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Il y a des histoires qui ne se racontent qu’après coup,

qui ont circulé à voix basse

dans les couloirs des rédactions,

les studios feutrés des radios,

les loges des plateaux télé publics comme privés.

Comme dans les coulisses des salles de concert … 

 

Sorry its not set :(

 

Des histoires que tout le monde connaissait,

mais que personne n’écrivait.

Et puis un jour, elles deviennent des “affaires”.

L’affaire Patrick Bruel aujourd’hui mis en examen,

avec une demande de détention provisoire

s’inscrit dans cette longue histoire qui concerne des célébrités :

du monde du spectacle,

de la sphère sportive,

ou encore des chefs d’entreprise

comme des responsables politiques

et des médias.

 

Sorry its not set :(

 

Comme pour Patrick Poivre d’Arvor,

ou d’autres avant et après lui,

la présomption d’innocence s’applique pleinement.

Elle n’est pas un détail juridique :

elle est un principe fondamental.

Mais elle n’empêche pas de regarder en face

ce que ces affaires disent du secteur médiatique français,

alors que l’instruction des dossiers

pour lesquels il est poursuivi

n’avance que très lentement.

 

Dès les années 80 … 

Il est déjà question de comportements déplacés.

On ne dit pas “harcèlement”,

on dit “il est tactile”.

On ne dit pas “abus de pouvoir”,

on dit “c’est un grand professionnel”.

Les premières alertes sont gérées en interne,

souvent sans procédure formelle, parfois même sans trace écrite.

 

Années 90.

C’est l’époque des “intouchables”.

Jean-Luc Delarue devient la figure absolue de la télévision française.

Les signalements internes existent,

mais ils ne sortent pas.

À France Inter, l’affaire Patrice Bertin secoue discrètement les équipes :

plusieurs salariées dénoncent des comportements de harcèlement sexuel.

 

Sorry its not set :(

 

L’affaire reste interne.

La maison, l’image, les hommes, et les femmes pourtant victimes,

entendent ainsi être protégées.

 

Années 2000 :

les premières fissures apparaissent.

Delarue dérape publiquement,

mais on parle d’addictions,

pas de violences,

et il reste à l’antenne sur le service public de la télévision.

 

Sorry its not set :(

 

 

Concernant les locales de Radio France,

plusieurs affaires documentées éclatent.

 

Au début des années 2010,

l’un des cas le plus sidérants

est celui d’un cadre

de la direction du réseau France Bleu.

Une enquête interne révèle qu’il abuse de jeunes stagiaires

dans les locaux mêmes de l’entreprise.

Il est recherché par la police,

n’ayant plus de domicile connu,

alors qu’il dort,

selon plusieurs témoignages,

sur le canapé du service pour lequel il travaille.

 

Sorry its not set :(

 

L’affaire, explosive, est traitée en interne,

le cadre disparaît du réseau,

mais aucune enquête judiciaire complète n’a été rendue publique,

alors qu’il a déjà été condamné 3 fois

et est aujourd’hui sur le coup d’une 4ème procédure.

Depuis,

son N+1, bien évidemment au courant

a même été promu et demeure l’un des dirigeants influents du réseau ICI.

Et parmi ses victimes,

des professionnels ont été exfiltrés dans d’autres secteurs de l’entreprise.

Comme si, dans le monde de la radio,

comme celui de la télévision,

le silence était d’or !

 

Ces affaires ne font pas la une,

pas de bruit médiatique,

mais elles font des dégâts humains.

Des cabinets privés, souvent à la demande des syndicats sont mandatés.

Ces audits débouchent sur des évictions discrètes,

des mutations,

des ruptures conventionnelles.

Mais rarement sur de véritables enquêtes indépendantes :

le système se protège en se réorganisant silencieusement

 

Sorry its not set :(

 

2016, c’est l’affaire Morandini.

Pour la première fois,

un animateur en activité est mis en cause publiquement pour corruption de mineurs.

Le secteur vacille,

les rédactions comprennent que l’époque a changé :

les réseaux sociaux, les enquêtes indépendantes,

les lanceurs d’alerte ont remplacé les silences d’antan.

 

2022–2025.

Radio France est de nouveau secouée.

Dans plusieurs locales, des affaires de harcèlement remontent,

et très rarement avec une dimension sexuelle !

Il n’est souvent question que de cadres qui gèrent leur équipe,

suivant en cela la stratégie portée par leur a direction nationale.  

Cette fois, elles ne sont plus étouffées,

les syndicats s’en emparent,

les cabinets privés diligentés.

 

Sorry its not set :(

 

On “gère”, on “accompagne”, on “réorganise”.

Des cadres sont évincés,

parfois sans que la justice réelle ne soit saisie et que de véritables enquêtes soient instruites.

Résultat :

des carrières brisées,

des personnalités ravagées,

des destins de grand professionnels fracassés,

au nom souvent de l’achat de paix sociale.

L’un d’eux rappelle à e-crossmedia,

que dans le cadre de ses fonctions,

il lui était conseillé de ne pas faire appel à Patric Bruel

pour l’enregistrement de concerts en public…

 

2025 :

Morandini est condamné lui,

par la justice,

digne de ce nom.

C’est une première :

un animateur est jugé et reconnu coupable !

 

 

Mais il demeure pourtant à l’antenne.

Même si au moment des stages de jeunes gens en fin d’année,

l’entreprise doit s’organiser pour qu’il n’ait aucun contact avec eux !

 

Alors,

que raconte cette chronologie ?

Qu’en France, pendant quarante ans,

les médias ont été un miroir déformant :

un miroir qui reflétait la société,

mais qui cachait ses propres ombres.

Elle raconte que les radios locales,

les studios parisiens,

les plateaux télé ont longtemps été des lieux où le pouvoir s’exerçait sans contrôle,

que les entreprises ont souvent préféré gérer

plutôt que réellement enquêter et s’en remettre à l’institution judiciaire,

déplacer plutôt que révéler, évincer plutôt que documenter….

Que les victimes n’étaient pas écoutées,

ou qu’elles n’ont osé parler que trop tard,

parce qu’on ne les écoutait pas.

 

Sorry its not set :(

 

Et elle raconte surtout que l’histoire n’est pas finie.

Car chaque nouvelle affaire n’est pas seulement un scandale :

c’est une relecture du passé,

une réécriture du présent,

une interrogation sur l’avenir.

Les médias français ont longtemps fabriqué des récits.

Ils doivent désormais affronter le leur.

 

Thierry Mathieu

e-crossmedia

le 10 juin 2026.

 

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