Arrêt sur images lance sa matinale !
Le média fondé par Daniel Schneidermann,
connu depuis près de trente ans pour son travail de critique des médias,
se prépare à diffuser un rendez‑vous quotidien, du lundi au jeudi, de 7 heures à 8 heures.
Une matinale “radio filmée”,
diffusée en direct sur YouTube, Twitch et sur son propre site.
Un format indépendant,
financé par les dons,
sans publicité,
sans contrainte d’audience,
qui revendique une ambition simple :
ramener du décryptage critique dans le matin,
au moment où se fabriquent les récits politiques de la journée.
Et ce choix de diffusion n’est pas neutre.
En optant pour une diffusion exclusivement web,
Arrêt sur images échappe au cahier des charges imposé par l’Arcom,
le régulateur de l’audiovisuel,
qui encadre strictement le pluralisme politique sur les radios et télévisions traditionnelles :
temps de parole, équité entre les forces politiques, règles de campagne, obligations de représentation.
Les médias web, eux, ne sont pas soumis à ces obligations,
ce qui ouvre un espace éditorial beaucoup plus libre.
C’est le cas de" Le Média", à l’extrême gauche,
ou de "Frontières", à l’extrême droite,
qui peuvent diffuser leurs émissions politiques sans contrainte de pluralisme.

Arrêt sur images s’inscrit dans ce même cadre :
liberté totale de ton, de choix des invités, de cadrage, sans surveillance du régulateur.
Le projet est très documenté :
une équipe resserrée, un dispositif léger,
un plateau pensé pour le direct et le partage de séquences,
une diffusion simultanée sur plusieurs plateformes et un objectif assumé :
accompagner la campagne présidentielle de 2027
en analysant les cadrages médiatiques plutôt qu’en courant derrière les candidats.
Arrêt sur images ne cherche pas à concurrencer les grandes stations.
Il cherche à occuper un espace que la radio linéaire a laissé se fissurer.
En attendant la mi-novembre
et la première vague de sondage de cette année radiophonique,
le média radio a signé d’avril a juin dernier
sa plus mauvaise fin de saison historique :
37,6 millions d’auditeurs quotidiens, en recul.
France Inter reste leader, mais recule :
1,71 million d’auditeurs sur la matinale.

RTL suit, elle aussi en baisse.
Franceinfo et Europe 1 stagnent.
France Culture progresse fortement : +210 000 auditeurs.
Sud Radio gagne surtout en vidéo.
ICI, ex‑France Bleu, reste un acteur massif du matin avec 6,7 % de part d’audience.

Les musicales ne sont pas épargnées :
NRJ reste leader, mais perd près d’un demi‑million d’auditeurs.
Skyrock progresse légèrement,
mais même Nostalgie dont la cible reste fidèle au média radio, recule.
La télévision,
elle,
gagne du terrain …
Télématin sur France 2 approche les 800 000 téléspectateurs chaque jour.
Les chaînes info
BFMTV, CNews, LCI, franceinfo: TV
cumulent plus d’un million et demi de téléspectateurs entre 6 et 9 heures.
France 3 co‑diffuse désormais les matinales ICI en région.
Et W9 propose le Morning de RTL2,
format hybride radio‑TV
qui élargit l’audience de la station musicale.
Outremer, les matinales des 1ères produites
par France Télévisions
sont les seules à être diffusées simultanément en radio, en télévision et en numérique.
Elles dominent souvent la tranche 6–8 heures.
À l’inverse, les radios privées ultramarines,
pourtant très puissantes comme Freedom à La Réunion, RCI aux Antilles ou Radio Péyi en Guyane
restent exclusivement radio + web,
sans relais télévisuel.
Le basculement numérique !
Blast, QG, Backseat, Thinkerview Live, Sud Radio en vidéo, Konbini, Brut, HugoDécrypte :
ces formats captent les jeunes publics, qui ne reviennent plus vers la radio linéaire.
Le matin n’est plus un rituel radiophonique :
c’est un écosystème vidéo, éclaté, où les récits se recomposent.

C’est dans ce paysage, qu’Arrêt sur images entend s’installer,
à 5 mois de l’élection présidentielle.
Ce 7/8 n’est‑il,
oui ou non,
qu’un cheval de Troie de la gauche critique dans la bataille du matin
ou un réel projet éditorial construit sur les nouveaux usages ?
Le duo Daniel Schneidermann et Louisa Yousfi l’assume sans le dire.
Lui, figure historique de la critique des médias,
héritier de la gauche républicaine et sociale.
Il évoquait l'an dernier à l'université d'été de la Révolution Écologique pour le Vivant
le "charlisme",
cette posture d'acteurs des médias qui se réferent à l'esprit de Charlie Hebdo :
Elle,
écrivaine,
voix radicale, décoloniale, refuse les angles morts médiatiques.
Durant sa résidence à la Villa Médicis,
Louisa Yousfi s'est consacrée à l’écriture d’une œuvre de fiction
à partir d’une famille franco-algérienne éprouvée par la mort du père ...
Ensemble, ils composent une matinale qui ne cherche pas la neutralité,
mais la clarté du point de vue.
Ce 7/8 ne se veut pas,
en tous cas sur le papier,
la matinale d’un parti,
ni d’un candidat.
Mais il sera, très clairement, la matinale d’une gauche critique,
qui refuse la résignation médiatique
et la normalisation des récits extrêmes,
hors de contrôle comme tout ce qui envahit le web ...
La souscription :
https://donorbox.org/arret-sur-images
Thierry Mathieu
e-crossmedia
le 21 octobre 2026.
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