“Utile, mais fragile" : voilà l’équation française pour les pros de l'info, comme le révèle une étude pour les Assises du Journalisme à Tours.

 

“Utile, mais fragile : l’équation française du journalisme”

Selon le dernier baromètre Viavoice,

publié à l’occasion Assises du journalisme qui se tiennent à Tours,

89 % des Français estiment que le journalisme est un métier utile.

C’est un chiffre fort, presque historique.

Il dit quelque chose d’essentiel :

malgré les crises,

malgré la défiance,

malgré les réseaux sociaux,

la société française continue de reconnaître

la valeur démocratique du travail journalistique.

 

Sorry its not set :(

 

Mais ce chiffre en cache un autre,

plus inquiétant :

un Français sur deux déclare ne pas être prêt à payer

pour une information de qualité.

Même si la vérification de l'info par des pros est jugée indispensable ...

 

Sorry its not set :(

 

Mediapart,

Cash Investigation, sortent des affaires majeures 

Le Monde,

Libération,

Radio France

ou France Télévisions

développent

des cellules de vérification et d'investigation devenues des références.

 

Sorry its not set :(

 

Franceinfo,

avec son “Vrai ou Fake”,

joue un rôle central dans la lutte contre les intox virales.

La Voix du Nord, Ouest-France, ou Nice-Matin par exemple

comme France 3

ou le réseau ICI

comme les 1ères outremer

montrent que l’information locale reste un pilier de cohésion sociale.

Brut, Konbini ou HugoDécrypte réussissent sur le web

à toucher des publics jeunes, souvent éloignés des médias traditionnels.

 

Sorry its not set :(

 

Mais

comme le souligne le sondage, 

la reconnaissance du journalisme professionnel n'induit pas un soutien :

La génération des 35-49 ans a grandi dans un univers où l’information semblait gratuite, illimitée, disponible en un clic.

Depuis une vingtaine d’années les réseaux sociaux ont brouillé les frontières

entre contenu, opinion, témoignage et enquête.

Les catégories populaires se sentent moins représentées dans les récits médiatiques,

et donc moins enclines à soutenir financièrement

des médias qui ne parlent pas suffisamment d’elles.

 

Sorry its not set :(

 

Ces publics expriment régulièrement l’idée

que les médias

“ne parlent pas d’eux”,

des sujets qui les concernent :

les conditions de travail, la précarité, la mobilité,

l'accès aux services publics sont souvent traités sous l’angle du fait divers, de la crise ou du conflit social.

Cela donne une impression d’invisibilité ou de caricature.

 

Sorry its not set :(

 

Il faut dire que la sociologie des rédactions françaises est très homogène :

diplômés,

urbains,

issus des classes moyennes et supérieures.

Pour beaucoup,

cela crée un écart d’expérience

avec les réalités vécues par les ouvriers, employés, travailleurs précaires.

Les catégories populaires reprochent souvent aux médias de se concentrer sur :

la politique nationale plutôt que la vie quotidienne,

les débats idéologiques plutôt que les problèmes concrets,

les polémiques plutôt que les solutions

ou les centres-villes

plutôt que les périphérie….

 

Sorry its not set :(

 

Indispensable, mais en l’état pas utile à financer …

Le risque : une dépendance accrue à d’autres financements

Si le public ne finance pas l’information,

d’autres le feront.

Et ces “autres” existent déjà :

les grandes plateformes numériques,

qui captent l’essentiel de la publicité,

les groupes industriels ou financiers, qui rachètent des médias pour peser sur l’agenda public,

les influenceurs, qui produisent des contenus sponsorisés sans toujours le dire

et surtout les algorithmes, qui privilégient l’émotion au détriment de la vérification.

 

Sorry its not set :(

 

Gare à cette information “gratuite”

qui peut alors devenir la plus coûteuse :

coûteuse en indépendance, en pluralisme, en qualité.

Parce qu’un métier utile mais non financé

devient un métier vulnérable.

Et un métier vulnérable devient un métier dépendant.

Et un métier dépendant n’est plus un contre-pouvoir.

 

Sorry its not set :(

 

Le défi à relever pour la profession apparaît clair :

transformer une utilité "déclarée"

en utilité "partagée",

soutenue,

assumée, 

pour que le journalisme reste ce qu’il doit être :

un bien commun, un outil de compréhension, un rempart démocratique.

 

L'enquête a été réalisée en ligne du 16 au 20 mars par ViaVoice pour les Assises du journalisme de Tours, en partenariat avec Radio France, France Télévisions, France Médias Monde et Ouest France, auprès de 1 001 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus en France métropolitaine. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas, appliquée aux critères suivants : sexe, âge, CSP, région et catégorie d'agglomération.

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia

le 7 avril 2026.

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