :

tant que les images choquent,

elles sont diffusées.

Une guerre longue n’est pas "bankable".

Le drame devient un décor

et il cède sa place à d’autres actualités …

Malgré quelques évènements

qui de temps à autres ravivent l’attention :

 

 

 

Les facéties quotidiennes du Président des Etats Unis,

le drame palestino israélien,

l’inflation,

le climat et les conséquences de son dérèglement,

la dissolution

et la perspective d’élections …  

L’attention de chacun n’est pas extensible

et les rédactions arbitrent en permanence entre urgence,

nouveauté

et saturation.

 

Sorry its not set :(

 

Les réseaux sociaux,

eux,

ont tranché :

une guerre sans explosions spectaculaires quotidiennes,

ça ne fait pas assez de likes !

L’Ukraine a perdu la bataille des internautes face à nombres d’influenceurs

ou de polémistes sous pseudo.

 

Sorry its not set :(

 

Mais il y a aussi la communication de nombre de dirigeants internationaux

qui est devenue illisible,

hésitante,

parfois cynique.

Ils ont promis un soutien

"aussi longtemps qu’il le faudra",

mais ont laissé s’installer l’idée que "trop longtemps " serait coûteux pour les finances,

et politiquement.

Ces dernières heures la ministre française déléguée aux Armées assure

que "L'Europe joue un rôle essentiel dans le soutien à l'Ukraine.

 

 

Quand les dirigeants eux‑mêmes apparaissent fatigués,

pourquoi l’opinion resterait‑elle mobilisée ?

Le Président de la Fédération de Russie avait pourtant clairement annoncé ses intentions,

3 jours avant qu’il donne l’ordre à son armée d’attaquer …

 

Depuis,

malgré de terribles pertes humaines et de lourdes difficultés économiques,

la Russie observe tout cela en sirotant son thé traditionnellement impérial.

Tout en multipliant ses ingérences :

plus l’Occident se lasse, plus sa stratégie fonctionne.

Moscou mène une guerre informationnelle pour banaliser le conflit,

le rendre "normal".

L’absence d’événements majeurs comme des offensives décisives,

un effondrement du front,

ou un changement politique,

conduisent au ressenti d’une stagnation.

 

Sorry its not set :(

 

Sauf en ces tristes jours

qui annoncent l’anniversaire du 24 février,

le désintérêt qui s’est installé

ne relève pas d’une forme de "mystère" :

fatigue du public,

concurrence de l’actualité,

logique algorithmique

combinés à ce conflit qui s’enlise,

forment un cocktail globalement démobilisateur.

Lorsque qu’un événement cesse d’être perçu comme nouveau,

l’attention du public décline mécaniquement.

Ne sont-ils pas simplement le reflet

de la société ?

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia

le 21 février 2026. 

 

 

 

 

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