"J’étais tout jeune reporter aux infos génés,
comme on disait à l’époque,
à la première et unique chaîne de télévision française,
rue Cognacq-Jay à Paris.
J’avais été chargé par le rédacteur en chef
François Gerbaud,
de trouver un sujet fort
pour le 11 novembre.
Nous étions en 1965… "
Tout jeune reporter stagiaire
Richard rencontre
avec micro
et caméra
l’homme qui avait été chargé de choisir le corps du soldat inconnu,
honoré au pied de l’arc de triomphe à Paris.

Richard,
journaliste dans les tripes depuis toujours,
est amené à connaître
bien avant la dissolution de l’ORTF,
toutes les facettes du métier …
Le voici également un an plus tard interviewant 2 jeunes gens
sur le départ pour la Chine
où ils allaient devenir profs de français :
Au-delà même de son métier de journaliste,
Richard a toujours voyagé, beaucoup.
Tout jeune,
en voiture,
il fait même la route,
seul,
jusqu’à Téhéran.
Ce qui me permettait de temps à autres
à l’occasion de quelques missions,
alors qu'il était au volant,
de lui faire remarquer qu’il conduisait toujours
"à l’africaine" !
Après avoir participé
en tant que délégué syndical à la dissolution de l’ORTF
il s’installe dans la lignée d’Hervé Bourges à Yaoundé
où il prend la direction de la première école de journalisme
créée en Afrique.

Il y est "vénéré",
s'entend appeler avec déférénce
"Monsieur le Directeur",
fréquente le club privé
des Noah ...
Mais son terrain de jeu préféré n'est pas celui-là....
De retour en France,
alors que tous ses meubles périssent en mer
puisque le container ne finit pas l’aventure,
il atterrit en Provence.
Rédacteur en chef de la locale de Radio France
alors située proche du stade vélodrome,
il hérite d'une radio à l’audience très confidentielle.
Il aime rappeler la réflexion du maire Jean-Claude Gaudin
qu’il accueille avant l’émission :
"C’est bien sympathique tout ça, mais combien ça coûte ? "

Sa route le conduit à Limoges
où il procède dans l’adversité au déménagement de la station de radio
qui doit quitter l’emprise de FR3.
En représentation même le weekend,
il saucissonne avec un certain Jacques Chirac
qui n’a d’yeux que pour sa compagne,
Marie France !
Et puis,
de Gaudin
à Chevènement,
ses voyages le font atterrir au pied du Lion,
à Belfort .

La station de Radio France est implantée dans un centre commercial,
les 4 AS .
Ca lui va bien !
Etre au contact du public,
à son service :
c’est son crédo :
"On est payé pour ça !".
Il est parmi les rares qui, dans les années 90, osent sortir du moule institutionnel
et savent détecter les talents.
Il choisit d’exploser les formats, d’innover, de risquer …
Une demi-heure d’info locale à midi,
ensuite, le soir …
Micros ouverts,
interactivité,
rythmique proche de celle de la grande concurrente RTL ...
A l’époque, le voyant gravir , tôt le matin, le grand escalier circulaire du centre commercial qui conduisait à la station,
les jeunes journalistes que nous étions pensaient au film
"Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil".
Avec le directeur de la radio,
transistor collé à l’oreille du matin au soir, qui maugréait :
"C’est de la merde !"
Plus tard,
quand il m’arrivait de lui raconter cela,
qu’à l’époque il nous faisait penser à Bernard Blier,
il souriait,
malicieusement !
Protestant,
alsacien tout autant qu’africain,
Richard Hartzer avait l’info
et le service à rendre aux publics
chevillés au corps
et au cœur …
Ce sont ses fragilités cardiaques qui l’ont emporté en ce 12 janvier.
Son cœur,
malmené depuis l’enfance...
Fils d'un papa enrôlé par les nazis en tant qu'alsacien,
et donc "Malgré nous"
disparu sur le front de l'est,
cette douleur l'aura marqué toute sa vie.

Humble pigiste pour les DNA
pour l'agence de Molsheim,
après avoir pris sa retraite en tant que directeur à Radio France,
il intervenait pour transmettre cette perfidie de l’histoire
aux jeunes gens dans les collèges et les lycées .

Je souhaite apporter ce témoignage :
comme lui-même avait débuté sa carrière
en étant originellement pluri média dans l’âme
pour servir tous les publics,
les lenteurs
et le conservatisme des professionnels d’aujourd’hui le sidéraient,
même s’il en mesurait les enjeux sociaux.

Ce vieux lion si exigeant dans le travail,
mais si proche aussi de ses collaborateurs,
a permis à tant de générations
dont je suis,
de découvrir la passion des ondes,
avec un précepte,
"napoléonien",
comme il le disait :
"Regarde l'horizon ,
si ton but est là-bas,
ne change pas de direction,
reste fidèle à toi même".
Sa si belle voix de basse restera à jamais entre mes oreilles,
ses conseils aussi.
Il y a quelques jours encore nous échangions sur l'actualité,
la politique,
le football,
sa vie personnelle qui prenait une orientation qu'il n'avait pas imaginé,
pensées affectueuses aussi pour sa compagne Marie-France.
Merci pour tout cher Richard !
Je vous dois tant ...
Un souhait ?
Que la station de l'Aire Urbaine sache lui rendre hommage :
de 95.2 à 106.8,
il lui a tant donné !
Thierry Mathieu
e-crossmedia
le 12 janvier 2026.
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